COVID 19: statistiques et probabilités

Les statistiques et les probabilités sont deux branches des mathématiques, largement perverties tout au long de l'épidémie covid19 à des fins de propagande. Des rudiments de statistiques sont abordés en seconde. Les probabilités à partir de la première.

Lorsque un clip gouvernemental vous annonce que 80% des hospitalisés sont non vaccinés, il s'agit non pas de chiffres, comme le présente le clip, mais de statistiques. Lorsqu'on vous dit que la balance bénéfice/risque est favorable à la vaccination, il s'agit de probabilités. Évidemment, le calcul des probabilités dans le cas qui nous occupe, repose sur des données statistiques. C'est le point de vue qui change. Dans le premier cas, les statistiques permettent d'analyser une situation sur laquelle vous disposez d'un certain nombre d'informations. Le nombre de vaccinés parmi les patients hospitalisés. Dans le second cas, il s'agit de faire un pari sur le futur pour un individu donné. Cet individu est face à un choix. Le calcul des probabilités est censé l'aider face à ce choix.

La statistique est une très ancienne discipline que l'on fait remonter à l'Egypte des pharaons, mais dont on retrouve aussi les traces dans les tablettes mycéniennes voire sumériennes. Les statistiques sont un instrument de gouvernement. Elle nécessite un état. Un état capable de centraliser des données, démographiques et économiques pour ces anciennes civilisations. Elles permettent de lever le surplus social ou d'enrôler des soldats. Elles ne sont jamais neutres, mais dépendent de l'observateur, de ses intérêts et de ses capacités. Ce ne sont donc pas des chiffres. Les statistiques se discutent! Les plans staliniens étaient toujours remplis à 200%. Un joli film soviétique de la période de Gorbatchev "La Prime" montrait bien comment les données récoltées étaient faussées à tous les étages, selon les intérêts des bureaucrates. Certains se sont livrés au même exercice sur le recensement des décès causés par le SARS COV2, à distinguer des patients décédés avec le SARS COV2 et des patients décédés dans un environnement ( un EHPAD par exemple) où on a détecté une présence du SARS COV2 chez certains pensionnaires.

Plus une statistique est fine, plus elle est utile. Pour remonter à la source du clip gouvernemental cité plus haut. On a la donnée suivante. Selon une publication du 27 août de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), il y avait, parmi les personnes entrées à l’hôpital avec le Covid-19 entre le 9 et 15 août, 76 % de non-vaccinés (80 % pour les soins critiques), contre seulement 17 % de complètement vaccinés (13 % en soins critiques). Pour les décès, «ces ratios s’élèvent à 73 % pour les personnes non vaccinées et 23 % pour les personnes complètement vaccinées», ajoute l’organisme statistiqueOn peut et on doit discuter des biais de ces données, mais ce qui est certain c'est qu'elles évoluent avec le temps. Mais le jour où, comme en Israël, 60% des hospitalisés seront vaccinés, on peut être certain que ce gouvernement choisira d'autres "chiffres". Autre remarque. Le pourcentage de décès parmi les vaccinés (23%) étant significativement supérieur à leur présence en soins critiques (17%) devraient nous inciter à une analyse plus fine, par âge, comorbidités, nature du vaccin... Enfin, plus le nombre de données est élevé plus la statistique fait sens. Au dessous d'un certain seuil, la statistique n'a pas de sens car les données peuvent être entièrement dues au hasard. Et entre 100 000 données et dix millions, les changements peuvent être très importants!

Les statistiques sont un instrument indispensable pour dresser le bilan d'une politique. Et lorsqu'on compare le taux de morbidité attribué à la covid 19 de la population française au reste du monde, le bilan est un des plus mauvais. Mais ce qui nous importe quand nous devons choisir de nous faire ou non vacciner, c'est le point de vue des probabilités.

Les bases des probabilités ont été jeté au dix septième siècle par Blaise Pascal pour jouer aux dés. Pascal en a déduit que l'on avait tout intérêt à se mettre à genoux et prier, même si on n'avait pas la foi. Les probabilités restent un prise de risque sur le futur. Un futur qui échappe toujours en partie à notre vue. Une tentative de mathématiser ce que nous appelons hasard.

Mais si l'on veut mathématiser, il faut le faire bien et précisément. Parlons de la fameuse balance bénéfice/risque d'avoir une forme grave de la covid19. Tout le monde a compris que le risque n'était pas le même selon l'âge ou les comorbidités, mais il faut savoir aussi ce que l'on compare. En réalité, ce qui est comparée c'est la probabilité d'avoir une forme grave de la covid19 en supposant que vous serez en contact avec le virus. Mais vous n'êtes pas certain d'être en contact avec le virus. En toute rigueur mathématiques, il faut donc calculer P("être en contact avec le virus") x P("avoir une forme grave") ce qui est très différent et beaucoup plus faible, car une probabilité est toujours inférieure ou égale à un.

Et là encore, il faut préciser. La probabilité d'attraper la covid 19 n'est pas la même si vous prenez tous les jours le métro et que vous faites vos courses dans un centre commercial, ou bien si vous vivez à la campagne et que vous faites vos courses sur un marché en plein air! D'ailleurs les gestes barrières sont là pour diminuer la probabilité d'être infecté par le virus! Et pour le deuxième terme "avoir une forme grave", intervient la variable des soins médicaux! La probabilité "d'avoir une forme grave" n'est pas du tout la même si votre médecin soignant soigne ses patients avec un des protocoles existants ou bien s'il vous renvoie chez vous avec un doliprane en attendant d'appeler le 15. 

Pour le deuxième terme de l'équation concernant le risque pris avec un vaccin les choses sont encore plus obscures. 

En effet, il faut distinguer "un accident de vaccin" et la probabilité non nulle d'être vacciné et d'attraper quand même la covid19 avec une forme grave. Deux évènements dont il faudra cette fois additionner les probabilités, c'est à dire calculer P("un accident de vaccin") + P (" attraper une forme grave de la covid19 en étant vacciné").

Pour le deuxième évènement, on peut dire que les statistiques de malades hospitalisés nous donnent une base de travail sérieuse. Mais pour l'évènement "accident de vaccin" on est en plein flou. Outre que les agences de santé n'aiment pas mettre en relation le vaccin et les accidents survenus à la suite du vaccin faute de liens de causalité incontestables, pendant combien de temps considère-t-on qu'un vaccin peut avoir un effet négatif sur l'organisme du vacciné? La réponse officielle est 3 semaines. Ce n'est pas convaincant surtout pour des vaccins à ARN messager ou à adénovirus. C'est d'ailleurs pourquoi ces vaccins sont toujours en phase expérimentale et n'ont obtenu qu'une autorisation provisoire. Les conséquences des vaccins à moyen et long terme sont totalement inconnues, par définition. 

On voit bien qu'aucune donnée officielle ne peut répondre complètement au problème du choix. D'ailleurs aucune publication scientifique ne s'y est risquée. On a chaque fois, des projections reposant sur des hypothèses qui sont régulièrement démenties par les faits. Une variable essentielle pour appréhender le futur, c'est l'évolution du virus lui-même.

Il peut s'éteindre, comme bien d'autres avant lui ou bien il peut produire un nouveau variant insensible aux vaccins actuels. Dans les deux cas, nos calculs sur l'intérêt des vaccins actuels deviennent obsolètes. Il est tout à fait possible, si on veut bien prendre la solution des traitements au sérieux que des traitements, anciens ou nouveaux, soient plus efficaces que les vaccins actuels. Comme il est possible que de nouveaux vaccins prouvent leur efficacité. 

Voilà pourquoi, une réflexion sérieuse amène à conclure que le passe sanitaire comme l'obligation vaccinale est une stupidité contre productive. Dans l'état actuel de nos connaissances le choix de se faire ou non vacciner doit rester un choix personnel, éclairé par les conseils d'un médecin. Il y a beaucoup trop de variables individuelles pour trancher dans le sens d'une obligation collective, étant entendu que les personnes à risque...sont à risque et donc les premières motivées par l'objectif de faire le bon choix!

Bien évidemment, si des statistiques fiables montraient que la vaccination fait reculer la maladie sans faire courir trop de risques aux vaccinés, ces conclusions devraient être revues. Ce n'est pas encore le cas. Nous sommes toujours en phase expérimentale!

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