La mère originaire

A Clavreul 1er nov 2006
« Volver » ou de la jouissance Autre
Résumé
Le mythe fondateur de la horde primitive créé par Freud est censé aboutir à une régulation de la jouissance phallique du point de vue de l’affirmation du mythe. Le meurtre du père, d’après Freud, concerne essentiellement des hommes : ce sont des fils qui tuent et mangent le père afin de s’emparer de sa puissance. Les femmes sont objets d’échange et ne deviennent accessibles aux hommes de la horde qu’après ce meurtre. La place du père restera alors vide car quiconque l’occupera mettra sa vie en péril.
Si Jacques Lacan invente la théorie du Signifiant c’est pour continuer le mythe du père de la horde primitive laissé comme lettre morte par Freud. Cet au-delà du plaisir ouvre désormais la question de la jouissance comme interdite, quelque chose qui ne cesserait pas de se dire… S‘il est nécessaire de re-créer chaque fois le meurtre du père de l’origine pour aboutir à son interdiction et faire loi, afin qu’une civilisation soit possible, que s’agirait-il de retrouver ?
Introduction
Je me suis appuyée sur la mise en scène clinique « Volver » que nous expose Almodovar afin de développer un concept, celui de jouissance introduit et développé par les psychanalystes S. Freud et J. Lacan. Volver, signifie en espagnol « revenir, retourner » que je traduirai ici par « retour du refoulé ». Ce qui laisse en suspens la question de ce qui fait retour ou plus précisément, de la nature de ce qui est refoulé.
Synopsis :
Une jeune fille, Paula, tue son père qui tente de la violer. Sa mère mais aussi sa demi-sœur, Raimunda, camouflera le meurtre… La mère de Raimunda, Irène, cache le double meurtre commis dans le passé, se faisant passer pour morte. Malgré le secret familial, ces 3 générations de femmes se transmettront quelque chose de mère en fille… L’introduction du film pose la problématique suivante : des femmes nettoient perpétuellement et récurent inlassablement des tombes, en famille. Elles entretiennent et effacent le souvenir de Pères morts ?
« Nous sommes donc nous-mêmes, si l'on nous juge selon nos motions de souhait inconscientes, comme les hommes originaires une bande de meurtriers… » S. Freud
Présence de la mort :
La Mort comme Réel crève l‘écran dès les premiers instants, est omniprésente sous toutes ses formes. En effet, les premières images du film se déroulent autour du Réel Impossible qu’est la mort. Dans un cimetière où le vent, le sable, les femmes et la mort envahissent la toile : des femmes répètent un geste à l’infini des possibles comme si elles essayaient d’effacer quelque chose qui ne cesse pas de revenir… Un “Volver” soufflé par le vent qu’est la Psyché pulse et fait “retour” ou « Volver » malgré leur geste… et « revient » continuellement tel ce sable qui recouvre, au mépris de ce mouvement les tombes comme un « ça » se répète… Car c’est autour de la mort que s’organise, ici-bas, la vie. La mort comme condition de l’existence “est déjà là” dans le générique :
Paula : - « Qu’est-ce qu‘il y a comme veuves ici, maman ! »
Sole : - «Les femmes d’ici vivent bien plus longtemps que leur mari… à part maman…»
Almodovar nous précipite d’emblée au cœur même du sujet avec cette première scène d’ensablement des tombes et ce premier dialogue. Il met en scène la compulsion de répétition laissant entendre que ces morts sont les maris de ces femmes. Ce qui laisse planer, derrière ce rituel familial, cet infini recommencement et cette tentative d’effacement d’un quelque chose en lien avec la mort et des hommes.
Quel est donc ce quelque Chose qui ne peut se dire et se transmet dans le silence des mots, d’une génération à l’autre ? Des passages à l’acte meurtriers qui se perpétuent de mères en filles ? Car il s’agit de transgression d’interdits qui se reproduiront à l’endroit d’un père posé là comme symbole. Ces pères libidineux et à tuer, symbolisent, cette jouissance illimitée inhérente à tout être humain. Pas n’importe laquelle des jouissances, un certain côté de la jouissance dite phallique. Que l’on retrouve dénoncée dans le mythe que Freud construit dans son ouvrage « Totem et tabou » sous la forme du Père de la horde primitive. A l’origine de la civilisation ou de toute culture, il y aurait eu un père :
« Un père violent, jaloux, gardant pour lui toutes les femelles et chassant ses fils à mesure qu’ils grandissent […] L’on peut lire un peu plus loin : […] Un jour, les frères chassés se sont réunis, ont tué et mangé le père, ce qui a mis fin à la horde paternelle. Une fois réunis, ils sont devenus entreprenants, et ont pu réaliser ce que chacun d’eux, pris individuellement, auraient été incapables de faire […] Puis plus loin encore : Qu’ils aient mangé le cadavre de leur père _ il n’y a à cela rien d’étonnant, étant donné qu’il s’agit de primitifs cannibales. L’aïeul violent était certainement le modèle envié et redouté de chacun des membres de cette association fraternelle. Or, par l’acte d’absorption, ils réalisaient leur identification avec lui, s’appropriaient chacun une partie de sa force. Le repas totémique, qui est peut-être la première fête de l’humanité, serait la reproduction et comme la fête commémorative de cet acte mémorable et criminel qui a servi de point de départ à tant de choses : organisations sociales, restrictions morales, religion… »
Ce père-là, utilisé comme symbole est métaphoriquement à tuer. Car Freud n’est pas là en train de nous reconstruire une nouvelle religion du père tué par ses fils, elle existe déjà. Cette jouissance qu’il déguise sous la forme d’un père jouisseur de partout est dénoncée, voire « inter-dite ». Freud nous dit à mi-mot quelque chose de cette illimitée de la jouissance, phallique. Passant par l’interdit de l’inceste et du meurtre, il dénonce et suggère autre chose qu’une loi civilisationnelle d’un « Tu ne tueras point » en mettant l’accent sur la sauvagerie de l’homme et de son impossible jouissance.
Almodovar met en scène une provocation inconsciente et sexuelle de la jeune Paula envers son père. Très ambiguës et dérangeantes, les deux scènes du début laissent planer un doute jusqu’à la scène du meurtre. En effet, dès l’entrée de la mère et sa fille dans leur appartement, la jeune fille pénètre dans le salon où s’enivre son père encore et toujours ivre de bière. Elle s’affale, désinvolte, voire insouciante dans un fauteuil, jambes écartées provoquant ainsi, à son insu, le regard du père libidineux vers son entrejambes. Quelques instants plus tard, on la voit se dévêtir sans avoir pris la précaution de fermer sa porte et du coup soumettre une fois de plus, et encore inconsciemment, son intimité au regard de son père.
Pourquoi Almodovar introduit-il ces deux scènes ? Sont-elles nécessaires pour expliquer le meurtre de Paula ? Non qu’elle soit une « Lolita » qui s’essaie aux jeux de l’amour mais bien plutôt un « c’est plus fort que moi » la pousse, au-delà de la raison, à agir. Un discours la parcourt à son insu, la poussant à franchir l’infranchissable frontière qui sépare la civilisation de la barbarie.
Quel est donc ce discours ? Le père imbibé de bière paresse devant un match de football. Une conversation très houleuse s’ensuit avec Raimunda sa femme car il lui annonce qu’il s’est fait congédier… Après s’être excité sexuellement du regard avec sa fille, il entreprend sa femme qui lui fait part sur l’oreiller, de son inquiétude envers sa vieille tante, de sa fatigue, de son non-désir sexuel. Mais rien n’y fait, ce bonhomme dont la libido exacerbée déborde au point de ne pouvoir la contenir devant le refus de son épouse, il se masturbe contre elle… Le lendemain, encore tout frustré sexuellement, il continue ses attaques sexuelles cette fois envers sa fille, prétextant qu’il ne fait rien de mal puisqu’il n’est pas son père. Il la menace de son pénis. Elle le menace avec un couteau et le tue.
Il y a un avant et un après le meurtre. Avant, la vie quotidienne est laborieuse, monotone et ennuyeuse. La vie se consume sans désir aucun et sans amour… Après le meurtre du père, l’on assiste à la réussite de Raimunda ; à la transformation de l’adolescente farouche et oisive en une jeune fille agréable et active. Un quotidien riche d’espoirs et de liesses s’ensuit car tout teinté de joie par les retrouvailles de la défunte mère de Raimunda. Ce qui met en lumière le texte Freud dans « Totem et tabou » Le repas totémique, « après que les frères eurent tué et mangé le père »…
L’inconscient c’est le discours de l’Autre :
Lorsque Raimunda découvre le cadavre de son mari. C’est là que le film prend une autre tournure : plutôt que d’inscrire l’acte de sa fille dans la loi parce qu’il y a tentative de viol donc légitime défense ; elle décide de camoufler le meurtre et de cacher le cadavre dans le congélateur du restaurant duquel toute la vie et le film se dérouleront… Nous pouvons décrypter-là la métaphore du repas totémique que Almodovar met en scène. Lorsque Paula, sous le choc de son acte, demande à sa mère ce qu’elle va faire :
Raimunda : - « Je ne sais pas… Paola, souviens-toi, c’est moi qui aie tué Paco, t’as rien vu du tout parce que t’étais pas rentrée. C’est super important qu’on soit en accord là-dessus… »
L’on pourrait penser que la mère protège ainsi sa fille en s’accusant du meurtre. Il n’en est rien car cette phrase : « c’est moi qui l’aie tué », prend tout son sens à la fin du film. Lorsqu’on découvre que Raimunda s’est fait, elle aussi, violée par son propre père… En fait, Paula est le fruit d’un inceste, elle est à la fois sa fille et sa petite sœur tout comme Œdipe avec Antigone …
Après avoir été violée par son père ce que désire Raimunda c’est se venger en éliminant ce père incestueux. On le sait par l’acte que commet sa fille, par ses provocations hystériques de séduction envers son père, par ce qui la parcourt inconsciemment comme un Volver ou un retour du refoulé. Si Raimunda ne réprime pas le passage à l’acte meurtrier de sa fille, c’est qu’il correspond à un désir profond, son secret. Non, elle ne tuera pas ce père violent, ne le dénoncera pas, tout comme elle ne le fera pas pour sa fille et dissimulera le meurtre. Elle gardera le fruit de son père, Paula et le silence. Et toute cette folie maternelle, devient le discours inconscient de cette jeune fille de 14 ans, le discours du grand Autre, lieu où s’originent les désirs. C’est là son héritage… Mais aussi celui de sa mère, Raimunda, car après le meurtre que commet sa fille l’on apprend que sa mère, Irène, n’est finalement pas morte dans un incendie comme elle l’a laissé croire. Raimunda aussi, à son insu, répète un geste : elle maquille également un meurtre, le meurtre d’un père…
Le corps du père mort ou le repas totémique :
Pourquoi Almodovar choisit-il de cacher le corps du père dans un congélateur, dans une réserve alimentaire, un restaurant ? Le père jouisseur ne sera pas mangé par ses fils tel que le suggère Freud dans son mythe du père afin de s’investir de sa force et puissance sexuelle. Mais c’est tout comme, symboliquement ce père est à la place de ce que nous consommons, nous, humains. Le père mort est là présent, congelé et conservé dans ce restaurant que Raimunda et sa fille feront revivre d’une manière tout à fait particulière... Et la vie va commencer là, pour elles, là où gît le corps du père mort…
Plus étrange encore est la chanson que Raimunda chantera le soir d’une fête : Volver. Un tango nostalgique qui parle du premier amour… Mais oui au fait, qui fut le premier amour de Raimunda ?
Lorsqu’elle chantera, ce célèbre tango argentin, VOLVER, des larmes s’écouleront de sa voix. Cachée, Irène, sa mère, pleure au moment où les trémolos dans la voix de sa fille laissent entendre les maux de cet amour perdu.
Le signifiant Un
Pourquoi ai-je choisi ce film ?
Parce que Almodovar pose là une question embarrassante. Une question qui remplit la littérature psychanalytique depuis Freud et fait couler l’encre : que désire une femme, ce « continent » noir ?
En 1913, dans Totem et Tatou, Freud nous parle du mythe du père tué et mangé comme processus d’identification. Processus même qui permettrait de passer de l’avoir à l’être. Il nous dit que l’amour humain exige la possession totale de l’objet élu et sans conditions. Il décrit ainsi un processus de destruction de l’objet, tel le meurtre du père et de son incorporation par la voie de l’amour. Aborde d’une autre rive les paradoxes du complexe d’œdipe avec l’ambivalence Eros et Thanatos, côté masculin.
Alors qu’il n’écrit l’« Au-delà du principe de plaisir » qu’en 1920. Un au-delà, déjà là dès 1913, plus que suggéré dans ce père sans limites et dans l’acte de tuer. Freud questionne non seulement le désir de l’homme mais dénonce-t-il son impossible réalisation. Etablissant le « Tout » du désir comme impossible. Cet au-delà de la satisfaction est la jouissance même dont la pulsion de mort viendrait à colorer. Cette jouissance attendue, recherchée, dès lors apparaît comme interdite : Pas toutes les femmes… Freud amène là l’exogamie (l’interdit de l’inceste) et l’interdit du meurtre comme pacte, loi sociale mais pas seulement…
Cela laisse ouverte la question de la mère originaire… des différentes jouissances… Aussi, pose-t-il la question de la jouissance phallique comme pas toute possible ? Question que l’on retrouve en 1929 sous la forme de « Malaise dans la civilisation ». Car si les frères de la horde ne refoulent pas leur plaisir-désir de meurtre, tuent et mangent perpétuellement un père, aucune civilisation, aucune culture ne serait alors possible car chacun s’entre-tuera. C’est bien d’ailleurs ce qui se passe actuellement dans le monde, n’est-ce pas ?
Que désire une femme ?
Almodovar par sa mise en scène du drame œdipien par des femmes est audacieuse. Car si les femmes et les mères dans ce mythe freudien sont « objet du désir » des hommes ou « objet d’échange ». Avec Volver la question se pose autrement, car Almodovar place les femmes et les mères dans une position de Sujet désirant et du même coup les sort de la passivité dont on les a si souvent enfermée. En interrogeant la clinique, le meurtre du père ou d’un symbole concerne aussi bien des femmes que des hommes.
Lacan y répond dans les Ecrits page 733 : « …C'est un amant châtré ou un homme mort (voire les deux en un), qui pour la femme se cache derrière le voile pour y appeler son adoration… »
Et pourquoi cela ne serait-elle la Mère cet amant châtré ? Almodovar le met en scène avec ce symbole de pères morts. Surgit immédiatement l’idée du pénis (maternel ?) et de son représentant, le phallus.
« Le signifiant n'est symbole que d'une absence. » Jacques Lacan Les Ecrits p. 24
Du refoulement originaire :
A l’origine non pas de l’humanité mais de toute humanité, au commencement fut un manque. La psychanalyse repose sur l’hypothèse d’un refoulement qui serait premier, dit originaire. De ce refoulement premier en découleraient d’autres : le sein, la présence de la mère…
Qu’est-ce que ce refoulé ? Une représentation émanant du Réel ? Quelle est donc cette représentation ?
Pour combler cette absence, ce trou, cette béance un signifiant serait mis là pour signifier ce manque. Freud nous l’explique en 1915 avec le jeu de la bobine du petit enfant, avec le fameux Fort/Da. L’enfant chercherait à symbolariser l’absence/présence réelle de l’objet élu par un jeu : éloignant et repoussant la bobine (substitut de la mère). Et c’est en 1919 dans Genèse d’une perversion qu’il examinera le fantasme essentiellement féminin : « Un enfant se fait battre ». . Fantasme qu’il décrira en 3 actes dont le dénominateur commun est « des enfants sont battus… ».
S’agit-il d’enfants ou de représentants ou de symboles ? Lacan poursuit la réflexion en passant par le fétiche du fétichiste pour dire quelque chose du manque à la mère :
“…Que le fétiche serait plus particulièrement relié à l'angoisse de castration pour autant qu'elle est liée à la perception de l'absence d'organe phallique chez le sujet féminin, et à la négation de cette absence…” J. Lacan « La relation d’objet » p.12 (version ALI)
Si dans le fantasme, la mère originaire est châtrée, quel est l’agent responsable de ce dam ?
Si déjà ce qui marque l’entrée du petit d’Homme au monde, est une perte. En effet, dès lors que le fœtus franchira le seuil vaginal, il perdra son habitacle et toutes les jouissances qui lui sont associées. Ce paradis perdu trouvera son pendant dans la structure même du langage, le système de représentations (signifiés) qui le constitue. (L’Imaginaire chez Lacan). La mère est et restera le premier objet d’amour des femmes comme des hommes.
Cette mère si différente du père et par son anatomie et par sa structure psychique : rapport à l’objet, au désir, à l’amour, à la jouissance... La petite fille en sera quadruplement marquée :
1°) par cette perte première, dite originaire,
2°) par ce qui manque imaginairement à sa mère,
3°) par sa propre castration. (Tout aussi imaginaire),
4°) par la discrimination collective engendrée par ces différences et qui constitue une bonne partie des symptômes mis sous le couvert d’une pathologie à l’adresse des femmes, l’Hystérie.
Ce manque-là sera représenté par un signifiant comme trace de la perte. C’est précisément ce qu’articule Lacan avec la métaphore paternelle dans son séminaire, Les formations de l’inconscient :
« La fonction du père dans le complexe d'Œdipe est d'être un signifiant substitué au premier signifiant introduit dans la symbolisation, le signifiant maternel. Selon la formule que je vous ai expliqué une fois être celle de la métaphore, le père vient à la place de la mère, S à la place de S', S' étant la mère, en tant que déjà liée à quelque chose qui était x, c'est-à-dire le signifié dans le rapport à la mère. »
Conclusion :
Si Jacques Lacan invente la théorie du Signifiant c’est pour continuer le mythe du père de la horde primitive laissé comme lettre morte par Freud. Cet au-delà du plaisir ouvre désormais la question de la jouissance comme interdite, quelque chose qui ne cesserait pas de se dire… S‘il est nécessaire de re-créer chaque fois le meurtre du père de l’origine pour aboutir à son interdiction et faire loi, afin qu’une civilisation soit possible. Que s’agirait-il de retrouver ?
Almodovar nous le dit : c’est un retour à la mère. Dans ces meurtres symboliques commis par ces femmes, ne s’agirait-il pas de retrouver l’Amour de la mère d’avant la castration, la mère Toute ?
Ou, si la mère apparaît à l’enfant comme castrée, ce père originaire ne serait-il pas le premier à être désigné comme agent de ce dam.
Le meurtre ne permettrait-il pas alors de punir le criminel et de s’emparer de cet objet chu d’elle, le phallus pour faire du UN ?
Si le meurtre du père d’après Freud (Totem et Tabou) découle d’une jouissance phallique où il s’agit pour des hommes de tuer un autre homme, le meurtre de la mère, mère barrée, interdite comme objet de l’inceste, aboutirait alors au meurtre de la Chose.
Car si le mythe freudien pose la question de cette femme inter-dite qu’est la mère originaire dont il ne parle pas comme telle. Il s’agirait de la retrouver pour fusionner et faire du UN (tel le symbolov des grecs). De retrouver ce paradis perdu qu’est le Nirvana de la mère.
Ce qui laisserait entendre que Romain Rolland avec son sentiment océanique, cette jouissance au-delà du moi, pas toute phallique, comme telle de la jouissance féminine est de faire UN avec le grand Tout qu’est la mère…
Je vous remercie de m’avoir écoutée.
Communication faite à l’Université de Canterbury
Le 1er Novembre 2006 - 15 Novembre 2008

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