L'APAJH 94 : UNE ASSOCIATION À VOCATION SOCIALE QUI MALTRAITE ET DÉVALORISE ?

En quelques mots, nous aurions tendance à dire que les variables d'ajustement ce sont les usagers et les salariés.

Première variable d'ajustement : Les usagers

A l'Institut Médico-Educatif de Villejuif (IME), la Direction Générale gestionnaire de l’établissement veut réaliser une promotion immobilière sur un terrain dédié au secteur médico-éducatif, et certes on re-construirait un nouvel établissement, mais sous la forme d'un immeuble à plusieurs étages où s'annoncent d'infinies difficultés de circulation pour les usagers accueillis. Cela entraînerait à la fois des freins à l'accès à l'autonomie, plus des contraintes qui vont forcément jouer sur l'équilibre psychique et affectif. Est-il humain et judicieux de limiter ainsi la circulation des enfants, des adolescents et des jeunes adultes alors que la configuration actuelle de l'IME permet une forme de liberté de déplacement vertueuse, notamment lorsque l'enfant ou le jeune est en difficulté, ou montre un besoin d'évasion ? Si on doit remplacer cela par une augmentation des médicaments et un mauvais usage des chambres d'apaisement, ce sera un détournement d'outil précieux, et donc contre-productif. Ce seront les enfants, adolescents et jeunes adultes qui subiront directement ce changement radical d'infrastructure, ainsi que les salariés.

- La fermeture illégale, sans déontologie professionnelle et de façon brutale de l'accueil en internat les weekends illustre un manque criant de concertation entre la direction générale et les équipes pluridisciplinaires de l'IME. Ce passage à l'acte montre l'irrespect de nombreuses règles éthiques des missions liées à l'accompagnement des jeunes en situation de handicap et de leurs familles.


Seconde variable d'ajustement : Les salariés

- Ce ne sont certes pas directement les maigres  salaires (car il y a matière à débat!) des salariés du secteur médico-social qui sont remis en cause, mais on impacte des acquis déterminants de nos conditions de travail : les RTT, les temps de pauses, des horaires attachés à une certaine flexibilité ou les congés qui ont fait leurs preuves pour tout le monde (usagers comme salariés),...sont touchés par la volonté de notre DG. Les professeurs ne mangeront plus avec les jeunes…

- Le discours nous déprécie. La gouvernance, lorsqu'elle ne nous ment pas ou ne nous manipule pas, nous infantilise. La peur et le sentiment d'insécurité s'installe durablement chez les salariés et les inquiétudes sont croissantes.

- C'est aussi la politique de petits coups de force successifs, en dehors du droit du travail, qui nous obligent à monter au créneau, à nous engager dans une lutte harassante, et être en grève, ce qui au final fait perdre de l'argent, nous épuise et nous décourage. Cela ajoute des effets contre-productifs dans notre mission première : l'accompagnement des enfants et jeunes accueillis dans un cadre adapté.

- Il s'agit pourtant d'une équipe solidaire et expérimentée, qui possède de vrais savoir-faire qui se transmettent à de nouvelles générations de travailleurs sociaux, accueillant volontiers des stagiaires, et impliquée dans le processus de formation et l'évolution des pratiques professionnelles. Elle fait donc preuve de  motivation, de convictions, et elle s'est battue pour penser et réfléchir à ses pratiques professionnelles, pour en faire des acquis qui sont le socle de leur mise en application. Grâce à la réputation de ces qualités de travail, l'association a pu remporter des appels à projets. C'est une équipe qui a pour habitude de travailler de façon pluridisciplinaire, qui montre des ressources pour construire des projets pertinents. Mais les professionnels sont épuisés. Qu'est-ce que cela serait s'il s'agissait d'une structure pour adultes avec beaucoup moins de moyens, beaucoup moins de qualifications beaucoup moins de pluridisciplinarité ?

 

- C'est l'ego de la direction générale qui prime. Rabaisser l'autre pour s'élever soi-même. Cela se traduit par un discrédit quasi-permanent.

- Quel paradoxe : nous sommes attachés à la bienveillance, à la bientraitance et c'est notre esprit de travail, mais cela devient malsain de nous maltraiter.



Sans se prononcer sur les personnes, le résultat du système est pervers. C'est un comble dans les métiers de l'action sociale, solidaire et éthique.



Merci de votre attention

En restant à votre disposition : salaries.apajh94@gmail.com

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