ArnaudH
Abonné·e de Mediapart

21 Billets

0 Édition

Billet de blog 31 oct. 2008

Géopolitique et géostratégie d'une puissance mondiale qui se dévoile: la Chine du début du XXIème siècle

Les jeux olympiques de Beijing d'août 2008 auront eu pour objectif de faire rentrer la Chine dans le système international du XXIème siècle en tant que grande puissance partenaire. Cependant, la préparation de l'événement, avec de nombreuses crises régionales et internationales, aura permis de déceler plus facilement les failles géopolitiques actuelles du pays.  De plus, la participation de la Chine à de nombreuses crises externes et internes de manière quasi-simultanée (Corée du Nord, Soudan, Zimbabwe, Tibet, Birmanie, Sichuan, Xinjiang), et les relations diplomatiques évolutives avec ses principaux partenaires (Taïwan, Japon, Russie, Etats-Unis, UE, UA et Unasur), auront transformé la position géostratégique de la Chine au cours du premier semestre 2008.  Dire que cette année est charnière pour la Chine, marquant le début d'une nouvelle ère, avec l'affirmation de la présence d'un géant géopolitique, à l'échelle mondiale, et non plus seulement régionale, n'est donc pas une exagération. Cependant, les actions géopolitiques (au sens large) menées par la Chine actuelle ne peuvent être dissociées de sa longue et complexe histoire. Nombre de réflexes politiques actuels découlent du "géojuridisme intérieur" et de la géoéconomie.

ArnaudH
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les jeux olympiques de Beijing d'août 2008 auront eu pour objectif de faire rentrer la Chine dans le système international du XXIème siècle en tant que grande puissance partenaire. Cependant, la préparation de l'événement, avec de nombreuses crises régionales et internationales, aura permis de déceler plus facilement les failles géopolitiques actuelles du pays.

De plus, la participation de la Chine à de nombreuses crises externes et internes de manière quasi-simultanée (Corée du Nord, Soudan, Zimbabwe, Tibet, Birmanie, Sichuan, Xinjiang), et les relations diplomatiques évolutives avec ses principaux partenaires (Taïwan, Japon, Russie, Etats-Unis, UE, UA et Unasur), auront transformé la position géostratégique de la Chine au cours du premier semestre 2008.

Dire que cette année est charnière pour la Chine, marquant le début d'une nouvelle ère, avec l'affirmation de la présence d'un géant géopolitique, à l'échelle mondiale, et non plus seulement régionale, n'est donc pas une exagération. Cependant, les actions géopolitiques (au sens large) menées par la Chine actuelle ne peuvent être dissociées de sa longue et complexe histoire. Nombre de réflexes politiques actuels découlent du "géojuridisme intérieur" et de la géoéconomie.

Ce billet a pour objectif de décrire les différents niveaux d'analyse géopolitique nécessaires pour comprendre la Chine, qu'il soient nationaux (un pays, cinq systèmes, onze langues, et les crises identitaires), régionaux (avec six zones de tension, une stratégie de gestion des détroits de la région, une diaspora chinoise conséquente dans la sous-région, et un phénomène d'intégration en cours avec l'ASEAN Plus Trois, l'OCS, l'ASEM et l'APEC), et internationaux (les intérêts chinois sont mondiaux et se font sentir dans toutes les crises internationales de ce début de siècle).

Contrairement à une idée répandue, la Chine n'use pas uniquement de son hard power, mais plutôt d'un soft power, dont elle se sert pour élargir son influence mondiale, et s'ouvrir progressivement aux pratiques internationales, en gardant l'option de revenir en arrière sans jamais devoir remettre en cause l'assise du pouvoir politique post-communiste... (en cas de crise, si les occidentaux, les démocrates des zones spéciales, les forces non étatiques des "zones autonomes", et/ou les nouvelles puissances financières du pays la poussent trop loin, ou à l'inverse, si les contre-pouvoirs du parti communiste résistent).

Phénomène de plus en plus visible, la réintégration de la Chine dans le système international (dont son histoire nationale et régionale si particulière l'avaient tenu à l'écart au cours du dernier demi-siècle), remet au devant de la scène sa géopolitique singulière (avec ses composantes géoéconomiques et géojuridiques) et les phénomènes identitaires régionaux (ou nationaux, ethniques, religieux, selon la perspective).

Une analyse détaillée de ces phénomènes permettra de prévoir les multiples évolutions de ce géant géopolitique. La réintégration de ces facteurs dans l'analyse géopolitique intérieure, avec une gestion globale de la question des "nationalités" et des "régions autonomes", sans buter exclusivement sur la question tibétaine, usant des différents acteurs régionaux, permet d'envisager une politique étrangère européenne cohérente envers la Chine, celle d'un partenariat stratégique (dans les domaines de la sécurité régionale, alimentaire, sanitaire, environnementale, énergétique, financière, de l'administration publique et des coopérations en tous genres) et non pas uniquement d'une concurrence stratégique (sécuritaire, commerciale, et monétaire); une politique étrangère européenne faite de hard power et soft power, réalisme et multilatéralisme, et usant pleinement les acteurs étatiques, régionaux, et non-étatiques prônant des réformes (démocratiques, sociales, environnementales et de gestion des minorités) sans déstabilisation de la puissance chinoise, avec toutes les conséquences imprévisibles que cette dernière impliquerait.

La suite ici

Photos de ink3D, myuibe, topgold,

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Élisabeth Borne à Matignon : Macron choisit la facilité
Trois semaines après sa réélection, Emmanuel Macron a décidé de nommer Élisabeth Borne comme première ministre. À défaut d’élan ou de signal politique, le chef de l’État a opté pour un profil loyal, technique et discret, dans la veine de son premier quinquennat.
par Dan Israel et Ilyes Ramdani
Journal — Terrorisme
Le manifeste du tueur de Buffalo précise la menace terroriste d’extrême droite
Payton Gendron, le terroriste d’extrême droite qui a tué dix personnes à Buffalo (États-Unis) le 14 mai, a publié un manifeste qui mérite d’être comparé avec celui de Brenton Tarrant, auteur néo-zélandais de l’attentat de Christchurch. En s’inscrivant dans une continuité historique du suprémacisme blanc meurtrier, il appelle aussi à le prolonger.
par Nicolas Lebourg
Journal
Ultradroite : nos enquêtes
En France, six projets d’attentats attribués à l’ultradroite ont été déjoués depuis 2017.  La professionnalisation de ces groupes, leur facilité à s’armer et les profils hétéroclites des activistes inquiètent les services de renseignements.
par La rédaction de Mediapart
Journal
Le « grand remplacement », idéologie meurtrière
Attribué au principal suspect de l’attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande), un manifeste intitulé « Le grand remplacement », en référence au fantasme d’extrême droite du même nom, dénonce les « invasions étrangères » en Europe, et cite tout particulièrement le cas de la France.
par La rédaction de Mediapart

La sélection du Club

Billet de blog
Le radeau de la Méduse ou le naufrage du vieux monde
[Rediffusion] Les connivences du pouvoir politique et financier aux affaires du vieux monde témoignent chaque jour de leur mépris pour les populations et la démocratie. Partout la nostalgie impérialiste de la domination s'impose comme sauvetage de la mondialisation sauvage. Ne laissons pas le saccage et la peur nous plonger en eaux troubles et relisons plutôt Le radeau de la Méduse du génial Géricault.
par jean noviel
Billet de blog
Migrations environnementales #1 : la sécheresse dans la Corne de l’Afrique
Le manque d’eau pourrait, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), concerner 40 % de la population mondiale avant 2050 et pousser à la migration jusqu’à 700 millions de personnes. Dans la Corne de l'Afrique, le réchauffement climatique entraîne déjà des déplacements de population.
par BPI - Migrants, réfugiés, exilés
Billet de blog
L'UE a dépensé plus de 340 millions d’I.A. pour le contrôle des frontières
Comme l'écrit Statewatch depuis 2007 l'UE a dépensé plus de 340 millions pour la recherche sur les technologies de l’Intelligence Artificielle (I.A.) destinée au contrôle des frontières, des demandeurs d’asile, de l’immigration, alors que la proposition de loi en la matière actuellement en discussion ne fournit pas les sauvegardes contre les emplois dommageables de ces technologies.
par salvatore palidda
Billet de blog
La Méditerranée pour tombeau, pièce journalistique n°1
Changer la compréhension du monde par le partage d’enquêtes sur le terrain. À La Commune CDN d'Aubervilliers, la pièce d'actualité n°17 est aussi la pièce journalistique n°1. Etienne Huver et Jean-Baptiste Renaud ont enquêté sur la route migratoire la plus dangereuse du monde. À l’heure de la solidarité ukrainienne, la Méditerranée n’en finit pas de tuer et nous regardons ailleurs.
par guillaume lasserre