Appel à la presse : SCANDALE A L’APAJH94 !

Des salariés de l’Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés du Val-de-Marne (APAJH94), lancent un cri d’alerte concernant les conditions de travail qui sont bafouées et des prises de décision arbitraires sans la consultation des instances du personnel.

Villejuif, le 15 juin 2020 – Nous sommes un Institut Médico-Éducatif (IME) accueillant des enfants, adolescents, et jeunes adultes en situation de handicap, situé à Villejuif près de la porte d’Italie, au sein de l’association APAJH 94 et comportant plusieurs structures. 

Depuis des années les salariés de l’association APAJH 94 subissent un fonctionnement managérial autoritariste et déviant. Ce fonctionnement est validé par le président de l’association ainsi que les administrateurs. Pour preuve, de nombreux cadres hiérarchiques victimes des injonctions répétées de la direction générale de cette association ont démissionné. Depuis l’arrivée de cette nouvelle Direction Générale (DG) en janvier 2016, 14 proches collaborateurs ont démissionné : 2 DRH successifs ont demandé une rupture conventionnelle, ainsi que 2 directrices des Maisons d’accueil spécialisé ont alerté l’association sur des dérives graves de gouvernance. Faute d’être entendues, elles ont sollicité ensemble une demande de rupture conventionnelle. Tous ces départs de cadres sont banalisés par le président de l’association ainsi que les administrateurs qui non seulement couvrent, mais défendent une direction générale qui nous paraît dysfonctionner gravement. 

Il est aussi important de souligner que ce DG a été auparavant licencié pour faute grave de l’association ADAPEI 92. Les raisons en sont notamment : manque de transparence, manque de communication, mépris envers les résidents, personnel et famille. C’est exactement ce qui se passe actuellement au sein de L’APAJH 94 y compris au mépris de la loi et des droits des salariés. 

Une pression insoutenable exercée par le système de gouvernance de la direction générale.

Cela entre en totale contradiction par rapport aux recommandations et règles de fonctionnement du secteur médico-social mais aussi aux valeurs que l’association souhaite défendre dans le secteur du handicap. Aussi, tou.te.s ces cadres ont quitté leurs fonctions en cascade depuis l’arrivée du directeur général. Les seul.e.s qui résistent encore menacent de partir. 

Par voie de conséquence, les salariés subissent également cette pression. Ils dénoncent aujourd’hui un manque de reconnaissance et une dégradation de leurs conditions de travail auprès des personnes en situation de handicap. Pour donner un exemple, de nombreux professionnels ne sont pas remplacés pendant de très longues périodes ce qui met les équipes en difficulté. De ce fait, les enfants et adultes en situation de handicap des établissements ne peuvent bénéficier d’un accompagnement de qualité contrairement au discours tenu par l’association auprès des autorités de tutelles (ARS, département) et des familles. Les administrateurs de l’association semblent également incapables de réagir face à cette situation intenable. 

Gestion calamiteuse des établissements lors de la crise de la COVID-19 et surtout pendant le confinement.

Plus grave, pendant la pandémie, le directeur général s’est réfugié et confiné dans sa campagne normande pour donner des ordres via mails ou visio-conférence. En effet, tout au long de la période de confinement, ce dernier a laissé seul.e.s sur le terrain les salarié.e.s investi.e.s et mobilisé.e.s (y compris les directeurs) s’occuper des résidents adultes et enfants en situation de handicap. A aucun moment, il ne s’est manifesté directement auprès du personnel durant cette grave crise sanitaire ! La seule fois où il s’est déconfiné, ce fut pour récupérer une commande personnelle de gel hydro- alcoolique au sein de l’Etablissement ou Service d’Aide par le Travail (ESAT), sans même passer voir les salariés présents. 

A l’abri dans sa maison à la campagne, il était en train de préparer une dénonciation de 23 accords et usages de l’organisation du travail comme s’il s’agissait de punir ces mêmes salariés de leurs bons et loyaux services. Ce DG se moque littéralement des instances du personnel et de la convention collective. Ce qui a considérablement retardé la mise en place du CSE (conseil social et économique). La dénonciation des usages et des accords a, soit disant, pour but de faire des économies. Ce qui n’empêche pas l’achat de deux 3008 (une pour le DG et l’autre pour la DAF qui, elle, ne se déplace pas sur les établissements) validé par le président et le CA. Pendant ce temps, les véhicules qui servent à transporter des personnes en situation de handicap sont dans un état déplorable car c’est trop cher... 

Les dysfonctionnements organisationnels se multiplient dans les établissements de l’association et les salariés passent plus de temps à défendre leurs droits qui sont constamment attaqués qu’à exercer sereinement leurs missions auprès du public accueilli. 

Une situation pérenne et intenable 

Depuis 2017, de nombreuses grèves ont eu lieu dans les établissements sans que ces dysfonctionnements de gouvernance ne soient résolus par le conseil d’administration et la présidence de l’association. Notamment, deux Maisons d'accueil spécialisée (MAS) se sont mises en grève durant 6 jours en 2017 pour manque de taux d’encadrements et manque de matériels pour prendre soin des résidents que les professionnels accompagnent. Le manque de moyens et de personnels sont dus à la DG qui refuse d’embaucher et d’acheter des stocks. Dans cette situation le président ainsi que le conseil d’administration ont été sourds encore une fois aux signaux d’alertes envoyés par le personnel et ont protégé le DG. 

De plus, le dernier projet de restructuration d’un établissement validé par l’Agence Régionale de Santé (ARS) est un véritable scandale par son incohérence car il fait l’objet d’une opération immobilière qui réduit considérablement l’espace nécessaire aux activités des jeunes accueillis dans cette structure. Ce projet de restructuration met en péril le projet d’établissement de l’IME Dr Louis Le Guillant à Villejuif. 

Cela est préjudiciable voire contre-indiqué pour le bien être de ce public et particulièrement les jeunes avec autisme. L’association compte revendre la majeure partie du terrain qui lui avait été cédé pour un franc symbolique par la mairie il y a presque cinquante ans. Sur ce seul territoire du quartier où il reste encore des espaces verts. Sur le peu de terrain qu’il restera l’association a choisi de construire un nouvel IME dans un immeuble insipide à l’étroit dans cette banlieue.

De plus, pour des raisons uniquement financières, le choix de ne plus accueillir des jeunes internes de cet établissement le weekend à partir de septembre 2020 laisse de nombreuses familles et des jeunes sans solution familiale dans un vrai désarroi. L’équipe d’internat de cet établissement considère que cette volonté de changement dominée par un souci d’économie se conduit sans réelle concertation ni élaboration autour du projet éducatif. Par des effets d’annonces contradictoires depuis presque cinq ans, la stratégie voire l’incompétence managériale de la direction générale plonge constamment les professionnel.le.s du seul internat habilité à accueillir des jeunes en situation de handicap sur ce territoire dans un mal-être au travail.

 

Quels sont les enjeux personnels et/ou politiques de cette situation

  • En effet, plusieurs questions se posent, pourquoi le président de l’APAJH 94 n’arrive-t-il pas à réguler les ardeurs tyranniques de ce DG ? 
  • Ce même président est-il au courant du licenciement pour faute grave de ce DG dans une autre association similaire ? 
  • D’ailleurs, son parcours professionnel manque de clarté. Le président de la fédération APAJH nationale est-il au courant des agissements du président de l’APAJH 94 et de son actuel DG ? 
  • Comment peut-il laisser se dégrader une telle situation et valider les propos d’un DG qui dit aux parents qu’ils doivent prendre des cours de parentalité ? 
  • Comment un président de fédération qui tient des discours de bienveillance et de bientraitance peut-il cautionner ce qui se passe dans ces établissements ? 

 

En conclusion, au moment où les politiques sociales actuelles sont à la revalorisation du secteur médico-social, ce fonctionnement despotique tente, une fois de plus, un passage en force au titre d’une soi-disant rentabilité abusant du statut de l’association pour gérer des établissements accueillants des personnes en situation de handicap comme des entreprises. Le plus répréhensible est que nous sommes à peine dans une éclaircie par rapport à la crise COVID actuelle que cette association en profite pour dénoncer les maigres acquis et accords, entraînant une dévalorisation des conditions de travail et des revenus de ses salariés. 

Le plus paradoxal est que l’on attend de tous ces salariés une bienveillance, de la bientraitance, beaucoup de disponibilité, d’abnégation auprès de populations d’usagers fragiles et vulnérables pour de faibles revenus. Pendant ce temps, leurs dirigeants maltraitants et humiliants colonisent des niches d’autocratie au sein des associations en gérant des centaines de millions de budget d’argent public. Pour reprendre la situation de l’APAJH94 son conseil d’administration est en réalité gouverné par son directeur général au-dessus duquel il n’y a aucune réelle régulation. 

 

Contacts : salarie.apajh94@gmail.com 

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