Attention caricatures! A l'est rien de nouveau...

Pas optimiste depuis longtemps, notre « Charlie, toutes sessions parlementaires » du Conseil de l’Europe, à Strasbourg. Qu’on en juge à travers les tableaux satiriques de cet ancien caricaturiste de la presse géorgienne, contraint à l’exil, Chota Leladzé. Il est loin d’être le seul à douter.

Les discours c’est pour l’hémicycle. La protestation c’est dehors. (Inside /outside) 

Peintre reconnu et humoriste affligé et rageur,  Shota Laladzé y croit à ce foutu Conseil de l’Europe. Pour rien au monde, il ne manquerait une session de l’Assemblée parlementaire. A sa manière, il y occupe un  espace désormais acquis, pour exposer ces peintures satiriques, dans la contre-allée de l’avenue du Palais de l’Europe  à Strasbourg.

Géorgien résidant en France depuis 20 ans, désormais  français, sa cible préférée, c’est Poutine et ses sbires.

L’histoire de la Géorgie dépecée oblige.

On y est encore ! çà a marché…..

Et çà continue. De tsar, charge obsolète inaccessible dans son essence, le maître du Kremlin s’est fait le champion de l’orthodoxie religieuse. Une fois de plus, en instrumentalisant la religion, il rêve d’un empire… orthodoxe. Serbie et Grèce comprises ? Et çà continue. Fou ? Pas plus que d’autres présents sur la scène internationale et presque légitime, pour le moment encore dans le peuple russe auquel il a su redonner sa fierté perdue du temps d’ Eltsine. Shota ou Chota Laladzé le sait et, mieux, il le sent.

Voyons une petite salve de kalachnikov à encre, comme chez « Charlie ».

 

 Ah le bon vieux temps ! Et l’orthodoxie enfin restituée.

Voyons un peu chez la voisine.

 

Elle est récalcitrante bien que russophone. Ah ces Boches !

 

Nous avons pourtant des arguments…Non ?   De moins en moins ?

 

Mais nous avons les moyens….et des bottes de sept lieues pour occuper l’espace de l’ancien empire.


Sur plainte, sans doute des Russes en poste à Strasbourg, ce tableau satirique a été saisi par notre police (apologie du nazisme ? Jugez) L’auteur, aussi doux que l’était Cabu, menotté et conduit au commissariat. La Cour d’Appel a dû rétablir le sens et rendre le tableau, d’ailleurs détérioré, à son auteur. Nous y reviendrons.

Minsk n’est donc pas terminé. On dit que la solution est politique. Certes, sans oublier que « la guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens » ( Clausewitz). Reste un espoir : celui de voir Poutine perdre sa popularité au prix de la souffrance de tout un peuple estimable et capable de se rebeller voire de se révolter. Alors  faut-il encore durcir les sanctions ? Apparemment la crise économique se diffuse à travers l’aire d’influence de la Fédération de Russie. Comme disait le président Hollande : « A chacun de prendre ses responsabilités ». Lourd, lourd…

Reconnaissons que l’Europe des 28 comme celle des 47 a été nulle, nulle de chez nulle comme disent nos jeunes à court de superlatifs  plus puissants. 

Au Conseil de l’Europe, temple de la démocratie, les 18 parlementaires russes se sont faits gronder, tirer les oreilles et même, on a osé les priver du droit de vote tant qu’ils occuperaient la Crimée et qu’ils soutiendraient aussi clairement la rébellion. Heureusement il reste des caricaturistes comme Shota Leladzé, diplomé de l’Académie des Beaux-Arts de Tbilissi pour «  gueuler » du dehors, sans qu’on l’entende.

Promettre l’Otan à l’Ukraine en plus de l’adhésion à Union, interdire la langue russe à des russophones UKRAINIENS, témoignent d’un sens picaresque des relations internationales. On attend la suite de la suite et ainsi de suite, en comptant les morts de la guerre d’abord et ceux de la faim pour finir. Au cœur de l’Europe !

 

Antoine Spohr

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.