Poésie confinée n°2 - Au bord du gouffre

Les prisonniers, les putes, les migrants, les éboueurs, les femmes battues, les mendiants, les femmes de ménage, les vieux, les handicapés, les enfants violés, les chiens abandonnés, les sans-papiers, les caissières, les soignants...

Au bord du gouffre

Les prisonniers, les putes, les migrants,

Les éboueurs, les femmes battues, les mendiants,

Les femmes de ménage, les vieux, les handicapés,

Les enfants violés, les chiens abandonnés,

Les sans-papiers, les caissières, les soignants,

On les laisse crever, et on nous parle de charité.

 

On nous dit d’être solidaires, que l’Etat peut pas tout faire,

Surtout ne pas froisser les actionnaires,

Des efforts, c’est ce qu’il faut faire,

Serrer les dents, c’est ça qu’ils veulent,

C’est le meilleur moyen de fermer sa gueule.

 

Les impôts, pour les riches c’est toujours trop,

Ils préfèrent donner des flacons hydroalcoolisés,

On ne recule devant rien pour un peu de publicité,

On peut rendre un peu de ce qu’on a volé,

Tant qu’on continue à frauder… pardon, optimiser.

 

Privatiser les profits, socialiser les pertes,

Voilà une belle idée qui trotte dans leur tête,

C’est bien à ça que sert l’Etat,

Faire payer au peuple les déboires de ces gens-là.

 

C’est une recette qui marche, mais faut pas que ça se sache,

Parce que l’injustice, c’est comme le rouge qui tache,

Vite un lavage de cerveau, faut pas que ça attache.

 

Le choc, la sidération, la peur…

Nous voilà tout prêts à basculer dans l’horreur.

 © Kaiserr - favim.com © Kaiserr - favim.com

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