Proverbe pour 2008 : in God we trust, but you pay in cash

Les récentes actions prises par la FED et plus récemment par la Banque d'Angleterre afin d'assouplir les problèmes de liquidités sur les marchés financiers et notablement la liquidité sur le marché inter-bancaire, ont peu de chance d'avoir les effets bénéfiques escomptés.

Les récentes actions prises par la FED et plus récemment par la Banque d'Angleterre afin d'assouplir les problèmes de liquidités sur les marchés financiers et notablement la liquidité sur le marché inter-bancaire, ont peu de chance d'avoir les effets bénéfiques escomptés. En effet, la crise, dite, des sub-primes est aujourd'hui sur la voie d'une crise économique générale des économies occidentales à commencer par la première d'entre elles, les U.S.A.

Jusqu'en 2006, le marché immobilier américain a connu une croissance extrêmement forte, ce qui a encouragé les familles américaines à utiliser leur bien immobilier comme une source de liquidités. Une large portion des crédits, notamment les crédits à la consommation, contractée par les particuliers était en effet couverte par leurs biens immobiliers qui ne cessaient de s'apprécier. Le boom de l'immobilier américain n'a donc pas seulement profité aux spécialistes (promoteurs, fournisseurs de crédit immobiliers, etc) mais également aux particuliers et à l'ensemble de l'économie. Aux U.S.A, 70% du PNB est lié à la consommation des particuliers, consommation qui comme nous venons de l'expliquer a eu comme moteur essentiel le boom du marché immobilier.

Problème : le moteur est en panne. La chute actuelle du marché immobilier américain a donc un impact plus général que la « simple » crise des sub-primes : les foyers américains ne sont plus en mesure d'emprunter. Le « credit crunch » qui a commencé sur les prêts immobiliers s'étend à l'ensemble des prêts, notamment les prêts à la consommation. Pire, les problèmes d'insolvabilité des emprunteurs s'étendent également des prêts immobilier vers l'ensemble de l'industrie des prêts aux particuliers. Or, jusqu'à aujourd'hui, les banques ont surtout évalué leurs pertes liées à la crise des sub-primes en fonctions des risques de défaillance sur les prêts immobiliers et non sur l'ensemble de l'activité de prêts aux particuliers. On peut donc s'attendre à ce que le « credit crunch » ait encore de beaux jours devant lui.

De plus, la flambée des prix des matières premières accentue la pression sur le budget des ménages américains et augmente d'autant les risques de défaillances.

Pour finir de noircir le tableau, l'économie américaine étant fortement dépendante de la consommation des ménages, la situation sur le marché du travail s'aggrave, avec des perspectives de pertes d'emplois assez inquiétantes (dans la seule industrie financière, on estime que plus de 150.000 postes vont disparaitre aux U.S.A en 2008).

Les interventions des banques centrales vis-à-vis de la communauté financière ne modifieront qu'à minima les impacts de la crise actuelle, il faudra du temps pour assainir la situation et rétablir la confiance.

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