11 mai, 18h30: contre les violences policières, nous étions là

« Ce lundi 11 mai, l’une des premières mobilisations collectives du déconfinement aura donc été pour dénoncer le racisme endémique de l’institution policière (…) hérité du colonialisme français qui, lui, n’a pas été confiné. » 500 personnes étaient présentes lundi soir à l’Île-Saint-Denis. Communiqué du Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie, l’un des organisateurs de cette initiative.

11 mai, 18h30 :

contre les violences policières, nous étions là

(Communiqué du Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie, l’un des organisateurs de la chaîne humaine)

Ce lundi 11 mai était le jour choisi par le gouvernement pour « déconfiner ». Ce lundi 11 mai, nous étions 500 à être présent·es sur le pont de l’Île-Saint-Denis.

Bien d’autres, de toutes les villes de l’hexagone, étaient présent·es en pensées à nos côtés.

Nous n’avons pas pu organiser la chaîne humaine dans le respect des gestes sanitaires telle que nous l’avions prévu (1) : et ce sont les forces de l’ordre qui nous en ont empêché·es, nassant une grande partie des participant·es devant la Mairie de l’Île-Saint-Denis.

Mais nous étions présent·es

Présent·es à l’endroit même où des policiers riaient des « bicots qui ne savent pas nager » dans la nuit du 26 avril dernier. La nuit où Samir, un homme égyptien, était brutalisé par ces mêmes policiers (2).

Rassemblé·es non loin d’une esplanade, toute proche, qui commémore le souvenir du 17 octobre 1961.

L’une des premières mobilisations collectives du déconfinement aura donc été pour dénoncer le racisme endémique de l’institution policière. Ce racisme hérité du colonialisme français qui, lui, n’a pas été confiné. De Béziers à Villeneuve-la-Garenne, il s’est traduit par de nombreuses violences policières. Les faits sont connus et documentés. Ils viennent s’ajouter aux inégalités sociales et aux discriminations racistes qui frappent au quotidien les quartiers populaires et plus encore au temps du Covid-19, alors que les populations qui y vivent et y travaillent sont en première ligne face à l’épidémie.

Cette mobilisation a été appelée par un large arc de forces ralliant à la fois les collectifs qui luttent activement contre les violences policières depuis des années, des élu·es de terrain et des organisations d’envergure nationale, politiques, syndicales et du mouvement social (3).

Cet arc de forces, nous contribuons à le construire depuis le 10 novembre dernier et la grande marche contre l’islamophobie. Nous continuerons à nous mobiliser dans les semaines et les mois à venir pour l’égalité, la justice et la dignité, avec toutes celles et ceux qui souhaitent y prendre part.

Nous avons fait valoir ce 11 mai des revendications précises, les voici rappelées ici :

  • Dissolution de l’IGPN et création d’une instance indépendante pour enquêter sur les crimes et violences de la Police ;

  • Interdiction du LBD et des techniques d’immobilisation mortelles ;

  • Fin des contrôles aux faciès qui sont des contrôles racistes ;

  • Destitution du policier Vincent Lafon, mis en cause dans plusieurs cas de violences policières ;

  • Démission du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, qui ne cesse de légitimer les violences policières.

Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie, le 12 mai 2020

(1) : L’appel à la chaîne humaine contre les violences policières du 11 mai :

https://blogs.mediapart.fr/appel-quartiers-populaires-conference-de-presse/blog/070520/le-11-mai-une-chaine-humaine-contre-les-violences-policieres

(2) : Le témoignage de Samir, recueilli par le journaliste Taha Bouhafs pour Là-bas si j’y suis :

https://la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/ils-m-ont-frappe-j-etais-comme-un-ballon-de-foot-le-temoignage-de-samir

(3) : Pour mémoire, la liste des organisations ayant appelé à la chaîne humaine contre les violences policières :

Attac, Acceptess-T, AvecNous, CCIF, Cedetim, Cerveaux non disponibles, CGT, CGT Ferc-Sup Paris 8, Collectif contre les abus policiers, CLAP 33, Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie, Collectif Gilets jaunes Rungis, Collectif Jaune Etc. 33, Collectif Justice et vérité pour Babacar Gueye, Collectif Romain Rolland Ivry, Collectif Vies Volées, Comité Adama, Comité vérité et justice pour Gaye Camara, Comité vérité et justice pour Lamine Dieng, Compagnie Jolie Môme, Coordination Pas Sans Nous, Diem25 France, ENSEMBLE !, FASTI, Fédération SUD-Rail, Femmes des quartiers populaires, Femmes plurielles, Filles et Fils de la République, FUIQP, GHETT’UP, Justice pour Selom et Matisse, Franc Moisin citoyenne, LDH, Mémoire pour Jawad Zaouiya, MRAP Saint-Denis, Les Mutilés pour l’exemple, NPA, Orchestre poétique d’avant-guerre, PEPS, PoleS, Les Réfractaires du 80, SQPM, UCL, UCL Saint-Denis, Union syndicale Solidaires, Union départementale Solidaires 93, Union locale SUD-Solidaires Saint-Denis, UNPA – UVP-filmer la police


11 mai, Île-Saint-Denis © N. F. 11 mai, Île-Saint-Denis © N. F.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.