COVID19: la liberté comme dernier rempart contre l'arbitraire

Toute analyse des manifestations contre le pass sanitaire, qui ne part pas de la critique de l'état d'urgence sanitaire n'est qu'un exercice d'hypocrisie.

Les beaux esprits, les bavards médiatiques, tous les censeurs du politiquement correct font mine de s'interroger gravement sur le sens du mot Liberté, qui est si souvent repris dans les manifestations du samedi exigeant l'abrogation du pass sanitaire. Liberté individuelle, liberté collective, liberté solidaire, liberté égoïste? Ils oublient ou plutôt font tout pour faire oublier dans quelles circonstances surgit la revendication de la Liberté.

La Liberté est la revendication première d'un peuple qui fait face à un pouvoir arbitraire qu'il ne supporte plus.

Que l'on ait affaire à une mobilisation collective et populaire est évident, même si les compte rendus des journalistes et les calculs du ministère de l'intérieur font tout pour le faire oublier. Il suffit de sortir et regarder. On  verra toute sorte de manifestants, avec leurs petits panneaux ou leurs grandes pancartes, quelques banderoles aussi. Chacun exprimant ce qu'il a sur le coeur. Mais sans doute nos critiques préfèrent les manifestations solidement encadrées, avec des mots d'ordre définis par des bureaucrates responsables, défilant sagement entre République et Nation. Ces défilés brocardés par Léo Ferré "ce sont les Marx Brothers oubliés par Lénine en mil neuf cent dix-sept place de la Nation". A moins qu'ils préfèrent carrément les défilés du 14 juillet en uniforme où l'on ne voit qu'une seule tête. 

Cette Liberté revendiquée collectivement dans la rue n'a rien avoir avec le consumérisme. D'ailleurs les Centre Commerciaux échappent les uns après les autres au pass sanitaire. Pas de pass sanitaire pour Décathlon, Darty ou la Fnac, mais pour boire un café en terrasse.

Pour comprendre cet appel à la Liberté, il faut commencer par regarder en face, la situation d'arbitraire qui nous est imposée avec l'état d'urgence sanitaire depuis le début de l'épidémie. Une situation qualifiée par Der Spiegel de l'autre côté du Rhin d'Absurdistan totalitaire. Une situation devenue insupportable avec l'imposition du pass sanitaire. Mais il semble que nombre de penseurs médiatiques ne soient pas gênés par le fait que des décisions aussi importantes pour la vie de tous, soient prises par un seul homme. Ceux qui bien au chaud dans leur bureau ne sont pas menacés de perdre leur emploi s'ils refusent la piqure libératrice. Sans doute trouvent ils normal de priver une partie de la population  (les non vaccinés) de ses droits les plus élémentaires. Celui d'aller se faire soigner dans un hôpital public, de suivre des cours en classe ou d'aller suivre un spectacle en plein air.

Et de nous dire "ce n'est pas si grave, d'autres ont subi bien pire alors pourquoi vous plaindre?"  Effectivement, on n’a pas encore programmé l’élimination physique des non vaccinés. On a juste décidé de leur pourrir la vie pour qu’ils rejoignent « en toute conscience et de leur plein gré » le camp des vaccinés. Applaudissons donc le monarque pour la relance de la vaccination après son discours du 12 juillet!

Et de disserter gravement sur le droit de la majorité d'imposer aux individus un comportement utile à l'ensemble de la collectivité, alors que dans le cas qui nous occupe la majorité ne s'est pas exprimée, car même pas consultée et qu'il y a de nombreuses raisons de douter que la politique imposée par Macron ait pour objectif l'intérêt collectif. Ce serait bien la première fois pour cet individu. A moins que ces braves gens pensent sincèrement que depuis le début de son mandat Macron n'ait pris que des mesures allant dans le sens de l'intérêt collectif, réforme de l’Assurance chômage, projet de réforme des retraites, réformes scolaires… Mais bizarrement, la critique des institutions de la V ième République s'arrête devant l'urgence sanitaire. Et l'urgence sécuritaire? Et l'urgence économique? Et l'urgence climatique? On va finir par les aimer ces institutions si commodes pour faire face aux urgences!

Sauf que, cette monarchie élective et corrompue est devenue insupportable pour beaucoup. En atteste évidemment le taux spectaculaire d'abstention aux élections. On déplore tous en coeur un soir d'élections et on est prié d'oublier. Mais l'abstention massive signifie que ceux qui nous dirigent ont perdu toute légitimité pour le faire. Et c'est d'autant plus insupportable quand il s'agit d'une question aussi personnelle que la santé. Que le pouvoir politique légifère dans ce domaine, ce n'est déjà pas évident. Mais lorsque ce pouvoir a accumulé autant de mensonges, d'erreurs et de volte faces, il faut vraiment être d'une docilité à toute épreuve pour vouloir lui confier sa vie et celle de ses proches. C'est à la guerre qu'on reconnait les bons petits soldats. Surtout quand le général est bourré!

Face à l'oppression s'élève le cri de Liberté!

Il en a toujours été ainsi et ceux qui ne le comprennent pas sont simplement satisfait de leur situation. Il y a pourtant de nombreuses raisons de se révolter. Le passe sanitaire n'est que la dernière en date, mais certainement pas la dernière préparée par Macron.

Finalement, ces ratiocinations entre gens de bonne compagnie sur le sens que les manifestants donnent au mot Liberté, ne nous apprend rien sur les manifestants, mais beaucoup sur ces philosophes de cour. Ils ne se posent pas de question sur la politique sanitaire du gouvernement, pourvu qu'on vaccine! Ils ne se posent pas de question sur la nature des produits injectés, ils font confiance à Pfizer & co. Ils trouvent normal que Macron décide de tout, tout seul, pourvu que ce soit pour vacciner le plus grand nombre. Obliger les gens à se faire vacciner par la contrainte, y compris de perdre leur emploi, pas de problème, pourvu que le nombre de vaccinés augmente et que la France rattrape son retard dans cette compétition d'un nouveau genre. 

Une fois de plus, comme dans toutes les époques sombres, on constate qu'il n'y a rien à attendre des professionnels du bavardage, surtout de ceux qui se prétendent de gauche ... et finissent par voter Pétain face au danger. Pas grave, le peuple fera sans eux, comme d'habitude!

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