"Récoltes et semailles"

Un mathématicien nous parle de la création

Ce billet juste pour vous faire découvrir ce texte d'un génie mathématique, parlant de la création.

Le passage est tiré de l'introduction de "récoltes et semailles" que l'on peut trouver ici, dans son tapuscrit d'origine.

Ce qui me renvoie à d'autres billets, laissés ici et là concernant la pensée mythique...

Où, pour ceux qui suivent, nous retrouvons le mythe d'Aristophane dans le Banquet, dont je parle également en boucle...

maths © Grothendieck maths © Grothendieck

Impossible de faire un commentaire sur ce billet, aussi en suis-je réduit à le modifier, ce qui va l'alourdir. Désolé.

En poursuivant ma lecture du texte de Grothendieck, je tombe sur ceci:

maths-3 maths-3

J’en fais l’analyse suivante, avec les outils que j’ai développés et exposés ici et ailleurs :

1/ Dans une première phase, l’espérance d’une solution à un problème, lorsque l’on tourne en rond, que l’on tente des hypothèses, qu’elles "foirent", que l’on revient en arrière pour en tenter une autre, le "chercheur" si bien nommé, est, par rapport à un discours en construction, en position "ex ante". Comme le gestionnaire fait un "bilan prévisionnel" dans la même position.

Dans cette position, il y a bien à l’œuvre l’automatisme de répétition avec, également, une certaine "occupation du terrain". On tourne autour de l’idée ; on fait une cartographie du terrain inconnu, avec des règles de recollement pour produire un atlas. Bref, le discours "connote" l’idée qui s’échappe, de même que le récit mythique n’en finit pas de tourner autour d’un symbole impossible à figer dans le discours. Le symbole se repérant précisément par la place qu’il occupe dans le discours, quand la valeur des images qui le dépeignent change d’un conteur à l’autre.

2/ Ensuite, il passe au travail de ceux qui, une fois les nouvelles notions développées, accouchées, peuvent s’en emparer pour en exprimer tout le jus. Ils sont en position ex-post, et construisent des théorèmes à l’aide des nouveaux outils. J’aime beaucoup "d’arides et vaines exhibitions de poids et haltères cérébraux"… À croire qu’il échangeait sur les blogs Mediapart avant l’heure. Bref, oui, il y a là quelque chose de plus macho, plus simple : comme une chasse à courre sur un gibier déjà repéré.

Comme j’ai dû vous en parler, l’opposition yin/yang n’est pas dialectique, sur un seul niveau de discours, comme une dispute (au sens où l’entendaient les anciens), mais se complique d’une différence l’attitude et de point de vue.

3/ Mais Grothendieck n’aborde pas le point de jouissance, où les deux se mêlent pour déterminer cet instant où l’idée vient à éclore, cet instant où Archimède sortant du bain (Archimède, pas DSK) s’écrit "eurêka". Instant où le chercheur bascule d’une position ex ante à une position ex post. Mécanisme qui rappelle la façon qu'a notre cerveau de former un souvenir (mémoire épisodique), comme point de nouage entre un état intérieur et une information extérieure.

Grothendieck a écrit par ailleurs sur le Yin et le Yang, et même commenté les rapports entre Jung et Freud, il faudra que j’y aille voir un jour.

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