Réfugiés en Allemagne. Petit dommage collatéral.

SOS pour une école bilingue transfrontalière en danger ou effets secondaires peu fréquents

Qui volera d’urgence au secours d’un projet accueilli en 2013 avec un enthousiasme sincère sur les deux rives du Rhin et aujourd’hui en grand danger, faute de moyens matériels et humains ?

 

Une école ABCM « Association pour le Bilinguisme en Classe dès la Maternelle. Zweisprachigkeit. » a vu le jour à Kappel-Grafenhausen, commune de 5000 âmes quasiment transfrontalière, avec la bénédiction unanime des autorités territoriales alsaciennes comme celles du Bade-Wurtemberg, pour offrir à des élèves français comme à leurs voisins allemands la possibilité d’apprendre puis d’étudier ensemble dans les deux langues pratiquées strictement à égalité. « Grandir ensemble avec deux langues maternelles » n’est pas considéré comme une utopie même si l’une peut être ici ou là préférée à l’autre évidemment. Vraisemblablement les parents qui y inscrivent leurs enfants sont-ils eux-mêmes plus ou moins bilingues.

Pour en connaître la genèse, les écoles, le principe, la pédagogie…vous pouvez disposer ici d’un site très complet :

http://www.abcmzwei.eu/abcm-zweisprachigkeit/

 

Une préoccupation politique répandue.

 

Des deux côtés de la frontière, on sait et on ne cesse de le répéter : le bilinguisme est une nécessité non seulement de plaisir ou de confort mais aussi économique.

On ne répétera  donc que laconiquement les propos ressassés par les économistes, les sociologues, experts de tout poil et goulûment repris par les  élus territoriaux, de la commune à la Région.

Oui, on sait que le taux de natalité en Allemagne est nettement inférieur à celui de la France qui en fait la championne d’Europe…dans ce domaine et ce depuis longtemps. Oui, on sait que la résultante en est une dépression démographique d’un côté  et une haute pression de l’autre donc des flux (comme pour le vent) vers l’Est. Oui, on sait que le chômage est bien plus fort chez nous. Il vient encore de gagner 0,7% dans le Bas-Rhin en décembre.

Pour combler ce gap (écart) d’emplois entre les deux régions, on sait aussi ou alors feint-on de le savoir qu’il faut être en mesure d’aller travailler de l’autre côté. Cette démonstration récurrente, pour une évidence : mieux vaut être bilingue et bien formé.

 Qui doit faire alors ce que l’éducation nationale n’est pas toujours en état d’assumer ni pour la langue ni pour les métiers (apprentissage) ? Nos enseignants  et responsables académiques n’y sont pour rien car nous sommes dans un pays centralisé et ne pouvons qu’espérer que les nouvelles régions auront un réel pouvoir sur la création d’emplois, comme le  réclame Philippe Richert désormais président de l’Association des Régions de France, sorte d’interface possible avec le gouvernement. Connaissant bien « le transfrontalier », il sera d’un précieux secours dans notre affaire. Chiche !

 

Victime induite par les flux de réfugiés.

 

En pays de Bade-Wurtemberg une « Ersatzschule », -école alternative- doit, pour bénéficier des subventions et aides du Land, employer des enseignants dont la qualification est officiellement reconnue.

Or une enseignante a démissionné pour rejoindre une école traditionnelle où elle est mieux rétribuée. S’il fut un temps où les enseignants étaient à la recherche d’emplois, ce temps est révolu pour des raisons de démographie spécifique mais aussi parce que l’afflux de réfugiés et les dispositions prises pour leur intégration  requièrent des centaines d’enseignants pour assurer 400 heures d’enseignement de la langue et 60 heures d’Histoire de l’Allemagne et du contexte  international. On a recours massivement aux retraités. Exemplaire cette Allemagne là !

En tout cas il faut sauver l’ABCM Zweisprachrigeschule. Bonne chance de secours aux dirigeants de cette association, auprès des  dits Institutionnels, des associations, des Fondations, des sociétés privées pour lesquelles le bilinguisme est un atout, à moins qu’elles considèrent cyniquement que le chômage est une aubaine, et des particuliers bien sûr. Que veut dire solidarité ?

Les coordonnées sont sur le site indiqué plus haut.

Antoine Spohr.

 

 

 

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