La «grandeur» de la France

Voici un texte écrit quelques jours après les premiers heurts entre les gilets jaunes et les policiers. Ce n'est pas un texte révolutionnaire ou faisant l'apologie de la violence... c'est plutôt une ode à nos valeurs oubliées.

Au milieu d'un champs de ruines... Des palettes en feu, des barricades aux accents révolutionnaires, l'immobilisme tragi-comique d'un pantin, le brouillard lacrymal de charges inconsidérées et les éructations de soldats jaunes. Un champs de ruines que la grandeur de la France qui s'étale dans tous les discours, qui justifie toutes les politiques, qu'on serine comme une vieille rengaine, qu'on appelle de tous nos voeux comme si elle avait à jamais disparu. Cette grandeur de la France qui la fait "rayonner" aux 4 coins de la planète, cette grandeur de la France qui déborde nos frontières, dégoulinant de relents colonialistes et de réussites économiques, de génocides ethniques et de pillages souterrains. La grandeur de la France... ce n'est pas ça!


C'est le germe d'un espoir de changement qu'elle a semé dans les coeurs de peuples du monde entier. C'est le vent de la révolte et la possibilité d'un renversement de l'ordre établi. C'est une révolution qui a jeté les bases d'une égalité des chances et des pouvoirs. C'est un partage, une fraternité dans la douleur comme dans la liesse. C'est une main tendue à tous les déshérités de la Terre, c'est un soutien à tous ceux en quête d'un idéal social et d'humanité.


La grandeur de la France, c'est cette ouverture au monde, cette acceptation des différences et des oppositions, cette tolérance et cette liberté d'expression, de sentiments et de vie. C'est l'acceptation sans jugement du grand capharnaüm de l'humanité. C'est un concept humaniste et égalitaire, une envie cardiaque de partage et de tolérance.


Il ne s'agit pas de pouvoir d'achat. Il s'agit de pouvoir vivre.
Il ne s'agit pas de taxes. Il s'agit de redistribution.
Il ne s'agit pas de gilets jaunes. Il s'agit d'hommes.

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