UNE PLATEFORME POUR LA 6ème REPUBLIQUE PLUTOT QU'UN RALLIEMENT

Mais pourquoi diable les trois candidats de gauche ne s'entendent-ils sur un programme minimal dont le chantier essentiel sera tout simplement de lancer la Sixième République avant de retourner aux élections dans 1 ou 2 ans ? Ce moment de refondation démocratique pouvant éclaircir la situation et n'empêche en rien de trancher leur différences politiques lors d'une retour aux urnes en 2019

Le blocage est assez inextricable. Seuls, les candidats de gauche perdent à tous les coups. Mais il semble qu'ils n'arriveront pas à se mettre d'accord ensemble car aucun d'eux ne veut rallier l'autre. Les arguments de chacun pouvant quelque part se comprendre

Mais n'y a-t-il donc pas une solution à minima et toutefois assez enthousiasmante pour tous les électeurs de gauche voire au delà ? La Sixième République pourrait être une sortie par le haut de cette situation boueuse qui est la nôtre car liée à notre système démocratique lui-même, à la Cinquième République.

La Sixième République pourrait en effet être la principale mesure portées par un candidat unique de gauche (qui pourrait alors être indifféremment Mélenchon, Jadot, Hamon) ou mieux, un outsider comme Nicolas Hulot ou quelqu'un convenant au 3 partis. Peu importe en fait puisque les différents candidats s'engageraient à ce que la direction réelle du pays reste collégiale, ayant conscience que leur principal rôle est le lancement du chantier pour la nouvelle république.

Le nouveau gouvernement lance une Consituante dès le premier jour du mandat. On réfléchit ou plutôt on fait réfléchir un groupe de citoyens tirés au sort accompagnés dans leur délibération par des juristes, des chercheurs, des acteurs économiques, sociaux, culturels, des spécialistes en tout genre (mais sans élus politiques !).

Et ensuite : on organise de nouvelles élections.

Le quinquénat n'en sera pas un puisque le nouveau système l'interrompra dans un an ou deux. Des nouvelles élections (ou du tirage au sort si c'est cela qui est décidé) interviendront alors en 2018 ou 2019. L'ambiance sera différente et la nouvelle configuration (peut-être proportionnelle, peut-être sans figure présidentielle, peut-être avec des innovations démocratiques diverses et variées qu'on peine à imaginer aujourd'hui comme le tirage au sort) propice à des changements de fonds. On sort de la sinistrose et des monstruosités de notre temps pour un peu reprendre la main sur les choses.

De vaste consultation seraient lancées. Puis référendum. Et si la nouvelle République est adoptée : de nouvelles aventures nous attendent. 

Même des électeurs de droite conscient des limites de la Cinquième République pourraient être attirés.

Comme il faudra bien gérer tout de même les affaires courantes et tant qu'à faire, on peut imaginer des choses à faire qui soit utiles lors de la période de transition, basé sur un mini-programme relativement consensuelle et en tout cas profitable à tous les Français à appliquer sur un ou deux ans : audits en tout genre (de la dette publique, du parc nucléaire, des finances publiques), plan Marshall pour des quartiers populaires, embauche de fonctionnaires, démarrage de certaines mesures écologiques, moratoire sur la signature des traités de libre-échange, revendication d'harmonisation fiscale en Europe (en luttant contre le dumping fiscal) etc.

En 2018 ou 2019, les équipes de Hamon, Mélenchon et Jadot se présenteront à de nouvelles élections, seuls, ou dans des alliances, à eux de voir, mais on peut supposer les choses largement différentes. Un ou deux ans de plus n'est pas cinq ans. A mes yeux, c'est une sortie par le haut, ça coupe la chique à tous les discours antisystème de l'extrême-droite ou de l'extrême-centre macronienne puisque le programme consiste à dire : on change réellement tout et on commence tout autre chose.

 

PS : Quand je parle de Sixième République, je laisse tout de même ouvert l'idée que le nouveau système démocratique ne soit pas nécessairement une République mais pourquoi pas un système plus ouvert, de démocratie directe, décentralisé etc. A charge des Constituants, en lien avec la société, de réfléchir à ces questions-là et de délibérer.

PPS : Si la nouvelle République n'était pas adoptée : re-élections présidentielle en suivant le canevas classique de la Cinquième.

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