L'OMS mange son chapeau. Et Véran? et Médiapart?

La revue médicale britannique The Lancet a publié un article le 22 mai concluant à la nocivité de l'hydroxychloroquine qui a conduit l’OMS à suspendre temporairement un essai clinique, et la France à mettre fin à l’utilisation à l’hôpital de cette molécule contre le Covid-19. Elle vient de publier une mise en garde.

La revue médicale britannique The Lancet a émis, mardi 2 juin, une mise en garde (« expression of concern ») vis-à-vis d’une étude publiée dans ses colonnes le 22 mai. Une démarche relativement rare, et qui précède souvent le retrait pur et simple de l’article mis en cause. Aujourd'hui 3 juin, l'OMS annonce la reprise des essais cliniques sur l'hydroxychloroquine interrompus depuis neuf jours. 

Je ne sais ce qui est le plus désolant dans cette affaire, de la grossièreté du coup monté, de la réaction des institutions qui n'attendaient qu'un prétexte pour torpiller les traitements à base d'hydroxychloroquine ou de l'ampleur de l'opération de propagande médiatique. 

Le peu de crédibilité de l'étude publiée par The Lancet a été immédiatement soulignée de tous côtés. Une étude purement statistique sans données médicales. Une étude dont une partie des chiffres concernant l'Australie et l'Afrique s'est avérée fantaisiste. Et cerise sur le gâteau une étude menée par une société fantôme, la société US Surgisphère qui s'avère n'être qu'un prête nom sans réalité connue. Comment une manipulation aussi grossière a-t-elle pu être mise en place? Par qui? Au profit de qui? Comment une revue médicale prestigieuse a-t-elle pu publier ce papier sans un minimum de vérification? Quel crédit peut-on accorder aux publications acceptées par ces revues prestigieuses? 

A défaut de connaître le commanditaire et grand ordonnateur de cette étude on en est réduit à appliquer le vieux principe du droit romain, recherchez à qui le crime profite. Et il n'est pas nécessaire de chercher loin, puisque dés le lendemain le laboratoire Gilead renvoyait un coup de pub pour son produit fétiche le Remdésivir. Et au-delà de Gilead, tous les grands labos, qui investissent beaucoup sur la recherche d'un vaccin ou sur la mise en avant d'une de leurs molécules brevetées, regardent du plus mauvais oeil un traitement qui repose sur des médicaments tombés dans le domaine public. Mais ce que la suite va nous révéler, ce sont les appuis dont ils bénéficient au sein des institutions internationales. 

Que l'OMS est accordée du crédit à la publication du Lancet sans prendre la peine d'en vérifier les sources en dit long sur le poids des intérêts privés au sein de l'institution et son peu d'indépendance réelle. Là aussi, regarder qui finance en apprend beaucoup sur le sens dans lequel la girouette va tourner. 

Depuis le début le gouvernement français répète qu'il n'y a pas de traitement contre la covid19. Mais il ne s'est pas contenté de le dire, il a tout fait pour rendre impossible tout autre traitement que le Doliprane dans la première phase de la maladie en prenant plusieurs mesures règlementaires contre les traitements à l'hydroxychloroquine et aux antibiotiques de la famille des macrolides. Restait la fâcheuse exception de l'IHU Méditerranée, qui non seulement persistait à prescrire HCQ+AZ sous contrôle médical dés la maladie détectée, mais en plus de ça obtenait des résultats nettement meilleurs en terme de guérison que les hôpitaux du reste du pays qui ne l'appliquaient pas. L'étude à charge publiée dans The Lancet tombait à pic pour faire cesser l'exception marseillaise et interrompre toutes les études cliniques qui auraient pu conclure à l'efficacité de l'HCQ dans le traitement du covid19. Car si le traitement HCQ+AZ est efficace, alors les décisions gouvernementales dans cette affaire sont rien moins que criminelles. Pourtant, il aurait  été facile de consulter les quelques 4000 dossiers de l'IHU Méditerranée. Il était tout aussi facile de constater que le taux de mortalité revendiqué par l'étude du Lancet de plus de 20% pour les patients soignés par ce protocole aurait du provoquer à Marseille 800 morts! Mais de l'analyse des résultats concrets de Marseille où plus de 6000 cas ont été testés positifs, personne n'en veut ni au gouvernement ni dans la direction de la santé publique. 

Ces grossières manipulations politiques auraient été difficiles sans un tapage médiatique d'un unanimisme exceptionnel, alliant une campagne de calomnies contre une personnalité scientifique, internationalement reconnue dans sa partie, que l'on a voulu faire passer pour un charlatan même pas du niveau d'un bac scientifique et une honteuse référence à LA SCIENCE de la part de gens qui pour la plupart n'avaient plus entendu parler sciences depuis la seconde du lycée. Personne ne s'est demandé comment un charlatan pouvait se trouver à la tête de l'IHU Méditerranée qui emploie des centaines de scientifiques et a un bilan considérable à son actif. Mais puisque ça se passe à Marseille, tout est possible. Personne non plus parmi ses défenseurs de la science pure et dure n'a pris la peine de lire ne serait ce que le DOROSZ (guide des médicaments) pour savoir ce que l'on peut y apprendre sur les nombreux médicaments qui ont défrayés la chronique. L'important dans cette sorte de campagne, c'est l'effet de meute. Et au moins au début, il fut assuré. On convoqua urbi et orbi de soi-disants experts dont l'expertise relevait essentiellement de leur présence médiatique, de leur compromission politique et surtout de leurs employeurs de l'ombre, les laboratoires.

Sauf que l'usage d'internet et les réseaux sociaux ont permis que de vrais scientifiques, des esprits curieux et critiques aillent à la source des informations et reconstituent une autre histoire. La réponse officielle ne s'est pas faite attendre: fake news, populisme, complotisme...

Le plus décevant, c'est que Mediapart s'est joint à la meute en y apportant un zèle particulier. La rédaction s'est condamnée à l'unanimisme, alors qu'un débat ouvert eu été le bien venu. Et comme le club permettait de publier de nombreuses informations contradictoires et argumentées, certaines sous de prestigieuses signatures scientifiques, il ne restait qu'à les refuser en une et les reléguait dans la noria des billets personnels.  Mais, un pas entraine l'autre, on est passé inévitablement par l'étape censure, c'est à dire que les informations qui dérangent ne sont tout simplement pas communiquées au lecteur. Et maintenant, suivant le principe de superficialité médiatique, une actualité chasse l'autre. Le gouvernement souhaite cacher le bilan de son action pendant l'épidémie et Mediapart l'aidera en tournant au plus vite la page. 

L'information est une production humaine. Elle doit être soumise à débat et critique. Elle est forcément contradictoire, mais c'est une trahison de ses lecteurs de faire passer une vindicte personnelle avant la recherche de la vérité, qui nécessite un libre débat. Sur les traitements efficaces contre l'épidémie Mediapart a faussé le débat. Il a endossé avec zèle le discours officiel. Et la perte de sens est gravement dommageable. Car ainsi on se prive d'enquêter sur l'importance qu'ont prise les labos dans la recherche scientifique, dans la définition des politiques de santé et finalement dans le contrôle de nos corps et de nos vies. Résultat, on présente la politique gouvernementale au pire comme une suite d'erreurs et d'insuffisances, alors que c'est une stratégie concertée. On sous estime l'adversaire en faisant passer pour des incapables, ceux qui sont en réalité de dangereux criminels. 

 

 

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