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Billet de blog 28 août 2021

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COVID 19: une crise écologique et politique

Si l'écologie est bien une réflexion sur les relations entre les sociétés humaines et leur environnement, la crise provoquée par la covid19 devrait être au centre de l'actualité de l'écologie politique.

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Attention, mon intention n'est pas de minimiser l'importance du réchauffement climatique. C'est lui qui donne le cadre de l'évolution de la planète pour les siècles à venir. Au moins des siècles et très certainement au delà. Mais la crise écologique globale de nos modèles de société ne se résume pas au dérèglement climatique. L'épidémie provoquée par un coronavirus et le choc social qu'elle produit, en est un exemple dont on peut déjà tiré quelques leçons. 

Première leçon. Nous ne sommes pas la seule forme de vie sur la planète. Nous sommes en interaction permanente avec les autres formes de vie et nous ne maitrisons pas ces interactions. Nous pouvons seulement nous y adapter aux mieux de nos intérêts. 

Les épidémies sont des épreuves rencontrées tout au long de l'histoire de l'humanité. On en retrouve les traces archéologiques au néolithique. Il n'y a aucune raison de penser que les lignées humaines précédentes aient été épargnées, car les animaux sont aussi malades et les humains ne sont rien d'autres que des animaux. Certains virus et bactéries ont toujours franchi la barrière des espèces. En ce sens on peut dire que toutes les épidémies sont des zoonoses. Il suffit de lire le chant 1 de l'Illiade pour se convaincre que cette expérience redoutable est ancrée depuis longtemps dans la mémoire humaine. Je ne pense pas que ce soit très convaincant d'attribuer l'épidémie de covid19 à l'intrusion des activités humaines dans les espaces sauvages et notamment les forêts. Les êtres humains vivaient dans les forêts avant de les détruire et ils étaient en contact avec la vie de la forêt, dont avec les bactéries et les virus. L'idée d'une société humaine séparée de la nature et protégée de ces chocs est une idée fausse, typique de l'hubris technologique. Même une société écologiquement correcte serait confrontée à des zoonoses.

Les virus vivent leur vie suivant des règles qui nous échappent en grande partie, mais si le coronavirus est la cause de l'épidémie, la forme qu'elle prend pour nous dépend de la société humaine, de son fonctionnement interne et de notre politique face à l'épidémie. L'organisme responsable de la "peste" d'Athènes de 430 à 426 (AEC), sans doute le typhus,  venait d'Orient par les échanges commerciaux dont le Pirée était un des principaux centres en Méditerranée, mais c'est la guerre du Péloponnèse et la tactique choisie par Périclès d'enfermer la population de l'Attique dans les longs murs à l'abri des armées spartiates qui a provoqué une épidémie meurtrière.

C'est sur les activités humaines que la critique écologique doit intervenir.

Deuxième leçon.

Comment nait une épidémie.  Nous n'avons pas et nous n'aurons sans doute jamais de certitude sur l'origine de la covid19, comme de toutes les épidémies en fait. Mais la piste à ce jour la plus probable, c'est celle d'un virus "augmenté", c'est à dire "amélioré" par des scientifiques, qui se serait échappé d'un laboratoire. En tout cas, cette piste a permis de mettre sur la table un certain nombre de faits avérés qui devraient interpeller tout écologiste conséquent, mais aussi tout être humain qui réfléchit. Oui, il existe des laboratoires qui transforment génétiquement des virus pour les rendre plus dangereux! Oui, il arrive des accidents où les virus en question s'échappent. La justification de ces recherches, seraient de se préparer à lutter contre de futures épidémies. Pas de chance, les laboratoires qui travaillent sur les coronavirus n'ont jusqu'ici aidé en rien à lutter contre l'épidémie. Donc, des recherches dont on voit bien le danger, mais pas les bénéfices. Il me semble que la conclusion qui s'impose est d'exiger un moratoire sur ces recherches afin de trouver un accord international permettant de les encadrer voire de les interdire. Vous en avez entendu parlé? 

Comment elle se propage. Sur ce point pas de mystère. Les voyages et les échanges commerciaux ont toujours été le vecteur principal des épidémies. La mondialisation capitaliste a donné un grand coup d'accélérateur à l'expansion des maladies. Mais il existe un deuxième réservoir très actif, ceux sont les élevages industriels. Ici, les visons, les furets... où les animaux sont parqués dans des conditions abominables afin d'être tués pour prélever leur fourrure. Le Danemark a du massacrer 15 millions de visons infectés par le covid et en a interdit l'élevage. Et dans les autres pays? Le rôle des élevages de visons en France dans la production de variants? Motus et bouche cousue. Je pense que c'est une raison de plus pour exiger la fermeture des élevages industriels consacrés à la production de fourrures! Qui le propose? Et la limitation et le contrôle des échanges internationaux de marchandises, n'est ce pas une raison supplémentaire de s'en soucier comme de réévaluer les dégâts de l'industrie touristique? 

Troisième leçon.

Passons maintenant à la maladie et aux dégâts produits. Toutes les maladies ne sont pas équivalentes, donc on les combat différemment. La lèpre, le typhus, la tuberculose ou le choléra ne relèvent pas des mêmes traitements. Remarque en passant. Pas de vaccins vraiment efficaces pour aucun de ces maux et pourtant on sait fort bien comment s'en débarrasser.

Les coronavirus sont très contagieux et ils s'attaquent aux voies respiratoires. D'où le port du masque en lieux clos et surtout le lavage fréquent des mains. Si ces méthodes simples ne suffisent pas à se protéger de la covid19, elles ont permis de limiter radicalement, les grippes, rhinites, et gastro. A retenir. La covid19 a ceci de particulier c'est qu'elle est bénigne pour la majorité des infectés, mais dangereuse pour les personnes âgées et frappés de certaines comorbidités qui affaiblissent le système immunitaire et l'appareil respiratoire, comme le diabète ou l'obésité. Or certaines de ces maladies aggravantes sont directement le produit de notre mode de vie et de production. La nourriture industrielle qui est la principale cause de l'obésité et de certains diabètes. La pollution atmosphérique qui tue bien assez sans même l'aide du covid. La vie sédentaire, l'absence d'exercice physique... Tous ces handicaps se cumulent avec l'âge et lorsqu'on enferme les personnes âgées dans les EHPAD, dont tout le monde connait maintenant la réalité, il n'est pas surprenant que c'est précisément dans ces EHPAD que l'on enregistre le plus grand nombre de décès dus à la covid. Depuis le début de l'épidémie a t on vu la mise en place d'une politique visant à s'attaquer à la source de ces problèmes, qui sont aussi des causes de la surmortalité provoquée par la covid? Bien sur que non! Mais le plus étonnant c'est que l'on n'a pas non plus entendu parlé de revendications cohérentes allant dans ce sens pour lutter contre les effets les plus graves de l'épidémie. L'épidémie actuelle devrait faire monter l'exigence d'une véritable politique de santé publique préventive où la question des EHPAD devrait occuper une place particulière, mais tout autant celle de l'éducation à la santé.

En pratique, tout a été fait pour protéger le plus possible le fonctionnement de l’économie et sauvegarder les points saillants de nos modes de vie et de consommation au détriment de la santé des populations. Les déplacements en métro, pourtant propices à la contagion n’ont jamais été mis en cause. Les aéroports fort peu surveillés. Les lieux de travail toujours soumis au bon vouloir du patronat. Le centres commerciaux privilégiés…alors que les terrasses des cafés, les musées, les théâtres et les cinémas devenaient des lieux dangereux susceptibles d’être fermés à la moindre alerte. La signification de ce mode de gestion de l’épidémie est clair. Nous ne voulons rien changer. Nous ne toucherons pas aux fonctionnements toxiques pourvu qu’ils rapportent! Pourtant cette épidémie est un avertissement clair qui nous montre, si nous savons regarder, ce qui doit impérativement changer dans le fonctionnement de nos sociétés.

Quatrième leçon. Vivre avec les virus sans en perdre la tête et la vie. 

Notre président, dés sa première intervention a montré ce qu'il ne faut pas faire en déclarant la guerre au virus et en affichant l’objectif de l'éradiquer. Il s’agit de rodomontades qui cachent des objectifs de contrôle social peu avouables. Notre but ne doit pas être d’éradiquer le virus, ce qui n’est pas à notre portée, mais de stopper l’épidémie et de réduire au maximum les dégâts de la maladie.

Pour cela, la médecine et les médecins doivent jouer un rôle essentiel. Toutes les sociétés ont des pratiques médicales en particulier médicamenteuses. Les animaux aussi se soignent en utilisant des plantes. Les différentes civilisations présentes sur le globe ont accumulé un savoir considérable. La médecine allopathique depuis 60 ans et même avant a accumulé une réserve de molécules bien connues et à usages multiples. Les pays occidentaux peuvent se targuer d’avoir mis en place un système de santé publique qui, avec l’amélioration des conditions de vie et de travail, a contribué à réduire la mortalité et prolonger l’espérance de vie. Que s’est il passé pour que ce soit ces pays qui enregistrent précisément les plus fort taux de mortalité? La réponse à cette question est certainement multiple, mais regarder le problème en face est essentiel. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale nous avions acquis en Europe et aux USA un certain sentiment de sécurité par rapport aux maladies épidémiques. C’était une illusion. Le choc est grand! Les systèmes hospitaliers publics ont été grandement fragilisés par les réformes libérales. La recherche médicale a été prise en main par de grands laboratoires privés qui fonctionnent pour leur profit immédiat. Vu les énormes profits accumulés, ces laboratoires ont pris la direction des autorités de santé publique et des politiciens qui les contrôlent. Et la première victime sociale de l’épidémie de covid, ce fut la médecine. Ce qui explique largement le lourd bilan de l’épidémie.

Dés le départ, une doxa simpliste a été imposée que l’on peut résumer ainsi:

* surestimation de la gravité de la covid19 traitée à peu prés comme la peste par les autorités politiques et les media. Effet de panique recherché.

* affirmation qu’on ne pouvait pas soigner cette nouvelle maladie, assortie en France d’une interdiction faite aux médecins de soigner avant hospitalisation.

* attente du salut d’une nouvelle molécule brevetée par un grand labo à qui elle pourrait rapporter gros. La covid19 c’est bon pour la bourse! On a d’abord eu l’épisode scandaleux du remdésivir. On a maintenant, les vaccins miraculeux à ARN messager dont le prix augmente plus on les utilise, à l’inverse des autres marchandises. Pour que ce miracle économique se concrétise, il a fallu discréditer et interdire ( spécialité française ) tous les traitements existants. Hydroxychloroquine, ivermectine, macrolides…et malheur au médecin qui affirme publiquement les utiliser avec succès!

La répression est l’arme des dictatures, la propagande celle des « démocraties ». Là on a un peu des deux. Un propagande envahissante, qui vise à discréditer personnellement tous ceux qui découvrent dans leurs éprouvettes ou dans leur cabinets de soins autre chose que la vérité officielle et qui nous assomme de contre vérités flagrantes variables de jours en jours. En France où le contrôle des media par le pouvoir est très étroit, nous vivons au pays du mensonge permanent. Il devient usant et quasi impossible de tout vérifier, de remonter chaque fois à la source, d’aller voir ce qui se passe et se dit dans les pays voisins.  Et puis l’arme du licenciement utilisée d’abord à l’encontre de ceux qui parlent trop. Peronne, Fouché, Chabrière et peut être demain Raoult. Et maintenant à l’encontre de ceux qui s’obstinent à ne pas vouloir servir de cobayes aux vaccins géniques mis au point par des labos condamnés maintes fois pour faits de corruption.

Résultat, le discours scientifique est aussi discrédité que le discours politique et la grosse caisse médiatique.

On comprend bien l’importance de la métaphore guerrière dans le discours de Macron. Dans l’imaginaire, à la guerre il faut un chef! C’est bien connu, « la discipline est la force principale des armées », scrongneugneu! L’épidémie devient ainsi une magnifique occasion d’accélérer le contrôle des populations dans les moindre détails de leur vie. Fini le secret médical. Tracé en permanence par des applications, votre identité peut être contrôlée par n’importe qui. Bien venu aux dénonciateurs et corbeaux anonymes. « On va pourrir la vie aux non vaccinés! » Et c’est la vie de tout le monde qui va être soumis aux bons vouloir des chefs. Montrez votre passe, montrez votre passe et vos papiers. Cartes à puces, cellules photométriques, caméra de surveillances…

Nous sommes partis très loin de la médecine, mais en plein coeur de l’écologie politique. Ce n’est pas le virus qui a produit tout cela. Dans d’autres sociétés ce virus serait sans doute passé inaperçu. Mais ici le choc provoqué par le virus a permis de cristalliser et faciliter un certain nombre de réactions déjà à l’oeuvre.

Il est fort probable que la destinée de la covid19 suivra la même voie que celle de la grippe espagnole au début du siècle précédent. Quelques variants et puis s’en vont, jusqu’à devenir une maladie saisonnière, contre laquelle nous finirons par avoir des médicaments reconnus et peut être même des vaccins efficaces… pour quelques mois.

Par contre, le choc social et politique de l’épidémie risque d’être plus difficile à surmonter. Pour les gouvernants et leurs serviteurs, l’efficacité en temps de crise exige une discipline toute militaire. Un chef qui prend toutes les décisions y compris dans le domaine médical. La suspension des libertés démocratiques, l’état d’urgence. Le contrôle de la parole publique mis pratique par la traque des « fakes news ».  Le contrôle des populations mis en pratique par le passe sanitaire. Et last but not least, la désignation d’un ennemi intérieur qui permet de déchaîner toutes les passions mauvaises. Un grand classique. L’espion allemand. Le juif qui empoisonne les sources. L’huguenot qui brulera en enfer. Le gréviste qui nous affaiblit dans la guerre économique. Le chômeur parasite. Le musulman pas intégrable. Le gilet jaune, brute inéducable et antisémite. Et maintenant le non vacciné, individualiste irresponsable qui encombre les hôpitaux et nous contamine, certainement d’extrême droite et probablement antisémite. Et nous savons bien que l'on ne sort de l'état d'urgence qu'en banalisant les règles de l'état d'urgence. 

Mais pour l'efficacité, c’est juste le contraire qu'il faudrait faire. Une société qui s’enfonce dans la voie totalitaire est prête à sombrer. Si nous laissons le choses telle que Macron les a engagées, comment ferons nous face aux défis du changement climatique? On voit bien que le retour de la liberté de paroles et de recherche pour les scientifiques, la liquidation des monopoles privés sur la santé et la science, le développement de toutes les structures de santé publique, une véritable politique de prévention et l’établissement d’une démocratie sociale et politique, sont des conditions essentielles pour combattre l’épidémie. Elles sont indispensables pour faire face aux conséquences de la crise écologique globale et organiser le changement radical de société qu’elle nous impose.

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