Les records de pollution enregistrés depuis 2018

Des constatations quotidiennes aux études scientifiques, tout le monde s'accorde sur l’urgence du dérèglement climatique et la nécessité de rétablir un équilibre écologique. Malgré cela, nous avons enregistré de nouveaux records de pollutions depuis 2018 sur toute la planète, preuve qu'aucun changement réel n'est mis en oeuvre pour renverser la balance.

Déchets humains présents sur de nombreuses plages d'Océanie.

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Quelle planète pour nos enfants depuis les « marches du climat du 24 mai 2019 » ?

Dans toutes les grandes villes du monde se sont déroulés, vendredi 24 mai 2019, des rassemblements pour le climat. Ces rassemblements, qui ont commencés en septembre 2018, ont pour but de protester contre le manque d’implication des pouvoirs publics sur le sujet de la détérioration climatique. C’est d’ailleurs en octobre que le GIEG (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) a émis un rapport indiquant qu’un réchauffement de +1,5°C serait catastrophique pour notre planète.

Record de fonte des glaciers, des catastrophes naturelles et humaines, des hausses des températures : notre génération assiste impuissante à la destruction de notre propre règne. 

Des Températures Inédites

L’OMM, (Organisation Météorologique Mondiale), affirme que ces dernières années battent tous les records enregistrés depuis 1850 à l’échelle de la planète. 

  • En 2018, notre planète a répertorié 77 tristes records mensuels de chaleur.  Au Moyen-Orient, à Qurayyat, la température est restée supérieure à 41,9°C pendant plus de 48 heures. C’est le plus gros pic de température enregistré à ce jour.
  • Durant la période d’avril 2018 à mars 2019, l’OMM a enregistré la période des douze mois les plus chauds. Sur terre, mars 2019 fut le second mois le plus chaud après mars 2016. Nous avons pu observer de nombreux cas de sècheresse notamment en Australie où les températures furent extrêmement élevées.
  • Pour ce qui est de la France, c’est aussi en 2018 que les températures moyennes ont été les plus élevées.   Relevée à 13,9°C sur la moyenne de l’année, elle se situe à +1,4°C de la moyenne 1981-2010. Cette différence peut sembler infime mais elle impacte considérablement notre écosystème. Cette situation a également été enregistrée dans divers pays européens.
  • En France la température moyenne annuelle à augmenter de 1,4 °C depuis 1900. Bien entendu, cette tendance est exponentielle sur les dix dernières années. 
  • Malgré ces tristes records, c’est en 2019 qu’est apparue l’événement le plus inquiétant. Les pôles se sont vu supporter des chaleurs très inhabituelles. En mai 2019, la Russie a enregistré des températures supérieures aux 30 °C. En Arctique, à Koynas, des scientifiques ont relevé un pique de température à 31,2 °C.

Une perte très rapide de nos glaciers

Chercheurs en quête de mesures équipés contre le froid.

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  • En 2019, au Groenland, la fonte de la calotte glaciaire a débuté un mois plus tôt que les années précédentes. 
  • Depuis les 40 dernières années, c’est en 2019 que la banquise de l’Arctique fut la plus petite au mois d’avril. Ci-dessous, voici l’évolution de la surface des glaces de l’Arctique:
    • 14,54 millions de km² en 2015.
    • 13,69 millions de km² en 2017.
    • 13,42 millions de km² en 2019.
  • Une situation identique en Antarctique : d’une surface de 5,468 millions de km² au 1er janvier 2019 (été dans l’hémisphère Sud), la banquise n’avait jamais été si peu étendue. 
  • Ces dix dernières années, les glaces du Groenland se sont vu fondre 4 fois plus rapidement que les années précédentes. Ainsi 111 km³ de glace ont fondu en 2003, pour 428 km³ en 2013. Autrefois, c’était la calotte glaciaire principale, constituée d’eau douce gelée, qui fondait, en commençant par le nord-ouest et le sud-est du Groenland. Aujourd’hui, la fonte touche même le sud-ouest du Groenland. 
  • Toutes ces fontes ont des conséquences. Le dégel pourrait augmenter fortement les émissions de gaz à effet de serre. En effet, de nombreuses plantes et animaux anciens, gelés dans la toundra, pourraient se dégeler et se décomposer en libérant des gaz à effet de serre. (Carbone organique).
  • Une inévitable montée des eaux. Les glaciers se sont vu perdre plus de 9.000 milliards de tonnes de glace depuis 1961. (Revue : Nature). Cela a provoqué une hausse d’environ 27 millimètres du niveau de la mer pour la même période. Bien-sûr cette perte de masse des glaciers s’est accélérée au cours des 30 dernières années. Nous constatons actuellement une perte de 335 milliards de tonnes de glace par an.
  • L’International Centre for Integrated Mountain Development, a édité un rapport le 4 février 2019, annonçant que deux tiers des glaciers de l’Hiindou Kouch et de l’Himalaya pourraient disparaître avant la fin du siècle.

Un CO2 en croissance exponentielle

Étant à son maximum dans l’atmosphère depuis trois millions d’années, le CO2 est à l’origine de tous ces dérèglements.  Il contribue au réchauffement climatique et amplifie les rayonnements du soleil en les renvoyant sous forme de chaleur.

  • C’est le 11 mai 2019 que le taux de CO2 (415,26 ppm) a battu tous les records. Ces chiffres alarmants sont étroitement liés à la révolution industrielle générale. 
  • En 2018, les émissions à l’échelle mondiale ont augmenté de plus de 2,7 %. L’Asie, la Chine et l’Inde, mais aussi les États-Unis sont les plus gros émetteurs de CO2. L’Europe, quant à elle, a diminué ses émissions de 0 ,7 % en 2018. 

Des catastrophes naturelles liées aux dérèglements climatiques ?

Incendies de Californie de 2018

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Ces dernières années, nous avons étés les témoins des cataclysmes les plus violents. S’il est compliqué de prouver que ces cataclysmes sont les résultats du dérèglement climatique, nous constatons que les événements extrêmes se multiplient et s’intensifient.

  • En 2018, les Etats Unis ont connus de nombreux incendies notamment la Californie. Provoquant au moins 88 décès, le « Camp Fire » a été le feu de forêt le plus meurtrier des États-Unis. 
  • Nous avons également connus de nombreux ouragans et typhons qui se sont abattus sur les États-Unis, les Caraïbes et l’Amérique centrale fin 2018. Le typhon Mangkhut a tué au moins 81 personnes aux Philippines. 
  • En mars 2019, le cyclone Idai a dévasté Beira, la seconde ville du Mozambique. Détruite à 90 %, selon la Croix-Rouge, le bilan humain dépasse le millier de morts. Amnesty International fait le lien direct avec les « effets du changement climatique qui s’intensifient » et alerte à la communauté internationale sur le sujet climatique. 
  • En France, nous sommes principalement sujet aux inondations.  C’est dans l’Aude, les 15 et 16 octobre 2018, que 15 personnes ont perdus la vie suite aux crues de nombreux cours d’eau.

Les gouvernements et les médias sont en décalage complet avec l'urgence et l’impact de la crise écologique. Informer, sensibiliser et alerter sur cet enjeu est primordial. Pour cela, nos mœurs et habitudes doivent être revus mais également tout notre enseignement pour garantir un avenir serein à notre planète face à cette crise environnementale et sociale. Ensemble, tout devient possible !

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