Démasquer la cohérence de la stratégie sanitaire du gouvernement face à la covid19

On a décliné les étapes de la stratégie gouvernementale, comme autant d'erreurs, d'insuffisances, voire d'impuissances, en négligeant de décrypter la logique implacable qui la structure.

L'épidémie de covid 19 marquera qu'on le veuille ou non un tournant dans l'histoire des sociétés contemporaines. Peut-être pas à cause du nombre de morts, mais certainement à cause du choc symbolique provoqué dans une grande partie de l'humanité et des tournants (ir)réversibles engagés au cours de la gestion de l'épidémie. 

Le pape François a parfaitement raison de dire:

« Lorsque nous sortirons de cette pandémie, nous ne pourrons pas continuer à faire ce que nous faisions, et comme nous le faisions. Non, tout sera différent »,

« Des grandes épreuves de l’humanité, parmi lesquelles cette pandémie, nous ressortirons meilleurs ou pires. Ce n’est pas la même chose. Je vous le demande: comment voulez-vous en sortir? Meilleurs ou pires? »

Comprendre la stratégie de l'ennemi est donc un enjeu essentiel, car tout indique que Macron et son gouvernement vont continuer dans la même voie. Derrière les mensonges et les flots de propagande grossière, il faut reconstruire ce qui a été leur fil conducteur. Et leur premier objectif n'était certainement pas de sauver la vie du plus grand nombre!

J'en veux pour preuves les faits suivants:

Le gouvernement n'a rien fait pour protéger le pays de l'arrivée de l'épidémie, comme cela a pu être fait avec succès au Vietnam ou au Kérala, voire au Maroc, où les passagers des vols internationaux ont rapidement été contrôlés, mis en quarantaine, puis les vols interdits. En France, ce n'a jamais été le cas. Ports, aéroports, frontières ouvertes sans contrôle sanitaire. Les frontières ont été fermées aux étrangers à l'UE, alors que les pays les plus touchés appartenaient précisément à l'UE! Les zones les  plus atteintes dont la RP n'ont jamais été isolées, comme se fût le cas en Chine ou en Corée. L'annonce du confinement a été l'occasion d'un grand déménagement à travers tout le pays. Et bien sûr, l'organisation des élections municipales a boosté la contamination provoquant un pic de mortalité au début du mois d'avril, au moment où on expliquait que le port du masque était dangereux et alors qu'on interdisait aux pharmaciens d'en vendre. Les travailleurs essentiels à la vie de la société, pendant le confinement n'ont jamais été protégés, payant un lourd tribut eux et leurs familles à la covid19. Tout a été fait, consciemment ou non, pour que la contagion se répande. 

Derrière cette agitation irresponsable, il y a une théorie, celle de l'immunité collective. Une théorie qui ne repose sur aucune base scientifique, mais qui est simplement du darwinisme social.

Ce darwinisme social s'est révélé dans toute son horreur avec le sort qui a été fait aux patients des EHPAD. Il eut été parfaitement possible et nécessaire de les protéger prioritairement de la contagion. Ce qui voulait dire tester les personnels qui y travaillent, les équiper de masques, protections...Mobiliser des médecins pour soigner les patients et pas les abandonner au doliprane. Plus généralement, il a été lourdement suggéré que les personnes âgées étaient les seules menacées et qu'après tout, un peu plus tôt, un peu plus tard...un discours dans la ligne idéologique de l'offensive contre les retraites.

Tout au long de l'épidémie, le mantra du gouvernement est IL N'Y A PAS DE TRAITEMENT CONTRE LA COVID 19

Évidemment cette affirmation heurte de  plein fouet la tradition médicale, symbolisée par le serment d'Hippocrate, de tout faire pour soigner les malades. En réalité, elle s'est traduite par une politique concrète, TOUT FAIRE POUR EMPÊCHER LES MÉDECINS DE SOIGNER LES MALADES avant l'étape ultime de la maladie. Les recommandations officielles que l'on peut lire partout sont 

1° téléphoner à votre médecin

2° rester chez vous avec du doliprane

3° si la pneumonie atteint vos capacités respiratoires, alors appelez le 15

Et à l'hôpital cette politique continue ,en mettant un maximum d'obstacle à l'utilisation du traitement appliqué avec succès par l'IHU Méditerranée à Marseille. Donc, la médecine de ville est interdite d'exercice et la médecine hospitalière mise sous contrôle.

Pendant ce temps rien n'est fait pour avoir une vue claire de l'évolution du virus. Pas de tests, excepté à Marseille où 135 000 tests sont effectués d'abord à l'IHU Méditerranée, puis peu à peu dans toute la ville (23 postes) et dans la plupart des communes du département. L'exemple qui prouve que c'était possible, mais cette politique de tests massifs  a été volontairement écartée par le gouvernement dans la phase 3 de l'épidémie.

En fait, le seul objectif sanitaire suivi et atteint par le gouvernement aura été d'éviter que les capacités de réanimation des hôpitaux publics, particulièrement ceux de l'AP-HP, ne soient trop ouvertement débordées. On a donc transformé tout ce qui était possible en salle de réanimation en paralysant l'activité normale du secteur hospitalier. On a épuisé les soignants sans leur fournir les équipements de protection nécessaires transformant ainsi les hôpitaux à leur tour en foyers de l'épidémie. Et lorsque l'épidémie a paru échappé à tout contrôle, le gouvernement s'est résolu au confinement, cette mesure médiévale, aussi stressante qu'inefficace, mais qui a eu pour le pouvoir l'immense avantage de mettre son bras policier au centre du dispositif, tout en culpabilisant l'ensemble de la population. On ne sait pas combien de personne sont atteintes par le virus, mais on sait combien de contraventions ont été dressés. L'arbitraire policier confine à l'absurde, mais c'est justement sa qualité d'être arbitraire. Arbitraire, mais de classe. 400 000 parisiens s'en vont sans problème avec leur 4X4 passer le confinement en vacances dans leurs résidences secondaires, mais si 4 jeunes viennent prendre l'air le soir au pied de leur cité, vous savez ce qui se passe! 

AVEC L'ÉTAT D'URGENCE SANITAIRE, ON A FRANCHI UN PAS DE PLUS DANS LE TOTALITARISME, AU SENS PROPRE.

Avec StopCovid on avance dans le contrôle des populations, alors que le prétexte sanitaire est des plus minces. Mais, il y a bien une stratégie sanitaire derrière ce déploiement d'autoritarisme. C'est la stratégie des grands laboratoires. Plus exactement, c'est la conviction parfaitement idéologique, mais soutenu par un jeu de solides intérêts personnels, que la solution à l'épidémie appartient aux grands laboratoires. Alors que l'ensemble du pays pense que la santé doit échapper à la loi du marché, le gouvernement lui fait confiance à la loi du marché pour combattre l'épidémie. Tout le prouve, jusqu'au vote en commission des affaires sociales où les députés LREM rejettent la constitution d'un pôle public du médicament. 

Or pour les laboratoires, les bons médicaments sont ceux qui rapportent gros. Donc, le premier objectif c'est le vaccin et pas le soin. Parce qu'un vaccin, surtout s'il est rendu obligatoire et s'il faut recommencer chaque année, c'est un revenu considérable assuré avec l'immense avantage pour les politiques de réduction des dépenses publiques qu'il n'y a pas besoin d'hôpitaux et de médecins pour vacciner. On peut même l'imposer aux pharmaciens! Dés son premier discours Macron affirme sa foi dans le vaccin. Certains ont cru voir une contradiction, voire une inconséquence dans le fait que l'état ne s'était pas investit directement dans la recherche d'un vaccin. Mais puisqu'on vous dit que ces gens là croient au libre marché et même au marché mondial. Alors, que SANOFI traficote prioritairement aux USA et que GILEAD fasse un tabac au CAC 40, c'est un gage de bonne gouvernance et d'attractivité de la France. Ce que les laboratoires attendent de l'état c'est qu'il subventionne les recherches de brevets privés, qu'il simplifie les processus d'autorisations et de contrôle, puis qu'il rende les vaccins obligatoires. 

Pour les médicaments, les laboratoires se concentrent sur les médicaments chers et réservés aux cas graves. Ce qui permet d'essayer de refourguer toute la quincaillerie Remdésivir, Tocilizumab, Kaletra...ces petits bijoux de la biogénétiques qui n'ont jamais fait leur preuve, mais sait-on jamais à titre compassionnel, personne ne viendra demandé des comptes, sauf les actionnaires bien sûr.

 

On comprend pourquoi, les médecins qui comme ceux de l'IHU Méditerranée à Marseille soignent les malades, tous les malades, au moment même de l'épidémie sont un obstacle à balayer prioritairement. D'autant plus que le traitement appliqué à Marseille donne des résultats bien visibles. La comparaison entre les résultats obtenus par le protocole mis en place dans la cité phocéenne et le naufrage national, est à elle seule un acte d'accusation implacable contre la politique gouvernementale.

Car, c'est quand même la première leçon. La stratégie mise en place par le gouvernement français est la plus couteuse en vies humaines de tous les pays de la planète, si on regarde le ratio entre le nombre de morts et le nombre de cas avérés de la maladie. Et ce sinistre résultat, alors qu'une meilleure solution existait, qu'elle a été mise au point dans une institution publique prestigieuse qui a servi d'inspiration à un certain nombre de pays et de médecins dans le monde qui s'en trouvent bien.

Il ne faut pas chercher plus loin, l'acharnement à dénoncer puis à interdire l'usage de l'Hydroxychloroquine, comme médicament dangereux. Affirmation tellement invraisemblable qu'il a fallu s'appuyer sur une escroquerie publiée par The Lancet en interrompant la poursuite de toutes les autres études. L'autre caractéristique de cette mauvaise campagne de propagande, c'est de s'être centrée contre la personne du Pr Raoult alors que ce qui nous importe c'est le traitement. Un vieux truc stalinien. Centré le débat sur une attaque personnelle permet d'éviter le débat sur le sujet qui fâche, à savoir la stratégie face à la covid 19.

Que cette opération de propagande grossière ait été menée au nom de la science, en est le premier paradoxe. La méthode expérimentale voudrait que l'on commence à examiner les résultats pratiques du travail de l'IHU Méditerranée à Marseille. Mais les accusateurs par un tour qui ne doit rien au débat scientifique mais tout aux méthodes d'un procureur, somment les médecins marseillais de prouver "scientifiquement" que c'est bien eux qui ont guéri les malades. On ne peut pas les accuser sérieusement d'avoir tué leurs patients avec l'hydroxychloroquine, vu le faible nombre de décès. On les accuse donc d'avoir choisi des malades en bonne santé et fort capables de guérir tout seul!

Le deuxième paradoxe, c'est la facilité avec laquelle les media se sont embarqués dans cette opération de propagande. L'absence de culture scientifique de la plupart des journalistes ne suffit pas à tout expliquer. Le conformisme moutonnier du milieu, la paresse intellectuelle, la peur de se dresser contre le pouvoir médical ont grandement contribué à grossir le flot de "fausses nouvelles" venu renforcé le discours officiel. Le problème étant que grâce à internet, énormément de documents scientifiques sont immédiatement accessibles. L'anglais de laboratoire est compréhensible par beaucoup d'internautes et il ne manque pas de spécialistes, de statisticien.ne.s,  de mathématicien.ne.s, de médecins, de biologistes, chimistes, physicien.ne.s, sociologues, théoricien.ne.s des sciences...qui ont suffisamment d'esprit critique pour informer et alerter les lecteurs. Résultat, une nouvelle perte de crédibilité des media qui va durablement les fragiliser dans la concurrence avec les réseaux sociaux.

Pour que nous sortions meilleurs de cette épreuve selon le voeux du pape François, pour que nous soyons capables collectivement de changer l'avenir, il faut commencer par tirer toutes les leçons de ce que nous venons de vivre.

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