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Billet de blog 28 déc. 2021

COVID 19: la photo de trop!

Ouf, ça y est j'ai résilié mon abonnement à Mediapart et je me sens mieux.

arjuna
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Je me posais la question depuis quelques temps. Il y a bien sûr, la couverture de l'épidémie. J'y reviendrai.

Mais pas seulement. Un mécanisme pervers dans le traitement de l'information sur Mediapart s'est peu à peu révélé à mes yeux. Certains évènements sont effacés et pas des moindres. L'Inde, plus d'un milliard d'êtres humains, la plus puissante paysannerie du monde, une grande puissance économique, gouvernée par un parti religieux fascisant qui veut libéraliser à marche forcée l'économie du pays dont l'agriculture, ce qui aurait des conséquences, sociales et écologiques incalculables. Un mouvement paysan d'ampleur et de durée sans précédent mobilise tout le pays, encercle la capitale, bloque les centres de décisions et le parti au pouvoir, et oblige le gouvernement à capituler sur toutes ses revendications. Pour Mediapart et ses lecteurs, ce mouvement n'existe pas, n'a jamais existé. Heureusement, les lecteurs du blog de Jean Marc B sont quotidiennement tenus informés par les articles de Jacques Chastaing, jamais en une du journal, bien sûr. Pourtant, Mediapart a un correspondant en Inde, actif et bien informé. Il envoie les articles que la rédaction lui commande. Ainsi Mediapart, comme toute la presse française se fera l'écho de la vague meurtrière du variant Delta qui va balayer le pays. Mais on ne saura jamais que cette vague est finie depuis des mois, que le pays a repris une vie normale, avec ses grands rassemblements politiques et festifs. Pas la moindre enquête pour savoir comment les indiens ont combattus l'épidémie. Évidemment, le sujet est tabou. Imaginez que l'épidémie a reculé, mais pas grâce aux vaccins, vu qu'une faible partie seulement de la population est vaccinée.

Sur l'Inde tout est à l'avenant. Un grand article pour dénoncer les mines de charbon, mais rien sur les champs d'éoliennes dans les plaines semi désertiques ou le champ de panneaux solaires qui fournit la totalité de l'énergie de l'aéroport de Cochin, tout en étant placé à hauteur suffisante pour que le terrain soit utilisé par des maraîchers. Bref, l'image d'un pays arriéré peuplé de fanatiques religieux, convient très bien, mais pas celle d'une population mobilisée pour ses droits et où l'écologie et la lutte contre le réchauffement climatique est une préoccupation massivement partagée.

Ce biais colonial est partout présent. Comment l'Afrique lutte t elle contre la covid19? Est ce une préoccupation pour les habitants du continent? On n'en saura rien à la lecture de Mediapart. Le seul article écrit sur la covid19 en Afrique est le compte rendu d'une étude menée par les docteurs de MSF! On nous annonce que l'épidémie frappe les Antilles, mais on ne nous annonce pas sa fin. Les peuples antillais n'ont pas confiance aux vaccins transgéniques, ils se révoltent contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale et le ciel ne leur tombe pas sur la tête, mais les gendarmes français et le GIGN oui. On pourrait leur donner la parole sur les questions qui les mobilisent? C'est délicat. On ne va pas pouvoir les traiter de fascistes.

Bien évidemment, ce qui aura sauté aux yeux de tous les lecteurs, c'est le parti pris en faveur de la politique sanitaire du gouvernement face à l'épidémie. Le journal est devenu un des pires instrument propagandiste de la doxa officielle et de l'obligation vaccinale. Bon, c'est sa ligne éditoriale me direz vous. L'ennui c'est qu'il n'y a pas de débat. Toutes les informations gênantes sont ignorées. Résultat, si on veut être informé sur l'épidémie, il faut aller chercher l'information ailleurs. On en vient inévitablement à se demander à quoi sert de lire Mediapart? D'accord, il y a Martine Orange, Romaric Godin, Jade Lindgaard et quelques autres. Il y a aussi le Club où on peut trouver plein d'analyses passionnantes sur l'épidémie précisément. 

Et patatrac, voilà que la censure s'invite au Club!

Un journal participatif, qui défend la liberté d'expression, l'indépendance de la presse, offre à ses abonnés un espace de libre débat, le Club précisément où les billets n'engagent que leurs auteurs, se met brutalement à censurer les billets qui s'opposent à sa ligne éditoriale sur la politique sanitaire. Sans explication. Peu importe les protestations, la censure continue à frapper. Une censure d'opinion, mais aussi d'information et c'est le pire.

Rester abonné dans ces conditions, c'est se faire complice d'une farce. Mais, il reste que les échanges sur le Club, malgré la censure sont précieux et souvent amicaux. On y fait de précieuses connaissances épistolaires que l'on regretterait d'abandonner.

J'en étais là de mes réflexions, quand survient la Une du réveillon de Noël.

Mediapart fait très fort dans le choix des titres mis en avant. 

Le continent africain largement frappé par le Covid-19

Vaccination et Omicron : nos réponses aux questions majeures qui se posent

À Marseille, on se prépare au tri des patients

Une bonne participation à la campagne de panique menée par le gouvernement pour précipiter les "riens", vers les centres de tests et la troisième dose. Peu importe d'ailleurs si le contenu des articles ne correspond pas à la menace qui émane du titre. Pour le lecteur le choc est assuré. 

Mais ce n'est pas tout. Cerise sur le gâteau nous auront droit à la photo. La photo d'un patient allongé sur un lit de réanimation. Une agression visuelle injustifiable. Cette photo n'apprend rien. Elle vise à faire peur. C'est un choc pour le lecteur et une intrusion obscène dans la vie du patient. J'ai plusieurs fois accompagné des proches dans de telles situations. C'est un traumatisme grave pour les malades, pour leurs familles et pour les soignants. On n'utilise pas ce genre de document au service d'une campagne publicitaire pour les vaccins transgéniques. C'est une manoeuvre indigne.

Je ne regarde jamais les infos à la télé, parce que je sais que le choc des images bloquent la réflexion. La raison a besoin du calme des passions pour s'exercer librement. La photo d'un patient en réanimation, c'est un choc qui au moins un court instant engendre la peur. Face à l'image les mots sont impuissants. Le mal est fait. La peur est là. Certes la majorité des patients en réanimation ou en soins intensifs ne sont pas là à cause de la covid19, mais c'est la même peur que distille ce spectacle.

J'ai donc décidé de me protéger de ce type d'agression. J'ai résilié mon abonnement qui court jusqu'au 5 janvier.

Je le regrette pour ceux avec qui nous avions construit des affinités intellectuelles. Je leur souhaite bon courage. 

Le combat continue.

Hasta la victoria siempre!

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