Un ex putschiste peut-il s’empêcher de faire un coup d’état contre la constitution ?

La Hcc a une opportunité de se refaire une réputation en restant simplement dans le domaine du droit et faire respecter l’esprit de la constitution.

A peine installé, après des élections controversées, Rajoelina est déjà rattrapé par ses vieux démons. Alors qu’il avait déclaré lors de sa campagne que la modification de la constitution n’est pas sa priorité, il s’est passé trois mois pour qu’il désavoue ses propres paroles. Ce reniement suffit à décrire la personnalité de l’individu, indécis et versatile, inapte à endosser les habits de chef d’état. Cette démarche est révélatrice de ses envies inavouées, mais progressivement assumées, à vouloir régner sans partage et montrer que la tenue d’une promesse de campagne vaut bien une violation de la constitution. Aucune loi ne peut lui tenir tête fusse-t-elle fondamentale, car il est l’incarnation du pouvoir. Il est le pouvoir. 

Dès lors, il faut comprendre les raisons de cette politique spectacle avec sa propre mise en scène, entouré de sa famille, tout en se construisant une image de monarque, accompagné par une cour dévouée à sa personne.

A l’usage, ce pouvoir dépense beaucoup d’énergie à communiquer et s’époumone à justifier ce brusque empressement à modifier la constitution, comme si le pays devait céder aux caprices d’un enfant gâté, insatisfait de légiférer par ordonnance,  et qui veut montrer sa toute puissance en donnant le coup de grâce au sénat, qu’il avait promis de supprimer.

Mais la fin ne justifie pas tous les moyens. La Hcc a une opportunité de se refaire une réputation en restant simplement dans le domaine du droit et faire respecter l’esprit de la constitution. La Ceni pourra enfin invoquer  justement son incapacité à gérer matériellement et financièrement dans la précipitation une telle consultation.

Et l’opinion est pendue aux lèvres de ces représentants de la C.I. et non moins partenaires financiers dans cet exercice anti-démocratique auquel ils seront appelés à soutenir.

A part cela, la lutte contre l’insécurité, la pauvreté, la corruption reste en plan. Donc, jusqu’ici tout va bien…

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