A Marseille, deux journées décisives

A Marseille, la mobilisation contre la loi travail a peiné à trouver ses formes spécifiques. Ce sont les militants syndicaux, majoritairement CGT, qui en sont maintenant les porteurs, appuyés solidement sur la grève. Ce soir et demain, deux initiatives publiques, permettront de mesurer le soutien de la population et de coaliser toutes les forces. Si le test est réussi, tout devient possible.

A Marseille, le mouvement contre la Loi Travail a suivi une trajectoire spécifique. Après les grandes manifestations du moi de Mars, il a même semblé marquer le pas. Les initiatives de la jeunesse violemment matraquées par la police n'ont pas rencontrées tout le soutien nécessaire de la part des syndicats. Il faut souligner que la répression policière a été d'une rare violence, avec des arrestations et des procès, alors qu'aucune fraction du mouvement n'a jamais pratiqué, ni même prôné la confrontation. Pendant les manifestations, les boutiques et les cafés restent ouverts sans avoir à redouter la moindre dégradation de la part des manifestants, par contre la police s'en est donné à coeur joie.

Nuit Debout a rencontré tout au plus un succès de curiosité et a subi un échec dans sa tentative de se décentrer sur les quartiers nord. D'autres initiatives pour fédérer les luttes n'ont guère dépassé les cercles militants. CGT et FO ont choisi de manifester séparément, la FSU peine toujours à mobiliser ses troupes. Bref, comparé aux mobilisations dans l'ouest de la France et aux grandes manifestations parisiennes, nous étions loin de la réputation de "Marseille la rebelle".

Sous l'impulsion principalement de la CGT, le mouvement a pris une autre direction. A partir du lundi 23 mai, jour de la grève des transporteurs, les militants se sont retrouvés sur les blocages, principalement dans les zones industrielles, autour de la circulation des carburants et des marchandises. Blocages massifs, efficaces et bien accueillis débouchant sur des interventions policières musclées qui à leur tour déclenchaient la colère des travailleurs et la grève dans les sites concernés. Les travailleurs pouvaient expérimenter directement, qui étaient les casseurs et à quoi servait la police.

On en est arrivé ainsi à une généralisation de la grève au port, aux principaux sites de la pétrochimie, à la SNCF... Sur la base de ce rapport de force, aujourd'hui le mouvement retourne dans la rue. En deux temps. Une initiative unitaire ce soir qui permettra de débattre tous ensemble et une manifestation d'initiative locale qui permettra d'investir la ville tous ensemble. Si ces deux journées marquent un tournant de la mobilisation pour Marseille, ce sera aussi un tournant national.

mercredi 1er juin 2016 

20 h  Vieux Port

Nuit Debout & Assemblée InterLuttes

On lâche rien ! La loi de casse sociale, dite loi « El Khomri » doit tomber, la mobilisation entraînée par les syndicats et soutenue par Nuit Debout doit se poursuivre et se renforcer jusqu’à la victoire, le combat pour une société plus juste ne s’arrêtera pas là ! À Marseille et dans la région, les organisations en lutte se rassemblent et unissent leurs forces. Participez et exprimez-vous ! 20 h Table ronde : « État des lieux de la lutte » (40 min) Questions ouvertes (20 min) 21h Débat ouvert : « Convergence et perspectives » Cantine à prix libre Stands des commissions Bureau (...)

jeudi 2 juin 2016 

10 h 30 Vieux-Port

Manifestation pour le retrait de la Loi Travail
Intersyndicale CGT / FSU / SUD ...

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