Retraites: Berger exige des "assurances" avant de discuter financement.

En amont de la conférence de financement de la réforme des retraites qui s'ouvrira jeudi matin au Conseil économique, social et  environnemental (CESE), le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a exigé mercredi des "assurances" du gouvernement sur la prise en compte de certaines revendications sociales, notamment sur la reconnaissance des critères de "pénibilité".

 © William Stevens © William Stevens

 Lors de la conférence de presse de la CFDT du mercredi 29 janvier,  Laurent Berger a souligné la nécessité d'incorporer au projet de réforme des retraites des éléments de "justice social" face à "l'extrême fragilité du pays" et à un "sentiment de défiance" face au gouvernement.

La CFDT a illustré sa volonté de justice sociale au travers d'une quarantaine d'amendements que le syndicat proposera aux députés, dans le cadre du débat du projet de loi qui débutera le 3 février.

Parmi ces amendements, la CFDT propose un "minimum de pension" solidaire, dont le montant sera supérieur à mille euros, mais également celle d'une " majoration forfaitaire" de la pension accordée pour chaque enfant, de l'ordre de 5% pour le premier et de 17% au troisième enfant, et non calculée sur la rémunération. Une mesure qui permettrait selon le syndicat de "mieux circonscrire le risque que cette bonification soit affectée au père, dont la rémunération est souvent la plus élevée" et de promouvoir une égalité homme-femme face aux régimes de retraite.

Enfin, le syndicat a évoqué la nécessité d'une "liberté de choix" qui viserait à faciliter une retraite plus progressive des salariés, ainsi que des systèmes de retraite plus autonomes. Des mesures "nécessaires pour dépasser les simples déclarations d'intention et renouer la confiance" selon la CFDT.

Laurent Berger a par ailleurs souligné la nécessité de faire reconnaitre les critères de pénibilité de certaines professions par le gouvernement. Ainsi, la CFDT exige la prise en compte de 10 facteurs de pénibilité, dont 4 avaient été exclus en 2017, comprenant des risques ergonomiques (manutentions manuelle de charge, postures pénibles, vibrations mécaniques) ainsi que des risques chimiques.

A ce titre, le syndicaliste a appelé le gouvernement à prendre en considération l'évolution du monde professionnel afin de "consolider les systèmes collectifs" et de "mieux comprendre les parcours professionnels individuels", notamment sur des questions de la pénibilité du travail ou encore de l'impact de la parentalité partagé sur les femmes. 

Le secrétaire général de la CFDT est également revenu sur le coût des 12 milliards prévu dans le cadre du financement de la réforme, sur lequel il exige que le gouvernement fasse "la transparence financière la plus totale", de même que sur les chiffres cités dans son étude d'impact, afin de "permettre un diagnostic partagé, une capacité d'expertise indépendante, une évaluation claire de chaque mesure et de chaque proposition". 

Enfin, Laurent Berger a affirmé que le compromis atteint par le gouvernement lors de la conférence de financement de demain "ne doit pas reposer sur une demande d'efforts des salariés" afin de ne pas faire porter la charge du financement que sur les travailleurs, et au travers d'une seule mesure - l'âge d'équilibre".

La CFDT a assuré qu'elle préconisera "un cocktail de mesure afin de mettre tout le monde face à ses responsabilités, y compris les employeurs publics et privés, avec comme seul prisme d'évaluation des solutions, la garantie apportée aux citoyens sur la pérennité du système de retraite, la justice sociale et l'intérêt général".

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