Ariane Walter: Quand le Figaro commente l'actualité ukrainienne

On pourrait prendre le même article dans le Monde, le Nouvel Obs, Libé, le Point, l’Express, la Croix, etc…La presse aux ordres de qui vous savez.. (Avec le doigt vers le ciel comme le fait un célèbre humoriste. Chut !) L’AFP ou Reuters pondent et ils photocopient. Ils ne cherchent même pas à améliorer la sauce car la vérité est au mot près. Du moins leur vérité vue par leurs communicants.

Mais voyons :

Le titre déjà :

Angela Merkel monte en première ligne à Kiev.(Métaphore guerrière qui souligne le courage de la nana qui y va quand même en tailleur et petits talons. Kiev n’est pas tout à fait dans le Donbass. Mais passons.)

Sous-titre : La chancelière allemande tente une nouvelle approche sur le terrain et entend durcir le ton contre Moscou.  (« tente » , « entend ». On voit que l’attaque n’est pas trop dangereuse. Tu peux faire ta sieste, Poutine.)

Par Nicolas Barotte, correspondant à Berlin

Donc Barotte est correspondant à Berlin. On pense que c’est une pointure qui va produire une fine analyse. Hélas. Ca commence mal !

 Elle atterrit en zone sensible.Comparer Merkel à un avion est douteux, si ce n’est pour la corpulence, mais l’expression « zone sensible », bel euphémisme,  est plus érotique que guerrière. On sait que Merkel a un faible pour Poutine, mais faut-il le laisser entendre si tôt ? On n’est pas en « zone sensible", Barotte, c’est la guerre. On compte environ 20 000 morts. Vous recevrez des dépêches du front au Figaro ? Vous trouvez que ça fait désordre, ces mots, « guerre en Europe ? » « Zone sensible » !!!  

Mais Angela Merkel a choisi d'assumer le risque de braquer la Russie.Oh ! La ! La ! Quelle audace, elle va braquer la Russie !! Mais avec quoi ? Une kalachnikov ? Tu as vu Poutine ? Tu as vu Merkel ? Comme si Merkel décidait de quoi que ce  soit. Elle reçoit ses textos de Kerry qui a dû lui dire « Tu vas à Kiev. »

-Va te faire foutre, Kerry !

-Tu veux que je te parle de ta sex-tape (ou de tes comptes au Luxembourg, ou des photos d’elle jeune à poil...Ah ! ça c’est déjà vu !!)

-OK  j’y vais, mais pas plus d’un jour !

 Ce que rapporte notre Barotte, grand correspondant international, genre Haim.

La chancelière allemande est attendue ce samedi à Kiev pour un déplacement d'une journée, à la veille de la fête d'indépendance ukrainienne.

Je ne sais pas s’ils ont jamais été indépendants, ces pauvres Ukrainiens, mais à présent, ils sont vague province de l’Empire aux ordres de la valetaille européenne. On leur pique tout et ils doivent se battre contre Poutine.

En se rendant en Ukraine, elle a choisi d'offrir un symbole fort au gouvernement de Petro Porochenko, alors que les discussions pour obtenir un cessez-le-feu avec les forces prorusses de l'est du pays sont toujours dans l'impasse. «C'est un signe de soutien», explique-t-on au sein du gouvernement, dans la «continuité» des négociations précédentes, alors que les «temps sont difficiles». Pour l'instant, les efforts diplomatiques de l'Europe, et en premier lieu de l'Allemagne, sont restés sans suite.

(Je corrige : « Est » avec une majuscule. Toujours pour les points cardinaux. Mais au Figaro, ils ne savent pas. Barotte !!) Après la forme, le fond. Résumons : elle offre un symbole et Poro veut des armes et du fric ; on n’est pas arrivé !

« Les temps sont difficiles » : autre euphémisme.

C’est la guerre ! LA GUERRE ! Avec des missiles, du phosphore blanc balancé sur des civils, des crimes de guerre à tous les coins de rue, un avion explosé dont les dernières preuves évoquent un grossier false flag.

« Les temps sont difficiles » ! La guerre en dentelles pour ceux qui commentent de leur hôtel en dégustant leur brunch.

 Après la diplomatie du téléphone, Angela Merkel tente donc une nouvelle approche.. Jusqu'à présent, la chancelière s'était activée en coulisses, depuis son bureau, pour trouver une issue à la crise.

C’est sûr que ce n’est pas trop important cette histoire. Il suffit de faire traîner un peu pendant qu’un nouvel attentat se prépare ? Ça doit être ça le fin mot de l’histoire. Gagner du temps avant de savoir quoi faire car l’autre, l’adversaire, l’ours karateka, il est difficile à manipuler ! Alors, en attendant, on donne un ou deux coups de fils, plus skype, on est moderne, pour faire comme si on faisait. En réalité, on connaît la réalité, les Zuniens veulent pousser Poutine à la faute pour lui envoyer, au nom de la démocratie universelle, une grosse tsar bombe sur la tête.

Assumant un rôle clé au nom de la relation «particulière» entre l'Allemagne, la Russie et l'est de l'Europe, elle avait multiplié les contacts: avec Vladimir Poutine, avec Petro Porochenko, en visioconférence à deux, trois ou quatre avec François Hollande…

Hihihihihhi ! Ce pauvre Hollande, rajouté en fin de phrase et qui vient là comme un cheveu sur la soupe. Ils sont vraiment insolents au Figaro ! Il a un cap, monsieur, Hollande ! Et une boîte à outils ! Et un pédalo ! Respect !!

Vendredi, elle a encore cherché avec Poutine les mesures qu'ils pourraient prendre pour parvenir à une trêve. Elle a aussi laissé à son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, le soin de monter en première ligne. Dimanche dernier, c'est lui qui a constaté l'échec de la réunion quadripartite de Berlin. Mais ce samedi, la chancelière est attendue sur le terrain.

« Elle a cherché avec Poutine ! » J’imagine la scène.

-Angela querida, ma che tou fé avec ces loosers de yankees ! Viens avec moi, chérie, on va faire l’Europe de Benodet à Vladivostok ! (Je ne connais pas l’accent Russe.)

-Ma tu croa que j’en ai pas envie ! Mais ma sex-tape…

-Ils nous ont filmés à Sotchi ???

-Non, non, moi et Hollande !

-Mais c’est impossible !

-J’avais bu, beaucoup bu…

-Par tous les démons du Kremlin !! Tant pis ! Je te pardonne ! Viens ! Je t’embarquerai dans un de mes beaux camions blancs !

Soyons sûrs d’une chose. Angela est folle de Vlad. Mais son éducation coincée et d’autres bricoles, l’empêchent de se laisser aller à son instinct de femme ! (Suite bientôt)

Angela Merkel rencontrera Petro Porochenko, le premier ministre, Arseni Iatseniouk, et les maires de quelques grandes villes comme Kiev ou Donetsk, pour «avoir une vision complète» de la situation, explique-t-on dans son entourage.

Si leur presse officielle est aussi efficace que la nôtre, sûr qu’elle a intérêt à se renseigner. Elle croit peut-être qu’il s’agit d’une chamaillerie entre vendeurs de vodka et de peaux d’ours !

«L'objectif essentiel sur le plan politique est de parvenir à un cessez-le-feu commun», a de son côté commenté la chancelière dans la presse allemande.

Grande et impressionnante nouvelle. Ils font éclater une guerre, l’Otan passe des armes à Kiev toute la sainte journée et ils veulent un cessez le feu !! Mais ça ne dépend pas de vous, par hasard ?

La Russie n'est pas impressionnée.

Avec en face des guignols pareils, c’est sûr que l’ours Russe peut se faire tranquillement des tartines de miel !

Au contraire, les tensions se sont encore attisées, vendredi, alors qu'un convoi russe non autorisé a franchi la frontière.

Là, Poutine a joué un coup énorme. Déjà la décision d’envoyer ce somptueux convoi tout blanc ! Généralement les convois humanitaires, c’est plus poussiéreux. Mais là…Hilton vous livre. Jamais rien vu d’aussi beau. Ils ont attendu un peu poliment. Et comme les autres faisaient les boudeurs, ils sont entrés, ils ont livré, ils sont sortis sans prendre une balle dans un pneu ! Mais quel ridicule « la communauté internationale » ! Il vous a mis un gros camion blanc, ce cher Poutine !  (Nouvelle expression) Et tout ce petit monde de déclamer que c’était une invasion indigne ! Et de ne rien faire. Parce que là, on frôle la ligne rouge made in Vlad. Et sa ligne rouge à lui, bon, on sent que ce n’est pas la même que celle d’Obama.

Le «dérapage» vers un «affrontement» entre forces armées ukrainiennes et russes, comme le craignait dimanche dernier Frank-Walter Steinmeier, ne semble plus très loin.

ça, c’est la presse propagandiste made in AFP, Reuters and Gros pontes qui ont du fric et ont des journaux pour mentir. Ils la veulent cette troisième guerre mondiale. Ils poussent à la roue. Ils sont fous. Ils mériteraient la prison à perpète ! Mettre en danger la population de l’Europe de l’Asie et de l’Amérique, parce que si ça pète, ça va péter, il faut être un grave dégénéré de la cocaïne !!

Pour l'instant, Angela Merkel n'a rien obtenu de Vladimir Poutine.

Oui, c’est sûr, en matière de blondes, il doit avoir beaucoup mieux et moins chiante.

Samedi, elle devrait à nouveau lancer un appel au cessez-le-feu et évoquer les moyens de contrôler la frontière russo-ukrainienne.

J’aime bien le conditionnel « devrait », « évoquer les moyens », ça ne mange pas de pain, cela reste discret. « Evoquer »  est vaporeux. Bref, elle est là, pour faire de la figuration et laisser un chèque d’argent de poche à Porochoco .

Angela Merkel s'est décidée à durcir le ton contre la Russie. Après des mois d'hésitation, l'Allemagne défend désormais le principe des sanctions avec fermeté. «Les sanctions doivent être maintenues pour montrer que nous sommes sérieux», a-t-elle expliqué, lors d'un déplacement en Lettonie cette semaine.

Ainsi donc cette rudesse, cette fermeté sont « pour faire sérieux ». Pas pour sauver le monde d’une guerre terrible. Non. Pour faire sérieux. Pour qu’on ne voie pas qu’ils sont des clowns, des marionnettes dirigés par le Big Business.

  En privé, elle devrait aussi rappeler à Kiev que l'Europe ne pourra pas soutenir une surenchère militaire. «Nous avons toujours dit qu'il n'y aurait pas de solution militaire», explique-t-on à Berlin.

Ah ! Bon ! Che rapias ces Allemands ! Mais pourquoi vient-elle alors ? Heureusement que l’OTAN donne des joujoux aux nazis de son écurie. Ils élèvent deux sortes de sauvages : les terroristes bruns en Orient et les terroristes blonds en occident. Ils prennent les plus fous, les plus timbrés, les moins humains. Ils veulent protéger leur gaz et leur pétrole.

Mais les moyens de persuasion de l'Europe sont limités, comme les perspectives de dialogue.  

Ah ! Quand même un peu de lucidité dans cet article…

 

Bon, essayons de le réécrire d’une manière plus brève et plus claire.

 

Merkel à Kiev pour faire plaisir à Kerry.

 

Merkel va faire semblant de soutenir les US alors qu’autour d’elle tout le businesse veut qu’elle s’allie à Poutine. N’ayant aucun pouvoir comme tous les chefs d’Etat qui sont soumis à la junte Usraélienne, elle joue un rôle et commence à en avoir assez de ces rencontres pour rien.

En fait son ministre des affaires étrangères a parlé d’une partition de l’Ukraine et c’est aussi ce qu’elle veut mais elle ne peut pas le dire.

Pendant ce temps Poutine joue une partie impeccable. Les tours, les fous, les rois et les reines tombent les uns après les autres. Les camions blancs de la paix sont rentrés à la maison. Encore tout neufs.

 

Il nous arrive quand même quelque chose de dingue en cette fin d’été 2014.

La démocratie, l’humanité, c’est Poutine…

 

 

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