18 mois de prison pour une gifle

Dont "seulement" 4 fermes avec exécution immédiate.

Tous ceux qui ont crié au lèse-majesté ou à l'attaque contre la République, c'est selon, se gardent bien de commenter le résultat du jugement en comparution immédiate, au nom du peuple français bien sûr. 

Après avoir chargé l'accusé de tous les maux, il est bien difficile de s'étonner de la lourdeur de la peine. Si la gifle était bien le résultat d'un complot d'extrême droite, si c'était le signe de l'arrogance des fascistes tout près de s'emparer du pouvoir, on ne peut que se féliciter de la fermeté de la justice. 

Las, la réalité semble bien loin de ces phantasmes médiatiques. Mais pour l'approcher il fallait quitter la capitale, franchir le périphérique et s'enfoncer dans un patelin perdu de la Drôme abritant 4000 habitants. 

On y trouve deux copains, typiques de ces "riens" qui gagnent leur vie comme ils peuvent. Aucun antécédent politique. Une vague sympathie pour les gilets jaunes sans pratique. Mais des adeptes de jeux vidéos et membres d'une association qui organise des spectacles moyenâgeux. Le Puy du Fou du pauvre. Et voilà d'où vient le très royaliste Mont-Joie St Denis. 

Oserais je ajouter que je n'ai encore rencontré personne qui n'ait trouvé la claque justifiée ? Ah, l'insolence plébéienne est inconnue des salles de rédactions. Pour les porte plumes de la classe dominante la personne du souverain est sacrée, qu'il soit roi ou président. Mais, pour tous ceux qui ont subi ou simplement vu les violences policières avec  des conséquences beaucoup plus graves que la gifle, ce jugement laissera un fort sentiment d'injustice. Un sentiment largement partagé, mais qui ne franchira pas le mur médiatique. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.