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Billet de blog 9 nov. 2008

La première puissance mondiale saura-t-elle se trouver une nouvelle politique étrangère multilatérale?

L'élection de Barack Obama laisse entrevoir un revirement de la politique étrangère américaine suite aux huit années de présidence de George W. Bush. Cependant ce revirement ne doit pas occulter la réalité politique interne des Etats-Unis, très présente dans sa projection internationale. De même, le retour d'une grille de lecture des relations internationales similaire au XIXème siècle, faisant sienne la notion de rivalité entre puissances dans un monde multipolaire (Robert Kagan), et refusant les obligations internationales des traités signés au XXème siècle, rivalisera avec le multilatéralisme de la nouvelle équipe de politique étrangère, fortement inspirée par les néo-démocrates, ainsi que les conceptions plus récentes des relations internationales prônées par de nombreux conseillers du nouveau président (acteurs non-étatiques, géoéeconomie, droit environnemental, codification juridique internationale des droits de l'homme et de la gouvernance par le droit, lutte contre les pandémies, etc.). A l'inverse, les crises mondiales du début de XXIème siècle dans les domaines financiers, énergétique, environnemental, et alimentaire, ainsi que la non-participation des Etats-Unis aux efforts internationaux de régulation environnementale et pénale, de construction d'un système international sur la base du multilatéralisme, avec l'aide des puissances émergentes (BRIC+KMS, G20), son retrait des traités anti-missiles balistiques (Traité ABM), les blocages pour la réduction des armes stratégiques (STARTIII), la non ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN / CTBT), et les deux guerres de longue durée qui concentrent toute l'attention des forces armées américaines, créent une pression nationale et mondiale pour une véritable métamorphose de la politique étrangère américaine, à l'image de celle qu'avait du opérer Franklin Roosevelt dans les années 30.

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L'élection de Barack Obama laisse entrevoir un revirement de la politique étrangère américaine suite aux huit années de présidence de George W. Bush. Cependant ce revirement ne doit pas occulter la réalité politique interne des Etats-Unis, très présente dans sa projection internationale. De même, le retour d'une grille de lecture des relations internationales similaire au XIXème siècle, faisant sienne la notion de rivalité entre puissances dans un monde multipolaire (Robert Kagan), et refusant les obligations internationales des traités signés au XXème siècle, rivalisera avec le multilatéralisme de la nouvelle équipe de politique étrangère, fortement inspirée par les néo-démocrates, ainsi que les conceptions plus récentes des relations internationales prônées par de nombreux conseillers du nouveau président (acteurs non-étatiques, géoéeconomie, droit environnemental, codification juridique internationale des droits de l'homme et de la gouvernance par le droit, lutte contre les pandémies, etc.). A l'inverse, les crises mondiales du début de XXIème siècle dans les domaines financiers, énergétique, environnemental, et alimentaire, ainsi que la non-participation des Etats-Unis aux efforts internationaux de régulation environnementale et pénale, de construction d'un système international sur la base du multilatéralisme, avec l'aide des puissances émergentes (BRIC+KMS, G20), son retrait des traités anti-missiles balistiques (Traité ABM), les blocages pour la réduction des armes stratégiques (STARTIII), la non ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN / CTBT), et les deux guerres de longue durée qui concentrent toute l'attention des forces armées américaines, créent une pression nationale et mondiale pour une véritable métamorphose de la politique étrangère américaine, à l'image de celle qu'avait du opérer Franklin Roosevelt dans les années 30.

Les crises sécuritaires mal assumées par l'administration Bush (11 septembre 2001, attaques terroristes mondiales, renforcement post-2003 des talibans et autres cellules de guérilla en Asie et en Afrique, déstabilisation du Pakistan, montée en puissance du Hamas et du Hezbollah, concurrence géostratégique de la Russie, concurrence géoéconomique de la Chine, concurrence régionale de l'ALBA, guerres au Soudan, RDC, Somalie, régime déstructurant en Birmanie, etc.), en parallèle de la Guerre contre le Terrorisme (GWOT), avec des objectifs flous, des moyens inadaptés, et une stratégie militaire qui ne s'encombre pas des réalités politiques sur le terrain (jusqu'au "Surge" en Irak et les efforts diplomatiques européens en Afghanistan) auront contribué à la dégradation de l'ensemble des relations internationales, à l'exception des constructions régionales européennes (UE), africaines (UA), et asiatiques (Asean Plus Trois, OCS). La sous-valorisation de la diplomatie et du Département d'Etat ("Vieille Europe", expansion de l'OTAN, politique turque, politique moyen-orientale, politique latino-américaine, politique chinoise et taïwanaise, politique africaine, politique étrangère en Birmanie, au Zimbabwe, au Soudan, en RDC, à Haïti, etc.) et la (re)nucléarisation des puissances régionales (Corée du Nord, Iran, Inde, Pakistan) auront largement contribué à faire de la présidence de George W. Bush un échec historique. Ses rares succès diplomatiques (dénucléarisation de la Libye, statu quo en Corée du Nord), n'éliminent pas le besoin flagrant de restructuration de la gouvernance mondiale ressenti par tous les acteurs des relations internationales, que la nouvelle administration Obama aura la charge d'effectuer. Voici les principaux facteurs d'analyse de cette nouvelle politique étrangère, continent par continent, intégrant les choix programmatiques du candidat Obama, la strcturation de son équipe de politique étrangère, les réalités géostratégiques sur le terrain, et les politiques suivies par les autres acteurs des relations internationales ces huit dernières années qui risquent de compliquer la tâche de la nouvelle administration.

Ce billet vient clôturer un cycle de sept billets consacrés à la politique étrangère des candidats à l'élection américaine de 2008 (Barack Obama, John McCain, Hillary Clinton, Mitt Romney, John Edwards, Rudolph Giuliani), un billet sur les nouveaux positionnements politiques à trouver post-polarisation, post néodémocratie, et post néoconservatisme, et un billet sur Super Tuesday 2008.

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