Préambule

Nous voilà fin prêt à entrer, enfin, dans le vif du sujet! En parlant au nom du peuple, la Constitution en rappelle aux Droits de l’homme. D'où la nécessité d'une révision urgente pour intégrer les Femmes. 62 ans après sa promulgation, il n'y a plus vraiment d’excuses...

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Le peuple, parlons-en, proclame son attachement aux Droits de l’Homme. Cette première phrase affirme qui est le boss. Ce n'est pas le Président, encore moins le gouvernement ou les députés, ni même cette blague que sont les sénateurs. Non, le boss c'est la base de la société : son peuple.

Le lien est ainsi fait avec les acquis de 1789, puisque notre pays vit encore aujourd’hui au rythme des grands principes de la Révolution. En apparence bien entendu, puisque depuis 1870 (proclamation de la IIIème République) ce sont les bourgeo-capitalistes qui mènent la danse, parfois au mépris total des valeurs populaires, les nôtres. Ils opèrent un travail de sape depuis 1794, qui vise à instrumentaliser la base, afin de mieux la diviser, et ainsi continuer à régner. N'oublions pas que le général de Gaulle descend d'une riche lignée française... Mais, ce n'est pas le sujet!

Comme dit plus tôt, de Gaulle a reprit le préambule de la Constitution de 1946, élaboré par une majorité de gauchistes. Les vrais vainqueurs de la guerre, qui ont poussés le général et ses Démocrates-chrétiens vers la sortie.

Petit détail, sur lequel nous reviendrons, la Charte de l'environnement ajoutée en 2004, établit des droits et devoirs qui nous visent directement. Les citoyen.nes dans leur individualité bien sûr, pas les vrais pollueurs bien entendu. Ce serait trop facile ! Il est possible de déceler ici l’hypocrisie qui ronge la Vème République, s’invitant insidieusement au cœur même de la Constitution. Qui aujourd’hui sait qu’il y a une Charte de l’environnement a respecter, avec des droits et des devoirs?

Cherchez pas, personne le sait...

Voilà qui est passionnant : ‘’En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples’’.
Que faut-il y comprendre?
Comme tout acte politique, cela prête à interprétation. En 2020, ça veut un peu tout et rien dire à la fois. Mais en 1958, ça a encore du sens.

Il ne faut pas oublier qu'a l'instauration de la Vème République, la France est un empire en difficulté. De Gaulle en est conscient, et ce qu’il veut avant tout c'est se débarrasser du ‘’problème colonial’’ et ses guerres meurtrières, pour rendre aux colonies leurs indépendances. Pour cela, il se base sur le modèle britannique du ‘’Commonwealth’’, le pragmatisme en moins. La nouvelle République laisse ainsi le choix aux colonies de poursuivre, ou non, l’aventure avec la France. Progressivement la plupart des pays prennent leurs indépendances. Logique.

Ça, de Gaulle l’a prévu. Il ne ferme du fait aucunement la porte à une entente, en insistant bien sur l’autonomie : ‘’La République offre aux territoires d’outre-mer qui manifestent la volonté de…’’
Sans obligations ni violences, la décolonisation s'inscrit au cœur de la Constitution. Les Accords d’Évian en 1962, qui mettent fin à la ''dernière'' guerre coloniale, celle d'Algérie, marque le point de départ de l'ère pacifique de la décolonisation. Soit 4 ans après la promulgation de la Constitution. Dès 1958, la décolonisation était dans l'optique de de Gaulle.

À noter cependant qu'en 2020 la France possède encore, selon les Nations-Unis, des colonies. Antilles Françaises, Guyane, La Réunion, Polynésie Française, Nouvelle Calédonie... Ces territoires ultramarins sont retenus dans le giron de la France. Parfois contre leur gré, telle la Nouvelle-Calédonie, où depuis des années une partie de la communauté Kanaks souhaite l'indépendance.

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Dans ce préambule, de Gaulle laisse la possibilité à toute nation qui le désir, de rejoindre la nation française. Il demande en contre-partie ‘’l’adhésion aux institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun’’, soit la liberté, l’égalité et la fraternité, censément incarnées par la France. De biens belles idées, absolument géniales sur le papier. En plus, par le biais des nouvelles institutions (celles de '58) de Gaulle perçoit les peuples d’outre-mer comme faisant inégalement partie du peuple français, sans aucune distinction.

Par une démarche qui est certes paternaliste, il se propose de soutenir et d'encourager les évolutions démocratiques. Ce qui est plutôt ironique quand on sait que de Gaulle s’est emparé du pouvoir par un coup anti-démocratique. lol. Pas à un paradoxe près, le général persiste dans sa volonté de justifier sa prise de pouvoir, en rappelant les valeurs qui ont fait la France. Valeurs héritées des Lumières du XVIIIème siècle, qu’il prétend apporter à quiconque a le souhait de devenir Français.

La Constitution est ainsi faite, pour brasser un ensemble de cultures variées. Un point pas si inintéressant lorsque l’on écoute les discours vide de sens des autoproclamés nationalistes et autres patriotes. Ceux-là même qui n’ont visiblement rien compris aux objectif de la France. Pour exemple : l’idée développée dans ce préambule a permis en 2009 à Mayotte d’intégrer la nation française. Devenant de facto un DROM. Soit une petite île de l’Océan Indien membre de l’Union européenne. Avec ses richesses, ses coutumes, ses traditions... Inaliénables.

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Cette idée, très républicaine, permet de voir naître une France multiculturelle, pour faire en quelque sorte la paix avec le sombre héritage colonial. La Vème République, qui est encore notre actualité, tranche avec les précédentes Républiques, par le fait qu'elle propose une société qui n'est plus un empire, à proprement parlé. C’est même là l’une des grandes forces de notre Constitution, qui prise sous un angle humaniste renie totalement l’idée même de ‘’colonie’’. Elle laisse ça aux multinationales qui bafouent l’indice humain.

Bien entendu tout cela prête à discussion. Mais ce qu'il faut bien retenir, c'est que par cette Constitution, n’importe qui peut devenir Français. Sans obligation autre que de respecter la DDHC. Ce qui fait l'objet des articles suivants. Il est dès lors possible de voir la ‘’francophonie’’ (5ème langue parlée dans le monde) non pas comme un rayonnement de la nation Française, au sens stricto sensu, mais comme une myriade d’identités, riches et variées, qui derrière des valeurs communes forment un Peuple.

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Comme vient le confirmer ce préambule, le peuple est riche d'une multiplicité qui en fait sa particularité. N’en déplaise aux revendiqués ‘’nationalisto-patrioto-souverainistes'’ qui sont aujourd’hui les véritables ennemis de la République, et de ce que signifie être ‘’Français.e’’.

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