En Bolivie, les peuples du TIPNIS dénoncent la colonisation de leur territoire

Protecteur de la Pachamama devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président Evo Morales Ayma se montre pourtant peu respectueux de l'intégrité de l'Amazonie bolivienne. Depuis le début du mois, la remise en cause d'une loi garantissant "l'intangibilité" d'un parc national exacerbe les tensions entre communautés indigènes et colons.

Le 1er août, la Commission Région Amazonie, Terre, Territoire, Eau, Ressources naturelles et Environnement de l'Assemblée nationale bolivienne a approuvé une loi abrogeant l'intangibilité du "Territorio Indígena y Parque Nacional Isiboro Sécure (TIPNIS)". Si elle doit finalement entrer en vigueur, cette loi ouvrira la voie à un vieux projet soutenu par le président Evo Morales Ayma : la construction d'une route reliant les villes de Villa Tunari (département de Cochabamba) et San Ignacio de Moxos (département de Beni), infrastructure qui couperait littéralement le TIPNIS en deux. Pour le gouvernement, elle permettra aussi de fonder de nouvelles autorisations pour l'exploitation du sous-sol amazonien.

D'une superficie de quelque douze mille kilomètres carrés, le TIPNIS, reconnu, comme le Yasuni équatoiren, pour son exceptionnelle biodiversité, constitue pourtant une aire protégée au regard de la Constitution bolivienne. Il est historiquement habité par les peuples mojeño, chimán et yuracaré.

Entendons les multiples appels pour la défense du TIPNIS. Ils sont lancés, tous les jours, par une opposition multiforme encore largement ignorée en France : des chefs communautaires chargés de la gestion du parc ; les ex-présidents Carlos de Mesa et Tuto Quiroga ; un ex-défenseur du peuple, Rolando Villega, l'actuelle présidente de l'Assemblée des droits de l'homme de Bolivie, Amparo Carvajal ; de nombreux groupes écologistes ou anticapitalistes. Tous dénoncent le "faux développement" que promeuvent le président Evo Morales et le parti socialiste au pouvoir (MAS) pour l'Amazonie bolivienne, en contradiction avec les principes du "Suma Qamaña" -- le "Buen vivir".

Pour la préservation de l'Amazonie et du TIPNIS, pour la défense de ses peuples, relayons ces témoignages :

La déclaration d'Achacachi, du 24 août, contre "le totalitarisme d'Evo Morales" et "le faux développement" proposé par son gouvernement (enregistrement audio en espagnol) : 

https://soundcloud.com/anf-noticias-fides/pueblos-de-achacachiy-tipnis-firman-una-alianza

Appel non daté d'un collectif écoféministe aux écologistes et aux féministes (en espagnol) :

https://twitter.com/KNaguno/status/900437696518205440

Appel international, daté du 27 août, pour obtenir la garantie de la défense des peuples du TIPNIS après les agressions et intimidations ayant émaillé la dernière visite du territoire par Evo Morales (en anglais) :

https://pbs.twimg.com/media/DIQ2k9VXcAE_sL1.jpg

Dénonciation, datée du 28 août, du harcèlement militaire dont sont victimes Indiens et activistes extérieurs : 

https://twitter.com/TenResistencia/status/902157685742809088

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.