Attentats terroristes à Paris: Français, faisons le serment de rester unis

En ce moment difficile pour tous, il va de soi que nos pensées vont tout d'abord aux familles qui traversent un moment de deuil mais également aux forces de l'ordre de la République qui ont dû se démener dans la cacophonie la plus généralisée d'hier soir.

En ce moment difficile pour tous, il va de soi que nos pensées vont tout d'abord aux familles qui traversent un moment de deuil mais également aux forces de l'ordre de la République qui ont dû se démener dans la cacophonie la plus généralisée d'hier soir. Au lendemain de cet évènement, des éléments divergents mais qui tracent toujours un constat plus grave : plus de 120 morts, plus d'une centaine de personnes blessées, une prise d'otage horrifiante.

Cela rappel la terriblement longue journée du 9 janvier, journée noire pour Paris et Vincennes. C'est donc une deuxième journée de la même nature qui s'est profilée à Paris. Ces assassinats et prise d'otage sont choquantes et à l'heure où j'écris ces quelques lignes, les événements ne sont pas encore fixes. Chaque minutes les nouvelles tombent et les chiffres évoluent, les faits se précisent sans savoir ce qu'il en est réellement et comment il est possible de tracer une ligne d'analyse de tout cela.

Patience et prière

Ma réponse à ces attaques d'une extraordinaire violence dans une ville comme Paris se limite en deux mots : la prière pour les familles des personnes ayant laissé leurs vies et pour les personnes actuellement sur le terrain à affronter cette situation horrible mais également la patience. J'attends afin de ne pas commettre l'erreur d'une analyse précipitée. J'attends pour ne pas porter atteinte au deuil que l'on doit déjà aux familles ayant perdu des êtres chers.

Nous pensons en effet au courage qu'elles doivent avoir pour voir défiler toutes ces images sur les chaînes de télévision et les réseaux sociaux sans pouvoir rappeler leurs proches. Mais je maintiens que je serais debout pour elles, à prier afin qu'elle puisse passer cette étape difficile sans porter de la rancoeur dans leurs âmes, mais bien de l'amour pour l'Humanité encore et toujours.

Nous avons déjà dû subir en janvier des attaques ayant traumatisé notre pays. Suite à cela, nous avons voulu placer la France sous l'angle de la protection de tout Français, sans distinction de couleur de peau, d'origine ou de religion. Nous avons refusé vigoureusement les amalgames et avons tenté de lutter, jour après jour, pour contrer les racourcis intellectuels, les extrémismes qui profitent toujours de racourcis intellectuels pour établir leurs terreaux. Continuons donc dans cette dynamique. Disons-nous, les uns et les autres, en tant que Français, que nous pouvons nous sourire tous les matins, que nous n'avons pas eu peur de cette attaque.

Disons que les terroristes ont échoué à leurs missions à double titre : ils n'ont pas réussi à semer la terreur et la discorde et ils n'ont pas pu être à même de rendre la France faible. Certes, nous avons subi un choc, mais il nous a permis de sortir plus fort. Plus fort dans notre volonté commune de combattre le terrorisme et non une religion, dans notre volonté commune de combattre les extrémismes et non les courants modérés de notre société. C'est cette volonté commune qui sera réaffirmée dans notre combat pour l'unité nationale.

Favoriser notre unité

Ne laissons pas la France tomber à genoux face à des attaques aussi grossières qui visent justement à mettre à mal notre tolérance globale. Ne laissons pas ces fusillades et cette prise d'otage complètement changé notre doctrine de l'Humanité et de la compréhension. Bien évidemment, réprimons les responsables autant que faire ce peut. Jugeons-les autant que faire ce peut.

Remettons également en question l'ensemble de nos positionnements dans le monde et posons-nous la question de l'avenir que nous souhaitons donner à nos générations. Mais ne laissons pas notre nation entière pâtir des méandres de la division. Ne laissons pas naître ne serait-ce qu'une suspicions les uns vis-à-vis des autres. Nourrissons-nous de notre amour réciproque et non de notre haine. Favorisons un bonté, rencontrons-nous, échangeons. Plus que jamais, nous avons besoin de discuter entre nous. Plus que jamais, nous avons besoin d'avoir un discours uni entre nous pour combattre frontalement le terrorisme qui nous fait face.

En somme, en tant que citoyen de la République Française, restons unis, même dans la douleur.

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