Inciter les jeunes à la mobilité pour se découvrir soi-même

Lorsqu'il y a 10 ans, je suis partie vivre seule et pour la première fois hors de France, je me suis découverte. Parce qu'être étranger dans un pays, être aussi inconnu de tous, libère parfois. Cela permet souvent de tenter des choses qu'on n'oserait pas chez soi, entouré d'un passé, d'une culture, d'obligations, de regards aussi.

Un plafond de verre insconcient, pour moi, marquée par ma ruralité, quelques accents et phrases mal formulées, des mots de patois trainant dans les recoins, toujours prêts à fourcher au détour de la langue... Ces "fardeaux" disparaissent dans la langue de l'autre, on ne les entend pas - tous égaux, jeunes français avec accents... Depuis, je collecte les récits autour des ces expériences de vie à l'étranger et cette "libération" est un sujet qui revient souvent. 

Dans cette optique, des institutions soutiennent financièrement les projets de jeunes pour tenter l'aventure, comme en Allemagne avec l'OFAJ, le Goethe Institut de Paris ou l'Institut Français de Berlin - et peu importe leur bagage scolaire ou leur niveau d'études, ce qui me semble un point essentiel. En effet, récemment, j'ai fait la rencontre de Jule, une jeune couturière allemande en apprentissage en Bavière, et qui a obtenu une bourse pour vivre pendant 4 mois à Strasbourg, où elle apprend des techniques françaises auprès d'une maîtresse en Haute Couture - d'ailleurs en voie de disparition aujourd'hui... C'est la vidéo positive du mardi !


Portrait franco-allemand : Jule, apprentie couturière à Strasbourg © FplusDonline


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