Élections grecque: une nouvelle victoire pour Mme Merkel et un nouveau camouflet pour la démocratie au sein de l'UE.

La réélection de Tsipras, dimanche 20 septembre, à la tête du pays, n'est pas anodine. C'est une pierre de plus sur la tombe de la démocratie dans l'Union Européenne. Que l'état grec soit sous tutelle, on le savait déjà. Ces élections ne pouvaient avoir d'effet sur la politique imposée à ce pays, puisqu'aucun des candidats susceptibles de l'emporter n'était prêt à "renverser la table". Mais Tsipras sera celui qui en l'espace de 6 mois a réussi à se faire élire sur deux programmes opposés, après avoir démontré en pratique qu'il était prêt à tourner sa veste pour garder sa place. On ne peut pas mieux démontrer que les élections en Grèce sont devenues une farce. Et pas seulement en Grèce.

Mme Merkle, M. Schaüble, Sigmar Gabriel, Martin Schultz et les autres agents de l'ordolibéralisme peuvent savourer leur victoire. On peut faire remarquer que les politiciens allemands ne sont pas les seuls agents en europe de l'ordo-libéralisme, mais on ne peut contester que la Grèce soit devenu un protectorat de l'impérialisme allemand. Celui qui avait été un moment le symbole de la résistance à cette politique et à qui le peuple grec avait confié la charge de reconquérir son indépendance est maintenant leur agent à Athènes, confirmé au pouvoir par le suffrage universel. Autant dire, qu'il va être particulièrement efficace et que toute résistance sera infiniment plus difficile. Les seules forces politiques présentes au parlement grec qui contestent la politique des memoranda sont l'extrême-droite néo-nazi et les staliniens de toujours. Autant dire que TINA va régner sans partage sur la Vouli.

Double avantage, les vrais responsables de la politique imposée à la Grèce, n'auront pas à en rendre compte. La majorité du peuple grec vient de l'accepter, effaçant ainsi le OXI du référendum. Et ceux qui sont condamnés à l'appliquer, continuent à être gratifiés par la presse internationale de "gauche radicale", suprême ironie, mais qui permettra justement de faire porter le chapeau à cette supposée "gauche radicale", des inévitables catastrophes sociales et du non moins évitable échec économique.

Première conséquence, il va falloir se méfier des politiques qui continueront à se réclamer de ce qualificatif de "gauche radicale". Plus exactement, il va falloir examiner à la loupe le bilan que chacun tire de la défaite grecque. Car il s'agit bien d'une défaite, aggravée par la trahison des chefs. Un peu comme si Léonidas s'était rendu à Xerxés. Il est clair que ceux, comme le PC en France, qui continuent à soutenir Tsipras sont prêts à retourner leur veste. Restent tous ceux qui se donnent ouvertement pour objectif de "renverser la table". Ils vont devoir réfléchir sérieusement à s'en donner les moyens.

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