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Le Club de Mediapart dim. 25 sept. 2016 25/9/2016 Dernière édition

J'en ai marre d'être de gauche

Oui, j'en ai marre d'être du côté des vaincus. Eternels. Toujours là à pleurnicher en creusant pourtant leur propre tombe. Créer son malheur pour mieux s'en repaître. Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon dieu pour naître à gauche ? Pourquoi pourquoi ne suis-je pas de droite, fière, victorieuse, arrogante, gagnante ? Non, je suis de gauche ! Je le porte en moi comme un stigmate. Exactement comme on a les yeux bleus ou la peau plutôt noire. Nom de dieu ! Un pataquès rivé à la déprime éternelle. Perdre, toujours. Ici, un homme. Là, une femme. Eh bien, que va faire la gauche ? Voter pour l'homme que Sarkozy va se faire un malin plaisir de ratatiner en 2 temps 3 mouvements. Pourquoi ? Parce qu'un surplus de testostérone en chasse un autre exactement comme un clou chasse l'autre, c'est écrit. Ça doit être génétique: la gauche veut perdre, la gauche doit perdre, c'est son destin. Elle n'existe qu'à ce prix. Ecoutez-là frémir aux malheurs universels, c'est sa sève. Elle a besoin du malheur des autres comme faire valoir. Le monde tout autour peut bien amorcer une révolution, une émancipation vigoureuse, notre gauche française, elle, s'enferre dans son inertie vitale. J'en ai marre d'être de gauche. J'en ai marre de m'acoquiner avec des loosers. J'en ai marre de me mobiliser à gauche pour la gagne et de me fracasser implacablement dans les échecs. Ça fait mal. C'est déprimant. J'en ai marre de ces cadeaux d'anniversaire qu'on me balance aux soirs des 6 mai, et que les années ne soignent plus. J'en ai marre de perdre. J'en ai marre des chipoteries à gauche, ces chipoteries qui tuent la gauche à sa racine. Toujours trop ceci, jamais assez cela. Et celui-là qu'a dit ceci et celle-là qu'a pas fait ça, et toc, anathème, croix sur sa porte, et en avant la droite, et au placard la gauche. Oui, le monde est libéral. Et rien, absolument rien ne pourra entraver cet élan forcené. C'est inscrit dans la génétique humaine. Suffit d'ouvrir les yeux, de s'attarder à regarder, à écouter la globalité de cette rumeur qui gronde. Qui pour proposer un bonheur véritablement autre ? Nobody ! Parce que la politique ne se fait pas précisément avec celui-là ou celle-là, mais sourdement. Elle pousse. Et elle pousse l'humanité inexorablement jusqu'au bord de son abîme.

Wait and see !

J'aurais aimé, simplement, pour cette fois, pour une fois, voir, une femme, de gauche, gagner, enfin, la plus haute place. Quel bonheur pour nous toutes, et quelques autres. Quel sentiment de force aurions-nous eu alors. Une force rendue. Une fierté portée. Le début d'un vrai changement dans nos consciences et nos comportements. Cette sensation qu'enfin quelque chose va, peut, a, changé. Non ! Un coup du destin l'a pourtant placée là, comme un signe, comme un clin d'oeil, comme une invite, comme une chance à saisir dérobée au cours des choses. Mais la gauche va s'appliquer à contrarier ce destin. Elle va voter dimanche pour un mec, et qu'importe qu'il soit flou, il a ce panache viril propre à subjuguer les foules. Un mec porté insidieusement par les médias et ces images qui impriment leurs nécessités aux électeurs, aveuglés et aveugles. En attendant qu'un plus viril encore le ratatine. C'est écrit. La gauche: condamnée aux lamentations éternelles.

Gauche ? Non ! Réacs au final ! Point barre !

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Tous les commentaires
J'ai juste dit plus haut "pas moi" et je me rend conte que ce n'est peutêtre pas très clair, mon commentaire. Je voulais dire : moi j'en ai pas marre d'être de gauche mais par contre j'en ai mare de ceux qui disent représenter la gauche. La gauche c'est pas eux.