L'ALGERIE ET SA CONSTITUTION :ASSEZ DE MEPRIS !

Membre du comité de soutien européen à la réélection du président Bouteflika en 2004, sous la houlette de mon ami défunt Madjid Bentchikou , industriel de son état, ce fut pour moi un engagement moral , physique et écrit , en contribution à l'engouement général pour un DEUXIEME mandat électif . La démarche officielle et l'action partisane de chacun d'entre nous étaient toutefois limitées par le champ d'application d'une Constitution qu'il fallait respecter , bien qu'un peu vieillotte dans ses autres aspects . Mais la Constitution EST la Constitution , définie comme texte fondamental régissant la quotidienneté des concitoyens et la pérennité des institutions, à tous les niveaux organiques de l'Etat et des différents pouvoirs . Bien sûr , que le texte a besoin d'un toilettage profond et radical , pour extirper de son corps , l'ensemble des paramètres ayant servi de références aux malheurs algériens d'aujourd'hui. Mais il ne s'agit point ,non plus de se vêtir d'un beau costume pour prétendre à une certaine élégance : le texte constitutionnel est flou par essence , puisqu'il prévoit des articles "vrais" et ...leurs contraires . Pour exemple , il est impossible de faire cohabiter les 3 articles contradictoires (174, 175 et 176) qui autorisent , au choix, un président de la République à saisir les deux Chambres OU le Peuple , par référendum ! Il est clair que le premier choix nous conduit ,inévitablement, vers un 3° mandat , en violation flagrante de la loi fondamentale . Mais c'était prévisible , d'autant que la voie ,dans cette direction, fut inaugurée le jour où le pouvoir politique initia PAR et POUR les députés et les sénateurs , une augmentation généralisée et substancielle de leurs émoluments ... C'est du mépris , doublé d'une arrogance vis-à-vis des millions de citoyens misérables qui croupissent dans les bidonvilles ceinturant la capitale et les grandes villes du pays . -Il en est vis-à-vis des enseignants mal ou pas payés depuis des lustres . -Il en est vis-à-vis de ces médecins et autres diplomés universitaires qui, à défaut de compter parmi les harragas ,activent dans des emplois subalternes. -Il en est vis-à-vis de ceux qui perçoivent l'équivalent d'à peine,100 euros mensuellement ! En 2008, l'Algérie a certes besoin d'une nouvelle Constitution qui tienne compte des nouvelles émergences : politiques, économiques ,identitaires, culturelles. Entre autres , le fait " arabisant" ne tient plus et le Berbère , comme langue nationale ne suffit plus. Par ailleurs , pour assurer une véritable démocratie , l'Etat doit être moins jacobin , plus décentralisé ,afin que les centres réels de décision soient plus proches de la base pyramidale . L'Algérie ne peut être un BEYLICAT coupé du pays profond . Dans ces conditions , nous pouvons dire OUI pour un NOUVEAU mandat ; OUI pour une AUTRE constitution ; NON pour un 3° mandat . Le président algérien pourrait bien s'inspirer de celui qu'il cite très souvent comme modèle : Thomas Jefferson , qui regagna sa propriété au terme de deux mandats à la tête de l'Amérique . Il donna l'exemple d'une démocratie ,peut être un peu agressive à l'extérieur , mais qui perdure à ce jour dans le respect strict d'un Constitution , dont il fut un de ses rédacteurs .

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