LE THÉÂTRE POPULAIRE ALLEMAND MENACÉ

La tragédie est la mémoire de l’humanité. Depuis l’antiquité le théâtre a montrer l’excès du pouvoir et la vanité, Sophocle a tissé les récits des tragédies humaines se répètent indéfiniment.

PAR CE FAIT MÊME, LE POUVOIR NE PEUT FAIRE TAIRE LE THÉÂTRE SANS RUINER DU MÊME COUP LA CITÉ.

Cela est d’autant plus remarquable dans Oedipe, cette énigme de l’aveuglement du pouvoir. 

Antigone nous rappelle que Créon n’a pas fléchi, c’est l’histoire de la cruauté de son pouvoir qui se retourne contre lui-même. La parole défit le pouvoir pour sa liberté, Antigone fut significativement réinterprété les dramaturges qui vécurent les tyrannies du XXème siècle.

Car on annonce que la Volksbühne ( voir ici ) de Berlin va changer de direction, le metteur en scène Frank Castorf ( voir ici ) ( et là ) sera remplacer par Chris Dercon ( voir ici ), un homme d’affaire, un curateur et ancien directeur de la Tate. 

C’est étrange que l’on nomme un directeur de musée d’art contemporain, quelqu’un qui a été censé favorisé et accueillir les artistes, que l’on vire les comédiens, qu’on les vire pour les diriger.                                                                                                                                                               Le théâtre du peuple est vendu au marché, le Volksbühne vendu par les élus. L'ingratitude de ceux qui en décident, ils prennent à la légère ce qui se veut léger, et rendent grâce à la lourdeur de sa férocité. 

Comment prétendre là faire mieux que les comédiens, l’équilibre savant d’un navire amiral arrimé pour les tempêtes des hommes, feindre d’ignorer son histoire et ce qu’il fédère dans la cité divisée. C’est un esprit et un style, une école, tel que le TNS, le CSE,…    Une nomination hors de la profession, c’est insensé.   La gestion par les comédiens eux-même, la structure pérenne de la Comédie Française, est un aboutissement qu’on ne peut mettre en péril ( voir l’interview d’Eric Ruf ).   C’est Sophocle, Aristophane, Molière et Shakespeare, que l’on fout à la porte de leur maison dont d’autres sont jaloux.

La censure aujourd’hui portée sur un théâtre populaire éminemment libre et savant, définit les régimes qui s’en réclament. L’imperceptible déclin de faire taire la comédie, est plus qu’une tristesse, en cette époque soumise au refoulement, c’est une menace que les gouvernements responsables ne peuvent historiquement permettre.                                                 Le principe de la liberté, de la conflictualité révolutionnaire et la tolérance d’une société complexe, est remplacé par le remembrement, la stérilisation, la Beauce, la tyrannie de l’ennui.   Ce n’est pas de la cuisine, ni de la boucherie, quand c’est précisément ceux là, la jalousie et son ressentiment, qui viennent d’être nommé pour présider. Les conséquences inexorables de l’extinction de l’humour noir c’est aussi celle de la civilisation et son cortège de triste mémoire que le gouvernement favorise quand on ne parviens déjà presque plus à endiguer la peste brune au centre de l’Europe.

Les prédateurs n’ont que faire de la justice, c’est même leur manière, mais ils n’en sont pas pour autant conséquent, ce que le gouvernement appréciera mieux sauf à le confondre avec de la gestion, ce dont il ne saurait se prévaloir. 

Le théâtre populaire allemand est censuré, c’est inadmissible.                                                         Ce gouvernement est donc sans conception de l’histoire dont ils devraient être garant.              Combien la facilité reflète les mêmes tendances que les années 30, le style ordinaire ignorant l’histoire et par escroquerie. Ce que certaines façons blessantes génèrent et que la comédie justement évite.                                                                                                             Comment ne voit-on pas la différence entre le génie et la paresse.                                                Un théâtre plus libre que partout ailleurs.                                                                                              Un théâtre de renversement et respect des conventions. Les artifices n’y servent pas un savoir occulte mais magnifient les acteurs. Majestueux à la mesure de l’homme, véritable festin. La générosité de la fresque du pouvoir et des ridicules, en faire sourire est précieux et nécessaire.                                                                                          

 " Ils ne comprennent pas comment les contraires se fondent en unité : harmonie de forces opposées comme de l'arc et de la lyre."

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