#jeveuxbienfairepartiedevotrebande
#virginiedespentes
#adèlehaenel
J'ai aussi envie de me lever et de me casser avec vous Adèle et Virginie, avec vous toutes qui gueulez et tapez du poing sur la table. Je veux faire partie de votre bande.
Parce que si nous ne menons pas ce combat ensemble nous n'y arriverons pas.
Parce que vous avez sacrément raison !
Je veux bien faire partie de votre bande parce que je suis un homme de plus de 50 ans, blanc et hétéro et que vous me faites réfléchir sur ce que je suis, sur la façon dont moi aussi j'ai pu me comporter au fil des ans avec mes partenaires et mon entourage féminin.
Sans un être un violeur, un pervers sexuel, un harceleur, je me rends compte qu'être un homme hétérosexuel de cinquante ans, c'est ne pas avoir été toujours correct avec les femmes rencontrées, pas toujours respectueux de leur désir. Être un homme de cinquante ans c'est trimballer des réflexes parfois déplacés qui viennent d'un monde bien daté.
Je sais ce qu'être un-homme-blanc-de-50-ans veux dire, avec son éducation de garçon et son bagage de représentations du corps féminin réduit à être un objet masturbatoire, une approche de la sexualité parfois rabaissée à l'exercice du pouvoir.
Et pourtant je pense faire partie de la frange des hommes éclairés qui considèrent les femmes comme leurs égales, comme des partenaires à part entière.
Il nous faut donc faire notre révolution, nous les hommes, nous regarder en face.
La question n'est pas de se flageller, de se verser des sauts de cendre sur la tête, mais, dans un premier temps déjà nous taire, écouter et apprendre
Oui fermons-là et écoutons les femmes qui ont été malmenées, déconsidérées, agressées, violées. Écoutons leurs paroles et cessons d'inverser les logiques.
Car les faits sont têtus. Non messieurs, il n'y a pas un discours féministe qui tendrait à vouloir nous couper les couilles. Non messieurs il n'y a pas un discours actuel de revanche pour établir un soi-disant matriarcat. Non messieurs, il n'existe pas une prétendue mode qui voudrait que toutes les femmes aient été violées et qu'on ne parlerait que de ça. Non messieurs, ce n'est pas nous les victimes. Non messieurs !
Mais oui messieurs, nous exerçons sur les femmes et depuis des temps ancestraux une forme d'oppression dont nous n'avons même plus conscience. Oui, nous regardons encore les femmes, les filles avec ce regard condescendant qu'on voit surtout chez les dominants. Oui, nous exerçons le pouvoir et nous ne sommes bien souvent pas encore prêts à le partager.
Oui messieurs, nous devons tout simplement REFAIRE NOTRE ÉDUCATION.
Alors, fermons-là d'abord. S'il vous plaît, fermons-là.
Nous ne savons absolument rien de leurs souffrances, nous ne savons rien de leurs colères. Les femmes ont des choses à nous apprendre sur elles et sur nous. Elles nous tendent un miroir et si notre gueule y est déformée n'accusons pas le miroir.
Fermons-là.
Nous aurons tout le temps ensuite de parler, de dialoguer, mais d'abord fermons-là.
Virginie, Adèle, je veux bien faire partie de votre bande.
Auguste Flastair
Auteur, metteur en scène, enseignant