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Billet de blog 1 août 2013

Eurobonds : vous n'avez rien compris ? Eh bien nous non plus...

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Article publié pour Génération 112 fin mai 2012

A l'occasion du sommet informel du Conseil européen, le 23 mai dernier, de nombreux commentateurs se sont largement épanchés, avec plus ou moins de succès, sur ce qu'on appelle les "Eurobonds". Enfin selon les personnes, on a surtout entendu parlé de : "Euroboundze, eurobons, eurobondze, zerobonts ou encore des EU Project bonds et même tout simplement d'obligations européennes…

Blague à part, ces différentes dénominations ne nous aident pas à y voir plus clair sur des outils financiers qui figurent parmi les mesures pouvant nous sortir de la crise économico-financière et politique européenne. Voici donc quelques éléments de réflexions. 
EUROBONDS : PANACÉE POUR DOPER LA CROISSANCE? 
Le débat sur l'utilité d'une certaine mutualisation de la dette européenne ne date pas d'hier. A l'image de la mutualisation de la dette américaine au 18ème siècle, peu après l'indépendance des Etats-Unis, la mise en place d'obligations européennes pourraient être à la base d'une véritable union politique tant réclamée par les fédéralistes, mais pas seulement. En effet la définition d'une politique économique cohérente au niveau de l'Union européenne empêcherait les attaques spéculatives du type de celles qui la frappent depuis 2010. Des attaques d'autant plus victorieuses que l'Europe est divisée politiquement et désordonnée dans les réponses à apporter. 
Sans entrer trop dans les détails, pour éviter des attaques spéculatives couteuses, la création d'obligations européennes permettraient de faire en sorte que tous les pays européens financent une partie de leur dette existante au même taux. Si un pays souhaite émettre plus que la limite fixée (vraisemblablement 60% de son PIB), il serait alors obligé d'émettre d'autres obligations à un taux qui serait plus important selon sa crédibilité sur les marchés financiers. 
Reste que les Etats les plus vertueux paient dans une certaine mesure pour les Etats les plus en difficultés. C'est une forme de solidarité financière qui implique, pour un fonctionnement optimal, qu'il n'y ait pas un trop fort écart d'endettement entre les pays. En effet, pour que ce projet soit bien mené, une adaptation de la gouvernance économique de l'Europe s'impose : une meilleure coordination des politiques économiques, une plus grande légitimité démocratique par le renforcement de contre-pouvoirs transparents. 
Si vous souhaitez voir plus concrètement ce que pourrait finalement impliquer la mise en place d'euro-obligations au niveau européens, nous vous proposons de réécouter ce que Jacques Delpa nous expliquait en 2011. 
Au niveau du Parlement européen on attend en la matière le rapport d'initiative de l'Eurodéputée ADLE Sylvie Goulard.
 
LES EU PROJECT BONDS À NE PAS CONFONDRE AVEC LES EUROBONDS 
Les Etats endettés seuls ne peuvent plus grand chose. Il incombe donc à l'Europe, qui n'a pas de dette, de lancer des projets de relance de l'emploi et de la croissances par l'investissement dans des grands projets d'intérêt européen : excellence écologique, infrastructure, recherche, développement rural… C'est l'idée de base qu'il y a derrière la mise en place des "EU project bonds". Ici il ne s'agit pas de mettre en commun la dette existante des pays membres de l'UE, mais que l'Union européenne, par le biais de la Banque Européenne d'Investissement, émettent des obligations européennes pour financer des projets d'intérêt public européen. La mise en place de ces "project bonds" semblent recueillir un consensus favorable. Proposée par la Commissioneuropéenne en février dernier, une phase pilote, avec une émission de "project bonds" à hauteur de 230 millions d’euros, a été lancée en mai. Il s'agit de juger de la faisabilité d'une émission à plus grande échelle entre 2014 et 2020. Les besoins de financement selon les experts s'élèvent environ entre 1,5 à 2 milliards d'euros. 
Pour en savoir plus sur l'importance de la mise en place des EU project bonds. Nous vous conseillons d’écouter  l’interview que nous avons eu avec Nick Jennet, Head of New Product and special transaction department, à la Banque Européenne d’Investissement, en novembre dernier. 

Arezki Yaïche

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