Bioéthique:les mêmes questions partout

A la mondialisation des problèmes de l’ « l’humain » répondront des solutions peut-être identiques à terme mais très différées, peut-être tragiquement décalées dans les sociétés et sur la planète. Il reste encore de grands espaces pudiquement dits « en voie de développement ». Etats généraux en France, Forum européen à Strasbourg, Vigilance et propositions soutenues du Conseil de l'Europe,

 

 

Bioéthique : Les mêmes questions partout.

A Paris pour la France, à Strasbourg pour l’Europe et, en permanence, au CdE  pour l’Humanité?

 Des dépenses incommensurables d'argent et des mobilisations de belles intelligences dans de beaux projets pour qui?

Ou pire, si on en croit le brillant professeur Nisand qui, emporté par l’élan d’un succès confortable et mérité du Forum de Strasbourg et avec l’enthousiasme du savant, s’amuse un peu en nous affirmant  que « tous les débats d’aujourd’hui feront rire nos descendants. ». Dans un avenir lointain nous entrerions dans la légende globale, dans la mythologie. Même l’avenir serait déjà une légende. Cela rappelle une chanson de Louis Arti.

Si ici on peut en rire, là il en est sûrement qui se videront par leurs larmes. A moins qu’on ne pleure plus !
Déjà, aujourd’hui une hiérarchie géographique s’installe entre l’appréciation des extraordinaires avancées de la science et les conditions de leur mise en œuvre.

En effet un aréopage de doctes spécialistes présente, explique et projette, devant un public très intéressé et, disons le, d’un bon niveau, le fruit de ses recherches et leurs applications possibles .

Alors, à quand un forum mondial, forcément réaliste ? En attendant soutenons ce qui se fait sous nos yeux et cieux même si on reconnaît, avec l’éminent président du Forum que « le progrès scientifique n’est pas toujours un progrès pour l’homme »

 

En France les Etats Généraux de la Bioéthique

se tiennent depuis jeudi dernier avec la mission de nourrir une préparation concertée par les citoyens et des experts d’une nouvelle loi de bioéthique sensée faire l’objet d’une révision tous les 7 ans au moins pour tenir compte des avancées de la science ( loi de 2011).On y est !

.Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) avait été créé le 23 février 1983 sous le premier mandat du président Mitterrand, pour les sciences de la vie ( bio) et de la santé. C’était le premier organisme officiel de ce genre au monde.

Depuis de nombreuses lois ou décrets ont règlementé ces questions au rythme de l’évolution rapide des connaissances en biologie, une science qui implique quasiment toutes les autres. Les citoyens sont invités à participer comme les médecins et experts mais aussi les associations à la collecte. Le parlement au bout de quelques mois légiférera à partir des données recueillies.

Alors se pose la question : quid du travail fait à Strasbourg depuis 8 ans aux Forum Européen de Bioéthique ? Une synthèse a-t-elle été prise en compte ?Le sera-t-elle en cette circonstance ?

Le président du CCNE, Jean-François Delfraissy, chef- opérateur au niveau national, cheville ouvrière à Paris, fait partie des intervenants à Strasbourg dans la rubrique-atelier- conférence :« La politique et la liberté reproductive des citoyens ». Y aura-t-il osmose entre les travaux des deux organisations ? Mieux, les Etats Généraux pourront-ils profiter des réflexions portées par le forum, à titre non institutionnel comme tout citoyen ? Forcément !

En tout cas nous l’y rencontrerons.

Capture d_écran 2018-01-20 à 21.15.36Le Forum Européen de Bioéthique de Strasbourg.

 « Produire ou se reproduire », sous ce titre le FEBS, le huitième depuis sa création en 2010 opérera à partir du 30 janvier et jusqu’au 4 février et pourrait donc cette fois profiter aux travaux nationaux pour apporter un éclairage supplémentaire à une préoccupation largement partagée en Europe et qui le sera, très vite, sur toute la planète puisque elle concerne l’humanité.

La plupart des grands sujets sont traités mais on y ajoute un regard moins strictement biotechnologique en y incluant des films comme par exemple « La guerre du feu » de J.J Annaud ou « La piel que habito »de Pedro Almodovar et d’autres . En outre, un thème intéressera particulièrement les férus de littérature sous le titre de «  Les romanciers face à la filiation ». Les représentants des religions auront bien sûr droit à la parole sous «  Culture, religion et reproduction ».

Il faut aller simplement consulter le site du Forum sous :http://www.forumeuropeendebioethique.eu pour tout savoir.

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La contribution permanente du Conseil de l’Europe (CDE).

Il serait foncièrement injuste d’oublier en raison de la présence redoublée des acteurs présentés ci-dessus en raison de l’actualité, tout le travail permanentqu’assure le Conseil de l’Europe sur la bioéthique.

Ainsi rappelons que les 24 et25 octobre 2017 on a célébré à Strasbourg le 20eanniversaire de la Convention sur les Droits de l’homme et la Biomédecine diteConvention d’Oviedo (1997) sous la présidence tchèque du Comité des ministres.

Voici le communiqué :

« L’objectif de cette conférence était notamment d’analyser la pertinence de cet instrument international de référence à la lumière des développements dans le domaine biomédical et les perspectives en vue de la définition des éléments d’un « plan d’action stratégique» pour les travaux du Comité de Bioéthique (DH-BIO) au cours du biennium 2018-2019 et éventuellement audelà. A cette fin, l’évolution des pratiques et les développements scientifiques et technologiques dans le domaine biomédical étaient examinés, ainsi que les principes conventionnels en jeu et les éventuels problèmes soulevés, en vue d’identifier les domaines d’action potentiels. » C’est clair.

 Recherche biologique : résultats et problèmes moraux.

Voilà bien le sens de la bioéthique. On dit bien « éthique » et là il ne s’agit pas d’une science dite « hard » mais plutôt d’une donnée «  soft », protéiforme et donc très délicate.

Le 20 décembre 1988 une loi dite ( Huriet) tendait en France à protéger les personnes sur le plan de la recherche biomédicale plus particulièrement sur l’expérimentation des médicaments sur les humains. Cela n’empêchera pas d’entendre encore la rengaine accusatrice «  Oh ces soins là, ils (ils ?) les font pour faire des expériences » ou « on est leurs cobayes » Pas vrai ? Et pas que Madame Michu !Des docteurs « folamour » dans les hôpitaux et les laboratoires ! Le film de Kubrik est classé comme humoristique aux USA. C’est dire…

Ici les sujets et les débats sont sérieux et souvent sources d’espérances impatientes.

Rappelons les plus récurrents : don d’organes et de gamètes, PMA et GPA, les limites de la génétique, fin de vie et sédation profonde, le big data et les risque de la collecte des données…et tant d’autres que nous tenterons de suivre dans une édition à venir et qui requiert des contributeurs. Avant c'est moi, maintenant ce serait nous.

Antoine Spohr.

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