Tunisie : le réseau Lam Echaml réagit fort

La société civile par Lam Echaml ou « Réseau des Associations Citoyennes » tient à se manifester. La Tunisie, chouchou des Français dans le Maghreb a été durement frappée à deux reprises en trois mois : 59 touristes étrangers y ont péri (21 au musée du Bardo près de Tunis en mars, 38 à Sousse le 26 juin dernier).

La société civile par Lam Echaml ou « Réseau des Associations Citoyennes » tient à se manifester. La Tunisie, chouchou des Français dans le Maghreb a été durement frappée à deux reprises en trois mois : 59 touristes étrangers y ont péri (21 au musée du Bardo près de Tunis en mars, 38 à Sousse le 26 juin dernier).

A présent après l’arrestation de suspects, on établit des liens entre les deux massacres revendiqués par l’Etat Islamique. On sait que l’épicentre  de cette mouvance djihadiste se situe en Lybie, la voisine libérée sans réflexion approfondie de l’horrible tyran avec notre aide philosophique d’abord puis surtout militaire. Passons.

 Etat d’urgence huit jours après l‘attentat

Le président Béji Caïd Essebsi s’est adressé dimanche au peuple tunisien pour lui annoncer qu’il décrétait l’état d’urgence instauré en 2011 puis plusieurs fois levé et rétabli et encore levé en 2014. Le premier ministre Habib Essid reconnaît qu’il y a eu des « défaillances sécuritaires » auxquels certains ajoutent des défaillances politiques.

A Sousse, l’assassin a pu déambuler avec sa kalachnikov pendant une demi-heure avant que la police ne l’abatte. Les premières sanctions sont tombées par la révocation de hauts fonctionnaires comme le gouverneur de Sousse et des gradés de la police; mais l’état heureusement d’urgence implique des dispositions plus draconiennes pour une durée d’un mois, renouvelable.

Les pouvoirs de la police secondée par l’armée sont étendus (pouvoirs d’exception), le nombre des agents est sensiblement augmenté surtout bien sûr sur les lieux touristiques, la stratégie des djihadistes consistant à détruire la ressource principale du pays afin de créer le chaos favorable à leur cause insensée.

 

La société civile ne reste pas muette  grâce à Lam Echaml

 

On trouvera ici le communiqué de ce Réseau des Associations Citoyennes (sens du sigle) présentes dans tout le pays.  
On connaît en France et particulièrement à Strasbourg son président Moncef Ben Slimane qu’on voit périodiquement au Conseil de l’Europe lors du Forum Mondial de la Démocratie ou aux rencontres de l’ALDA (Association of Local Democracy Agencies). 

 « Bon sang ne saurait mentir » : Moncef est le fils d’un illustre Tunisien, le Dr Slimane ben Slimane qui pendant ses études à Paris avait participé dès 1931 avec son ami Bourghiba  à la Ligue Française des Droits de l’Homme avant de rejoindre le Neodestour, une fois installé comme ophtalmologue à Tunis. Progressiste donc nationaliste-anticolonialiste, il eut un destin très mouvementé.

Ce réseau dont nous signalons le site regroupe des militants très hétéroclites de tous les âges, de toutes les conditions sociales, des deux sexes avec une forte représention des femmes dont certaines portent librement le hijab qui ne les empêche pas de sourire. Belle organisation ! Chapeau M. Slimane !

Voici le communiqué qui dit tout sans langue de bois : Lam_Echlam.pdf

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