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Billet de blog 26 juin 2016

Vélorution, Expulsion, Rétention

4 Solidaires contre les frontières enfermés au CRA de Nice suite à l'expulsion d'une ancienne douane occupée

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Liberté pour Andrea, Arturo, Rafael et Vincenzo en rétention administrative à la caserne Auvare de Nice.

Samedi 18 juin, après que la CRITICAL MASS/VELORUTION ait été bloquée pendant des heures sur la frontière par la police italienne, les manifestants ont libéré l’ex-douane française de la vallée de la Roya avec l’intention d’en faire un espace de rencontre des luttes. L’édifice,  précisément situé à 100 m de la frontière franco-italienne sur la  nationale Cuneo col de Tende Vintimille, a une haute valeur symbolique : il incarnait la violence du nationalisme et la ségrégation entre les peuples. Nous avons voulu en inverser le signe.

L’occupation provient de la convergence réussie de la lutte contre la dévastation du territoire et de la qualité de vie que le doublement du tunnel du col de Tende amènera inévitablement, et la lutte contre la frontière, qui s’oppose depuis un an aux rejets, rafles et déportations, au racisme. Nous avions décidé de marcher ensemble, contre leur monde.

Hier matin, la douane libérée a été expulsée par quatre camions des forces anti-émeute de la gendarmerie. Huit camarades étaient dans le bâtiment. Trois camarades français ont été identifiés et relâchés, pendant que cinq camarades ont été emmenés au commissariat de la PAF (Police aux frontières) à Menton.

Après avoir été retenus pendant dix heures, interrogés et fouillés, quatre d’entre eux ont été amenés au CRA (Centre de rétention administrative) de Nice, pendant qu’une camarade a été expulsée directement en Italie. Tous ont reçu une interdiction de territoire français pendant un an. La volonté des autorités est claire : empêcher la rencontre et la contagion des luttes. Diviser pour mieux régner. Un espace d’organisation transnational pour agir conjointement contre la destruction de l’environnement, la marchandisation des vies et la privation de la liberté de mouvement ne pouvait que faire peur. La douane libérée était un lieu dangereux parce qu’il constituait la tentative d’opposer à la logique de la division, des frontières et du contrôle, celle de l’auto-organisation et de l’autogestion, de la convergence des luttes. Une zone à défendre pour tisser des relations sociales que le pouvoir voudrait désagréger et fragmenter, une ZAD pour lutter ensemble, un nouveau pas pour abattre ces frontières dessinées par le pouvoir et habiter de nouveaux espaces de liberté.

La criminalisation constante et le contrôle des migrant(e)s ne regardent pas seulement ceux qui sont sans papiers mais aussi tous ceux qui luttent chaque jour avec détermination contre les frontières et le système qui les maintient. La lutte pour la liberté concerne aujourd’hui plus que jamais toutes et tous. Les mesures prises contre les camarades italiens signalent aussi la tentative claire de diviser une communauté en lutte. Le Val de Suse enseigne que le jeu du pouvoir est de séparer les bons et les méchants, réprimer, comme le montrent les dernières mesures prises contre 23 personnes, qui continuent à s’organiser avec persévérance et détermination. Comme dans la vallée, nous ne nous ferons pas arrêter, diviser. Nous continuerons à lutter ensemble.

Aujourd’hui à 18h30 et comme tous les jours jusqu’à leur libération, nous serons sous les fenêtres du CRA de Nice pour saluer nos camarades.

Nous invitons tous les solidaires à exprimer proximité et solidarité avec les détenus de Nice et les personnes sans papiers, rejetées, emprisonnées et déportées.

RDV 18H30 devant la caserne Auvare, Centre de rétention administrative de Nice, 28 Rue de Roquebillière/rue maréchal Vauban, tous les jours jusqu’à leur libération.

Liberté de mouvement pour toutes et tous !
On part et on revient ensemble !
                                                                             

Solidaires et complices avec ceux qui luttent pour la liberté

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