Accord sur la "sécurisation de l'emploi" : une victoire historique pour le MEDEF

Le Medef et trois organisations réformistes (CFDT, CFTC et CGC) viennent de signer un accord qui représente une victoire historique pour le patronat. Car d'une certaine manière, cet accord généralise les contrats de projet et les contrats intermittents à durée indéterminé (CD2I), il met aussi en place de nouvelles modalités pour les PSE (Plan Social Entreprise) qui vont surtout permettre aux employeurs de se dégager de leurs obligations conventionnelles telles que prévues par la loi. D'autres mesures sont tout aussi inacceptables comme par exemple les mesures de mobilité qui vont contraindre les salariés à choisir entre mobilité géographique (parfois importante) ou des mesures de licenciement au rabais. Mais ce n'est pas tout. Les droits individuels des salariés sont aussi attaqués : Les licenciements sans cause réelle et sérieuse ouvraient droit à des indemnisations.  Leurs barèmes seront maintenant plafonnés ce qui réduira un peu plus les montants d'indemnités que percevaient les salariés qui se retrouvaient jetés à la rue. Même les délais de recours dont disposaient les salariés pour aller aux prud'hommes et les syndicats pour contester un PSE se retrouvent réduits. c'est dire  que cet accord aggraver la situation faites aux travailleurs. Malgré tout,  Il s'est trouvé 3 organisations syndicales pour accepter de le signer (CFDT, CFTC et CGC) sur les 5 présentes aux négociations ( n'étaient pas invités UNSA et Solidaires) .

Au lendemain de cette signature, les organisations syndicales sont maintenant plus que jamais divisées et il sera difficile de construire un grand mouvement social unitaire à l'avenir. Pour l'heure,  il est peu probable que la CGT et FO s'entendent pour mobiliser leurs troupes contre cet accord. On peut donc s'attendre à ce qu'il n'y ait rien de fait contre l'adoption définitive de celui-ci par le parlement. Ce recul supplémentaire que les travailleurs sont obligés d'encaisser ne contribuera pas à détendre le dialogue social dans les entreprises. Bien au contraire, car ce que le patronat a réussi à arracher aux trois confédérations, il n'est pas certain que les travailleurs l'acceptent sur le terrain lorsque les partons voudront appliquer ces nouvelles dispositions qui les désavantagent encore un peu plus. Il sera d'ailleurs intéressant d'observer dans les mois qui viennent si les OS signataires n'enregistrent pas des défections dans leurs rangs (surtout la CFDT qui conserve encore une base militante ouvrière dans certaines usines, comme à Florange par exemple).

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