Le confort

Nous acceptons de ne pas savoir. Nous acceptons le travail à la chaîne, l’exploitation de l’imaginaire de nos enfants par et pour un système économique. Nous ne changerons pas, nous disparaîtrons. Que peut espérer une civilisation qui prend le risque de contaminer des océans avec le pétrole lui permettant de fabriquer les bouteilles dans lesquelles il conditionnera une eau pure ? Je n’ai pas confiance en cet animal seul capable de mener sa propre espèce à l’extinction. Je n’ai pas confiance en ces peuples dont l’individu détenteur des plus hauts pouvoirs prétend guider ses ouailles par la raison alors qu’il n’a sans cesse le seul souci de sentir son aura grandir et par la même asseoir la légitimité de son incommensurable confort. Le confort, douce récompense du chemin de croix de cette religion qu’est la consommation. Le guide connaît les voies et voix qui mènent au confort, il nous aide à les trouver et les entendre, nous persuade que c’est une quête légitime, humaine et universelle malgré l’effarante absurdité de son destin destructeur.

Que faire quand tout acte de la vie quotidienne condamne un peu plus la subsistance de notre descendance ? Que faire quand la conscience, loin d’être aveugle, souffre d’être piégée, condamnée ? Qu’attendre d’une civilisation profondément indolente, anesthésiée par l’illusion du confort tant matériel que social ou idéologique ? Il est alors nécessaire d’être suffisamment percutant, violent, bruyant pour que les individus sortent de leur torpeur. Il s’agit alors de détruire, car nous ne reviendrons pas en arrière, ce n’est pas le propos. Détruire le discours dominant, ses canaux et ses porteurs, le pouvoir et ses représentants, le confort et ses moyens de production, le travail et ses outils. Seulement alors nous bénéficierons des conditions d’une construction, d’une évolution nouvelle, plus ambitieuse, portant en elle la volonté de pérenniser la vie jusqu’à ce que la nature nous le permette.

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