Qui a peur du Pr Raoult?

L'acharnement mis par certains à dénoncer le Pr Raoult pose forcément la question de leur motivation.

Le pouvoir de nuisance du Pr Raoult étant limité à l'IHU Méditerranée et à la ville de Marseille, il est manifestement excessif de faire porter sur ses épaules la responsabilité du naufrage de la recherche médicale française au cours de l'épidémie de covid19. La France étant un des pays qui enregistre la plus forte mortalité par habitants, si un bilan s'impose il concerne d'abord ceux qui ont eu le pouvoir de décision pour tout le pays durant cet épisode. Au premier chef les politiques, puis les "scientifiques" qui les ont conseillé et les "médecins" et les administrateurs qui dirigent les instances de santé publique. Non seulement, les propositions de Raoult n'ont pas été entendues, mais il a été dés le début l'objet d'une violente campagne de calomnies et de menaces visant à le discréditer, à le faire taire et à l'empêcher d'appliquer à Marseille le protocole qu'il préconisait. Il n'est pas inutile de rappeler que ce protocole n'a jamais consisté à administrer un médicament miracle, mais à un enchainement en trois temps: tester le plus grand nombre possible, isoler et soigner les positifs avec une bi-thérapie HCQ+AZ et éventuellement ajout de zinc administrée sous contrôle médical, puis dans les cas les plus graves passage en réanimation avec les soins habituels. Contre vents et marées lui et l'IHU Méditerranée ont tenu bon avec l'appui de la population marseillaise, des soignants et de tous les services concernés. Cet acharnement a été bénéfique pour la santé et le moral de la population marseillaise, mais il permet maintenant de dresser un bilan de tous les acteurs de cet épisode y compris les media. 

La chloroquine tue!

Rappelons le, c'est le premier prétexte utilisé pour interdire en France l'usage du Plaquénil, jusque là en vente libre et à la surprise générale classée substance vénéneuse dés le début de l'épidémie, sous le ministère éclairé de Mme Buzyn. Puis interdit de prescription contre le covid19 par son successeur Véran et retirée mystérieusement des pharmacies des hôpitaux, comme relaté dans le bouquin du Pr Perrone. Je dis "rappelons le", car curieusement personne n'en parle plus! Cette toxicité de la chloroquine et dérivés peut se manifester par des "torsades de pointe" c'est à dire des troubles du rythme cardiaque. C'est rare mais nécessite quand même une surveillance cardiaque, assurée aux patients traités par l'IHU Méditerranée. Or sur les 3700 patients, de torsades de pointe il n'y eut point. Mais puisque personne ne fait confiance aux publications de Raoult, regardons donc l'étude que vient de publier une équipe de Detroit que vous pourrez lire ici: https://www.ijidonline.com/article/S1201-9712(20)30534-8/pdf et qui conclût à l'efficacité de la chloroquine dans le traitement du covid19. Cette étude portant sur des milliers de patients en milieu hospitalier n'a pas constaté non plus de torsade de pointe avec ou sans adjonction d'AZ. Exit la dangerosité de l'hydroxychloroquine. 

Le protocole de Raoult ne guérit que des bien portants. 

Cette accusation prend sa source dans le fait que le Pr Raoult revendique de soigner les patients dés que le coronavirus est détecté au contraire de la doctrine gouvernementale qui préconise de ne soigner que les malades dans un état grave. L'efficacité de l'antiviral dépend de l'administration précoce du traitement, ce qui diminue les dégâts sur l'organisme et réduit la durée de contagion. A l'inverse attendre que le malade guérisse seul, c'est augmenter les risques de contagion et courir le risque que les dégâts causés à l'organisme soient irréversibles. Mais bien sûr, pour soigner rapidement, il faut tester massivement!

Bien évidemment, en soignant tout le monde on va soigner des gens qui auraient guéri tout seuls. Il est donc bien difficile de prouver que c'est le traitement qui les a guéri lorsque l'étude porte sur un petit échantillon. D'autant plus que face à une nouvelle maladie on ne connait pas le taux de létalité. Les estimations à ce propos ont beaucoup varié et les résultats dépendent certainement de multiples facteurs, l'environnement, le climat, l'état de santé de la population concernée... Il n'y a donc qu'un seul jugement probant, celui de l'épidémie. Les faits parlent au delà de toute contestation. Il y a nettement moins de morts à Marseille que dans les grandes agglomérations françaises qui ont subi l'épidémie. On n'y enregistre pas de décès au-dessous de 65 ans. Le taux de létalité dans les hôpitaux et même dans les services de réanimation est beaucoup plus faible que ceux que l'on enregistre ailleurs en France. Et pourtant, les chiffres des tests sont sans appel. Il y a eu 6800 cas testés positifs à Marseille, près de 5000 patients hospitalisés dans les hôpitaux de l'AP-HM et 3345 suivis à l'IHU Méditerranée. Il ne sert donc à rien de comparer avec la Lozère, Bordeaux ou la Bretagne, des régions qui n'ont pas connu l'épidémie, si ce n'est pour prouver sa mauvaise foi. Par contre, on peut valablement comparer avec Paris, Lyon ou Lille. Et l'efficacité globale de la politique mise en place à Marseille par rapport à ce que le gouvernement a imposé au reste du pays crève les yeux. Évidemment, une lourde responsabilité pèsent sur les épaules de tous ceux qui ont moqué, condamné et refusé d'entendre le "mage" marseillais. 

Et la recherche médicale dans tout çà?

On a accusé Raoult d'ignorer les principes élémentaires de la recherche médicale. En fait, de ne pas respecter les règles des études prescrites par l'Evidence Based Medicine. A lire The Covid-19 Catastrophe le bouquin au titre évocateur que vient de publier Richard Horton, le rédacteur en chef du Lancet, un des deux journaux qui a publié la funeste étude bidonnée à charge contre la chloroquine, il semble que l'EBM est connu quelques ratées au cours de cette épidémie. Il n'y a pas qu'en France, mais bien dans tous les pays occidentaux que la recherche médicale doit faire face à de sérieuses remises en cause. 

Mais tout les chercheurs n'ont pas failli loin de là. Je suis bien incapable de présenter ne serait ce qu'un aperçu des avancées de la recherche internationale, mais il faut quand même saluer la vitesse à laquelle les chercheurs chinois ont réalisé et publié un séquençage génétique du virus! Je veux simplement souligner l'intérêt pour la recherche médicale du travail réalisé à l'IHU Méditerranée. En testant 2,5% de la population marseillaise, en suivant médicalement 3700 patients avec scanners et électrocardiogrammes, un ensemble considérable de données a été rassemblé, à la disposition de tous les chercheurs. Ce qui a permis de constater très tôt que des patients asymptomatiques pouvaient avoir quand même des lésions et que des patients guéris devaient être suivis à cause de séquelles possibles. 

Tester, observer, analyser, prendre en compte la globalité de l'épidémie restent des démarches indispensables face à une nouvelle maladie. Et c'est beaucoup plus utile pour la science que des études randomisées menées dans le but exclusif de promouvoir un médicament.

Tout ça, pour çà?

Après la FDA aux USA, l'Agence Européenne du Médicament vient de recommander l'usage du remdesivir dans les cas graves de covid19. Ces décisions attendues depuis le début ne reposent sur aucune étude concluante. C'est pourtant pour en arriver là qu'on été mises en place les études Discovery, Recovery comme Solidarity. Aucun des censeurs de Raoult ne protestent contre ces atteintes à la "science". Bizarrement le remdesivir est un antiviral, efficace in vitro contre le coronavirus, mais toutes les études convergent pour dire qu'en phase aigüe de la maladie le virus a disparu. Qu'importe! Gilead vient de faire connaître ses prix. Il en coutera 2340 $ et 2083 € pour le traitement d'un patient durant 5 jours. De bons esprits prétendent que c'est un bon prix

L'action de Gilead repart à la hausse. Cela valait bien un grand coup de Raoult-bashing. 

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