Mon voyage transnational et intergalactique dans la presse libre et indépendante

Ce week-end, les 5 et 6 Juin avaient lieu les premières assises transnationales et intergalactiques de la presse libre, satirique et indépendante. Récit d’un voyage au pays des journalistes et lecteurs engagés.

img-2912

Je traversais le désert depuis longtemps déjà. Un désert sans sable. Un désert dans lequel je n’ai jamais eu faim ou soif. Un désert où le pouvoir et l’argent sont rois. Un désert dans lequel on nous abreuve de désirs que nous faisons nôtres, dans lequel nous sommes assaillis de stimulations et d’informations qu’on nous impose comme des évidences et qui nous dictent, tels des somnambules, nos rêves, nos désirs et les autoroutes que nous devons emprunter.

A l’heure de la sixième extinction massive, une cécité, un déni ou tout simplement la folie nous est dictée par des multinationales, des actionnaires, des politiques qui tentent de faire de nous des marionnettes, des esclaves, des robots en partie téléguidés par les médias mainstream. Dans ce désert, ces rois nous abreuvent, nous font ingurgiter des connaissances que nous avalons comme de la mauvaise nourriture. Et malheureusement, une grande majorité d’entre nous, loin de la régurgiter, se plaît à retenir ces principes et ces concepts établis et rabâchés en dépit du bon sens et des situations.

Alors le 5 et 6 juin, j’ai entrepris un voyage transnational et intergalactique vers la presse libre, satirique et indépendante. Je suis partie, un brin timorée, assez nerveuse sur un sentier désert. Les arbres m’entouraient immenses et verts. Pour me détendre et avancer vers l'inconnu, je  me suis allongée dans l’herbe et j’ai fixé le ciel bleu un moment.

Je n’avais plus peur.

Au loin, j’ai aperçu l’oasis de la presse libre et indépendante. Une oasis de paix au milieu des collines et des oliviers. Un camp avait vu le jour. Je n’ai pas été recueillie, simplement accueillie.

Au milieu d’une nature verdoyante, à l’ombre des oliviers, des chênes et des frênes, j’ai écouté des gens s’interroger avec lucidité et intelligence. Des personnes qui tentaient avec force et convictions de penser, de restituer des faits avec justesse. Des femmes, des hommes, de tous âges, de tous horizons. Des hommes et des femmes différents qui s’étaient rassemblés car ils avaient à cœur de réfléchir en commun au monde qui les entourait et d’en donner une analyse juste et réaliste.

Dans l’univers de la presse libre et indépendante, il n’est pas question de manipulation, presque pas question d’argent, seulement de celui qui ferait travailler ces journalistes dignement et qui leur permettrait de vivre décemment.

Les rois du désert les craignent et sous des prétextes fallacieux, tentent de les faire passer pour des violents ou des extrémistes, des gens peu fréquentables dont il faudrait se méfier car ils pourraient troubler l’ordre établi. 

Mais l’ordre établi par qui ? Et bien par ceux qui croient en la croissance infinie et à leur supériorité de manière totalement décomplexée, esclaves de leurs désirs qu’ils prennent pour la liberté.

Dans cette oasis de la presse libre et indépendante, nuls rois ou reines. Des femmes et des hommes, qui pour beaucoup se rencontraient pour la première fois. Ils étaient solidaires, curieux des expériences des uns et des autres. Leurs parcours étaient courageux. Des divers chemins, ils avaient choisi les moins empruntés et ensemble ils essayaient de débroussailler. De leur violence, point de trace, seulement leur force d’avoir su exercer leur esprit critique, de mettre en question leurs représentations et leurs opinions. Ils échangeaient et débattaient avec le sourire. Ils riaient et partageaient. De leur extrémisme je n’ai vu que leur bienveillance, leur respect et leur empathie.

Et mes tripes se serrent quand je pense à la façon inconditionnelle avec laquelle j’ai été acceptée, et mes mains tremblent quand je pense à la profondeur des échanges, à ces instants furtifs et précieux d’humanité où le caméléon que je suis a pu vivre et s’exposer sans la peur du regard de l’autre avec sa véritable couleur.

Merci à ceux qui travaillent et défendent la presse libre et indépendante. Merci à ceux qui, avec leur cerveau mais aussi avec leur cœur et leurs entrailles, nous offrent une autre vision sur le sens des choses, merci à leur regard sur le monde et sur l’actualité d’une diversité, d’une richesse et d’une humanité précieuse.

Continuez, s’il vous plaît, à cultiver la complexité, la diversité, l’humilité. Continuez à nous offrir vos talents, votre engagement, vos rêves, vos désillusions, votre perspicacité, votre humour. Bousculez nos idées, faites-nous douter.

J’espère que votre engagement et votre travail sera reconnu à sa juste valeur, diffusé, pour contribuer à mettre de la couleur et de l'espoir dans nos vies !

 

Car dans les médias mainstream, des mots, des mots, toujours des mots, mais, au final, de sens que reste-t-il ?

Et quant à nos rois et reines qui sont-ils pour nous dire que nous serons libres à condition d’y être autorisés ?

 

Alors vive la diversité ! Vive la complexité ! Vive l’humilité !

Vive la presse libre et indépendante !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.