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Billet de blog 28 nov. 2012

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ST-ART 2012 ne connaît pas vraiment la crise!

Peut-être grâce à son éclectisme, la seizième foire d’art contemporain de Strasbourg (St-art) tient le coup « parce  qu’elle le vaut bien ». Sont présentes une centaine de galeries, les 2/3 venues de toute le France, une douzaine d’Allemagne et le reste de toute l’Europe. Ajoutons y un zeste sud-coréen et un autre japonais.

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Peut-être grâce à son éclectisme, la seizième foire d’art contemporain de Strasbourg (St-art) tient le coup « parce  qu’elle le vaut bien ». Sont présentes une centaine de galeries, les 2/3 venues de toute le France, une douzaine d’Allemagne et le reste de toute l’Europe. Ajoutons y un zeste sud-coréen et un autre japonais.

Près de 30000 visiteurs ont fait de cette seizième édition  la première foire en France, hors de Paris( FIAC). Toutefois, on est loin de Art-Basel ( Bâle) qui draine, à cent kilomètres à vol d’oiseau de la capitale alsacienne à peine, les professionnels du monde entier, ceux surtout en mesure d’ aligner une série impressionnante de zéros. Francs suisses, dollars ou euros, peu importe. C’est autre chose, une autre catégorie. Destinée aux pros !

Ici la fourchette est de 1000 à 10000 euros avec de rares pics vers les 100.000. A côté d’œuvres de grande taille, les galeristes offrent aussi des tableaux de format «  domestique », à des prix très raisonnables, accessibles.

Art contemporain, vraiment ?

Que recouvre le concept ? S’il ne s’agissait que de dater l’œuvre, ce serait simple.

Ainsi une galerie affiche sur un pan de son espace «  Abstraits des années 50 » : l’interface entre Art Moderne et Art Contemporain, c’est l’avis de ce galeriste parisien qui vient à St-art depuis 12 ans et qui considère que les Picasso, Dali, Miro …n’ont plus à y paraître pas plus qu’à la Fiac de Paris d’ailleurs.

Déjà loin aussi le temps des Poliakov, Estève ou Estienne, tous ceux de la Nouvelle école de Paris ? L’avant-garde est-elle déjà passée au stade suivant ? Dans cette veine, la galerie parisienne Arnoux honore particulièrement un des ses fidèles, Wadyslaw Lopuszniak disparu en 1995 à 91 ans.

Cela date déjà pour certains mais cela reste beau et peut rendre nostalgique aussi.

Le surréalisme pourtant demeure partout mais, dispersé, confus ou diffus, à faible ou forte dose dans des œuvres hybrides, déraisonnables, insolites, libres. Souvent dans l’Art Brut.

C’est le cas à la galerie Ritsch-Fisch qui a aménagé habilement son espace en antre, en « cabinet des Curiosités ou Wuderkammer » et montre des œuvres de ces eaux -là qui ne peuvent laisser insensibles même si elles provoquent parfois un réflexe de recul (photo ci-contre).  Etrange, secouant mais beau encore !

On ne pourra pas dire que, par exemple, Denis Jully ( Galerie Brûlée ) est un avant-gardiste à moins que le retour au figuratif traditionnel soit le prochain stade qui se profile à l’horizon...Sûrement pas ou alors sous d’autres formes composites et avec des techniques  mixtes, très mixtes. Comme dans la mode vestimentaire ?

Ses sujets eux sont pourtant avant-gardistes ou prophétiques car il peint un monde qu’il voit à son stade ultime tel qu’on l’imagine dans le roman de Mac Carthy «  La route ». Très beau . (photo ci-contre)

On ne le dira pas davantage de Yves Siffer, sans doute un des meilleurs sinon le meilleur des peintres sous verre, dans cette discipline qui se perd car elle est effroyablement difficile, exigeant une habileté, une dextérité d’horloger, l’ordre des opérations étant inversé ( Galerie Pascale Froessel). Après un période  «  de dévoiement conceptuel », cet artiste si délicat est revenu à des sujets plus conventionnels comme la mémoire du patrimoine industriel. Cette technique rend le résultat inégalable ( photo ci-contre), un peu à la Hopper qui profiterait des effets particuliers du verre. Superbe !

Bien sûr, on trouve dans la plupart des galeries qui ont pignon sur rue, quelques pièces d’ artistes plus connus comme Combas( beaucoup)…mais aussi Olivier Debré et même une superbe descente de croix de Fujita…petite certes mais  curieusement « exposée-cachée » dans une galerie fort bien achalandée pourtant. ( 25000 Euros : on me dit que c’est une affaire unique).

Mais aussi de la « spiritualité » ou des choses de l’esprit

Peintre New-Yorkais devenu germanopratin, sans snobisme, H. Graig Hanna, 44 ans, a confié à Laurence Esnol Gallery ( Paris) une théorie de 42 portraits en tête, très soignés. On lit sur ces têtes le résultat de l’introspection des sujets, souvent aux yeux clos ou mi-clos sur eux-mêmes. Coup double en quelque sorte ! Psychanalistes ou psychiatres, regardez bien ! Très réussi, exceptionnel et indiscutable ! (photo: ci-dessus)

Le coup de cœur ira tout de même à Philhelm. Pour l’originalité de son travail minutieux et sa recherche inlassable et passionnée. Il expose dans la Galerie Noor Arts, (Arts de la Lumière, me dit-on) à coté  d’œuvres de l’art aborigène « qui a pour langue l’Harmonie …..entre Ciel et Terre ». Donc  une interrogation sur  des racines très anciennes, les mythes tout simplement.

Tentation de l’ésotérisme ? Un peu, il faut le dire, mais un art complet qui allie la palette et le pinceau du peintre talentueux  et la production d’une œuvre qui se veut pédagogique et même initiatique.

C’est le cas  pour l’«Apocalypse» (photo ci-contre). A propos de Philhelm, on a parlé de Tanguy et de Léger et même de manga. On peut. Mais, après le premier regard réjoui par la seule beauté, on est entraîné plus loin, dans le temps passé comme dans celui à venir. L’apocalypse de St Jean contraint à une recherche du sens, une initiation sur un chemin balisé certes, mais dans un jeu sérieux.

C’est le tableau accaparant par excellence mais il en est d’autres tel que la «  La lettre d’amour » qui prétend raconter toute une histoire amoureuse qui finit mal dans un premier temps, la suite étant à imaginer. L’originalité là encore réside dans une recherche purement sémiologique…pour faire entendre des choses jamais écrites…cryptograhiques. Cela valait le détour.

Très, très étonnant et beau.

Un bilan satisfaisant.

Une foire ( St-Art) réussie pour les uns, en demi-teinte pour les grincheux. Bon an, mal an, St-Art se fraye sa place parmi les Grandes même si sa voisine de Bâle bénéficie d’un rayonnement mondial. Tant mieux puisqu’on reste dans la grande métropole trinationale du Rhin Supérieur. Les voisins allemands sont de plus en plus présents avec des galeries de très haute qualité. Les visiteurs d’Outre-Rhin, les Allemands  comme les Suisses ou les quasi voisins Luxembourgeois sont peut-être des acheteurs privilégiés.

Un petit regret cependant, exprimé par de nombreux fidèles: pourquoi l’ambition de devenir la foire spécialisée dans l’Art du Verre a-t-elle été aussi mal poursuivie (trois galeries seulement cette année). Question de prix et corollaire de la crise?

 Antoine Spohr

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