LA FRANCE PROTEGE UN PRÊTRE ACCUSE DE PEDOPHILIE SUR DES ENFANTS AUTOCHTONES

Communiqué de presse du Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan). Le 14 juillet 2021

Le 8 juillet 2021, les députés du parlement canadien Mumilaaq Qaqqaq (Inuit) et Charlie Angus tenaient une conférence de presse pour demander au ministre de la Justice David Lametti d'enquêter sur les crimes commis contre les enfants autochtones dans les pensionnats au Canada. Le même jour, la Première Nation Penelakut annonçait avoir découvert près de 160 tombes non documentées et non marquées dans le pensionnat catholique de Kuper Island, au large de l'île de Vancouver.

Quelques semaines auparavant, 215 tombes d'enfants autochtones étaient retrouvées à Kamloops, dans l'un des pensionnats catholiques de la région. A cela s'ajoute la découverte d'un charnier de plus de 751 tombes dans le pensionnat autochtone de Marieval (Saskatchewan). Ces découvertes macabres se multiplient, ces découvertes macabres n'en finissent pas. Le Canada n'est pas seulement complice de ces atrocités, il en est le responsable. Alors que les célébrations du 1er juillet se sont multipliées à travers le pays pour « fêter » la journée nationale canadienne, la honte s'accroît. Quid de la justice dans ce pays ? Quid de la reconnaissance des paroles autochtones restées longtemps silencieuses qui se dénouent jour après jour ?

Le 8 juillet 2021, le nom d'un prêtre français a été prononcé lors de la conférence de presse précitée, celui de Joannes Rivoire. La responsabilité n'incombe pas seulement à l'Etat canadien, mais aussi et surtout à l'Etat français. En effet, la France protège actuellement ce prêtre accusé de plusieurs viols et sévices sexuels sur des enfants autochtones dans le Nunavut. Reclus actuellement chez les oblats de Strasbourg, il n'a jamais été confronté à la justice. Cela est bien connu, la France n'extrade pas ses ressortissants, d'autant que le Canada a abandonné les poursuites à l'encontre du prêtre Rivoire en 2017 après que « La Couronne a suspendu les accusations à son encontre », écrit un employé du Service des poursuites pénales du Canada dans un courriel obtenu par CBC en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

A la veille de ses 91 ans, ce prêtre n'a donc jamais comparu devant aucun tribunal. Si le Canada refuse de prendre ses responsabilités, il est du devoir de la France de le faire, avant qu'il ne soit trop tard. Se taire, ne rien faire, consiste à se rendre complice, ni plus ni moins, du génocide culturel à l'encontre des peuples autochtones du Canada, des Premières Nations qui n'ont de cesse que de crier haut et fort les injustices et les violences auxquelles elles se confrontent dans l'Etat colonial du Canada qui se prévaut à l'échelle internationale de sa tolérance et de sa bienveillance à l'égard de la diversité des peuples qui le composent.

La honte pèse sur le Canada, la honte pèse sur la France. La communauté internationale regarde et demande à ce que ces injustices soient réparées, et les crimes du prêtre Rivoire reconnus.

nunavut-confe-rence-de-presse-8-juillet-2021

Contact presse :

Aurélie Journée-Duez, anthropologue, présidente du CSIA-Nitassinan

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