COVID 19: les faits sont têtus

L'agitation gouvernementale a pour but affiché de stopper la diffusion du virus. Si la covid19 recule, c'est que la politique gouvernementale est efficace. Si le virus persiste à se répandre, c'est que nous n'appliquons pas correctement les consignes et nous devrons être soumis à toujours plus de coercition.

Il y a la propagande abondamment relayée par les medias et il y a les faits vécus dans notre expérience quotidienne qui peuvent nous transporter bien loin des discours officiels. Je vais vous raconter trois petites histoires vécues par des ami.e.s que je connais personnellement et qui en sont encore tout ébahi.e.s, voire indigné.e.s. Bien sûr, trois exemples ne suffisent pas à décrire la réalité d'un pays, mais ces histoires se passent dans des lieux et des milieux assez éloignés pour faire système. Toutes les trois se sont déroulées depuis la rentrée de septembre.

A. est préparatrice en pharmacie dans une grande pharmacie de la capitale. Elle vit seule avec son enfant, pas tout à fait un an, qui va faire ses premiers pas à la crèche au moment où sa maman et lui tombent malades avec tous les signes caractéristiques de la covid 19, en tout cas pour la maman. Fièvre, toux, perte de goût et d'odorat. Consulter un médecin? Se faire tester? Le patron consulté par téléphone, pharmacien lui-même, ne veut pas en entendre parler. A ce moment là, pour avoir un rendez vous pour un test et attendre les résultats dans la métropole parisienne, il faut compter 10 jours, selon lui. Il exagère peut-être et encore un journaliste de France Inter en a fait l'expérience. Aussi, le boutiquier ne veut pas prendre de risque. Sa préparatrice ne doit pas se mettre en congé maladie et pour ne pas courir le risque d'une quarantaine, elle ne doit pas consulter de médecin. D'ailleurs, il faudrait prendre rendez vous... Donc la maman, qui ne veut pas perdre sa place, retourne au boulot et le jour dit, conduit sa petite merveille à la crèche où elle reste elle-même assez longtemps pour que le bébé prenne ses marques. Personne ne sera au courant. Ni les collègues de boulot, ni les personnels de la crèche, ni les autres parents. Heureusement, la covid 19 n'est pas la peste, après 48 heures de fièvre, les symptômes disparaissent. La maman et le bébé se portent bien, mais le virus court toujours...

B. travaille dans une usine de l'agro alimentaire, bien loin de la capitale, au bon air mais dans une région passée au rouge. Le directeur de l'usine, à la suite d'une réunion de travail où sont invités tous les contremaîtres et chefs d'atelier, tombe malade. Il n'a pas de patron directement au-dessus de lui, donc il consulte un médecin qui lui prescrit un test. Il a la chance d'habiter loin de la capitale, le résultat tombe 48 heures après. Positif! Mais après un week-end de fièvre, tout va bien. Il retourne donc au boulot comme si de rien n'était. Que va-t-il se passer pour les personnels de l'entreprise? Mais absolument rien. Personne ne sera déclaré cas contact, personne ne sera testé, personne ne devra s'isoler. 

C. est gendarme dans une unité casernée dans le sud de la France, un de ces départements soumis au couvre feu le plus strict. Donc, les gendarmes sont débordés. Donc, ils reçoivent comme consigne de leur hiérarchie de ne pas se faire tester, car de toute façon aucun congé ne sera accordé. 

Bien sûr, je ne prétend pas décrire la généralité de la situation dans tout le pays, mais quand même. Je suis certain que nous connaissons tous de nombreux exemples qui contredisent le discours officiel. Nous en sommes au point de vivre dans un village à la Potemkine, pardon dans un décor de théâtre. Les responsables de ces trois saynètes, ceux qui donnent les ordres, sont convaincus que la covid19 n'est pas si grave. En tout cas pas assez pour interrompre leur routine professionnelle. Et d'ailleurs c'est exactement ce qu'ils constatent quotidiennement autour d'eux. De la toux, de la fatigue, quelques jours de fièvre et c'est parti. L'entourage des malades, le plus souvent, ne ressent rien. Mais si les gens se font testés, alors là toute une série de conséquences désagréables vont en découler, sans pour autant pouvoir être soignés, car la prescription officielle reste Doliprane + le 15 si ça va mal. Résultat, le virus court toujours. Qu'est ce que la nouvelle application "Tous Anti-Covid" va changer à cela? 

Attention, je sais que l'on peut mourir de la covid19. Je sais qu'il y a trop de patients en réanimation. Mais manifestement, les mesures prises par le gouvernement n'ont aucune chance d'arrêter la diffusion du virus. Les lieux les plus propices à sa diffusion, les entreprises, les écoles, les moyens de transport, les centre commerciaux ne sont pas touchés ou si peu. Comme beaucoup l'on déjà fait remarquer, seul les lieux de convivialité, de plaisir et de culture, sont frappés. Et pour couronner le tout le couvre-feu, cette mascarade bien inquiétante par ce qu'elle évoque. 

Le gouvernement chinois en prenant des mesures autoritaires radicales a, semble-t-il, réussi à éradiquer le virus en Chine. Peut-être n'est-il pas possible, ni même souhaitable de prendre le même type de mesure dans notre pays. Peut-être devrons nous vivre, un certain temps avec ce virus, en attendant d'autres? Mais il faut le dire ouvertement et surtout essayer le plus possible de vivre normalement, librement dans une société démocratique. Il faut arrêter de croire ou de faire croire que l'état d'urgence et le "conseil de guerre" vont nous protéger. Laisser s'installer le mensonge officiel est la pire des choses.

Si l'on refuse de se laisser tromper par la propagande gouvernementale, on voit tout de suite qu'il y a un tas de choses, utiles contre la covid 19, à faire immédiatement. A commencer par réparer l'état catastrophique de notre système de santé. Pour faire face à une épidémie, il faut beaucoup de lits qui resteront inoccupés en tant normal et beaucoup plus de personnel que ceux nécessairement mobilisés en cas d'urgence. Or toute la gestion des hôpitaux est basée sur l'objectif inverse! Pour détecter, informer et isoler les cas positifs, il ne suffit pas d'avoir des tests et des applications, il faut aussi du personnel. Il faut surtout arrêter de mentir et faire confiance à la population au lieu de l'infantiliser et la menacer. Mais pour cela, il faudrait changer de personnel politique.

La première mesure raisonnable, qui pourrait être prise demain et qui changerait la donne, c'est d'autoriser le seul traitement, utile et utilisé à l'échelle internationale, celui pratiqué avec succès à l'IHU Méditerranée. Peut-être n'est ce qu'un placebo, mais comme le souligne le Pr Raoult dans son audition au Sénat, un placebo ça peut soigner vraiment, alors que la peur désarme le malade et désarme la société. Vous êtes testés positif, vous êtes soigné et vous avez plus de 99% de chances de vous en tirer. Cà sonne mieux que "vous êtes testé positif, rentrez chez vous avec un Doliprane et si ça s'aggrave téléphoner au 15".

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