MA PLAIDOIRIE

Le jeudi 3 décembre 2020 vers 19h15, Maitre Axel METZKER, Avocat au Barreau de Paris a plaidé pour clôturer cette journée consacrée à l'hyper casher. Sa plaidoirie est un hommage à RISS, rescapé de CHARLIE HEBDO, qui a écrit le livre magnifique 1 minute 49 secondes. Sa plaidoirie dure environ 35 minutes, nous la reproduisons intégralement.

 

 

PROCES DES « ATTENTATS DE JANVIER 2015 »

Cour d’Assises Spéciale

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS

 

 

LE JEUDI 3 DECEMBRE 2020

 

MA PLAIDOIRIE

 

 

 

MAITRE AXEL METZKER

 

Avocat

Docteur en Droit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’EXORDE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

« Il est impossible de plaider quoi que ce soit. On pourra plaider, photographier, interviewer, filmer ou dessiner. Mais plaider des mots les uns après les autres comme des perles sur un fil, en s’imaginant qu’on obtiendra un ravissant bijou est vain.

 

Se croire capable de partager cette expérience avec les autres est une entreprise perdue d’avance. On ne transmet pas une désagrégation. On ne raconte pas un délitement.

 

Il faudrait plaider des mots nouveaux pour écrire la biographie de chaque parcelle de chair qui fut retirée de leurs corps. Et autant de plaidoiries pour toutes les miettes de viande découpée par des milliers de fourmis qui emportèrent sur leur dos un bout de leurs tripes et de leurs vies.

 

Chaque phrase plaidée sera une fausse victoire car il faudra en plaider des milliers d’autres, qui jamais ne suffiront à esquisser le portrait de l’abime.

 

 

 

 

2

 

A quoi bon plaider, écrire ou dessiner. Nos efforts s’effondreront en direction du néant.

 

L’instant où il faudra reposer la parole sera cruel car il sonnera la fin de l’illusion. Celle d’espérer échapper à la solitude profonde de la victime.

 

On aimerait n’avoir jamais joué à ce jeu dangereux où l’on imaginait triompher du silence.

 

Le sortilège de la plaidoirie ou du dessin commence à l’instant où avance le crayon vers la feuille, la parole vers le micro, et il ne s’achèvera que lorsque la totalité prendra fin.

 

 

 

 

 

 

 

 

3

 

Même épuisé, on a envie de tout détruire.

 

Autour de soi la multitude s’arroge le droit de défaillir, de fuir, de gémir, de réclamer, de conspuer ou de diffamer.

 

Les pleurnichards me dégoutent, les geignards me révoltent, les nombrilistes me révulsent. Chaque microbe se croit le centre d’un monde qui n’a jamais existé.

 

Sans demander notre avis, ils se sont positionnés au milieu de tout et, par la même, ont expulsé les autres vers le dehors.

 

En se retirant, la sauvagerie a laissé place à la vulgarité. Elle fut l’autre violence infligée à leurs personnes. La vulgarité s’est assise à la table des disparus et les a souillés de sa laideur.

 

Il n’est pas possible de décrire la fureur qu’elle a fait bouillonner en moi sans être traversé des pieds à la tête par le désir d’écraser ceux qui ont sali le journal CHARLIE HEBDO.

 

 

 

 

 

 

Car ils avaient jeté pendant 23 ans la totalité de leur Energie, comme des buches dans une chaudière chauffée à blanc, jamais rassasiée toujours prête à exploser.

 

Jusqu’à ce mois de janvier 2015, où elle atteint son point d’incandescence ultime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4

 

Il n’est pas sûr qu’il faille permettre à tous d’écouter ses paroles.

 

Peut-être certains en souffriront-ils. Mais il faut pourtant les plaider, pour la satisfaction d’au moins un seul.

 

La plaidoirie est un égoïsme dont le seul but est la délivrance de celui qui s’y prête.

 

Les autres peuvent pleurer.

 

Ils seront convoqués au détour des phrases, comme des fous et des cavaliers sur un échiquier où ils ne gagneront rien.

 

La vérité fera encore saigner ceux qui croyaient que tout était fini. Car cela ne finira jamais.

 

 

 

 

 

 

5

Terrorisme, fanatisme religieux, intolérance primitive.

 

Nos tourments personnels auraient dû avoir l’élégance de s’effacer derrière la nécessité impérieuse de lutter pour des valeurs communes.

 

Mais l’obscénité de notre époque, l’égocentrisme infantile érigé en valeur moderne d’épanouissement ont libéré des flots de narcissisme victimaire aussi déplacé que morbide.

 

Seules la charité et la compassion nous ont été autorisées. Il ne fallait pas se révolter, ne pas désigner de responsables, ni tendre le doigt en direction des lâches et des coupables présumés.

 

Et encore moins dénoncer le prosélytisme de croyances archaïques, de concepts réactionnaires, afin de ne pas heurter ceux qui les pratiquent, et veulent les propager pour se sentir moins seuls, enfermés qu’ils sont dans leur pensée moyenâgeuse et totalitaire.

 

Tout cela fut déjà écrit, et il ne sert à rien de radoter.

 

6

 

La violence. Elle n’a pas disparu. On l’a supportée. On l’a encaissé. On l’a absorbée. TAPIE dans nos entrailles, elle attend le moment d’en sortir.

 

Comme un volcan endormi pendant des millénaires, un jour elle explosera de nouveau à la face du monde. Ou peut être jamais. Ceux qui croient qu’elle est dernière nous n’ont pas compris qu’elle est maintenant à l’intérieur de nous.

 

Il n’y aura pas de reconstruction.

 

Ce qui n’existe plus ne reviendra jamais.

 

RISS, « Une minute 49 secondes », paru en 2016.

 

 

 

 

 

 

 

7

 

 

 

LA NARRATION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8

LA PAROLE DES VICTIMES

                                               « INNOCENTS »

                                               (I)

 

La parole des victimes est pour nous la priorité. La Justice est faite avant tout pour les victimes. Leur parole a été protégée.

 

Le devoir de mémoire s’impose à jamais et leurs mémoires nous obligent.

 

Mais la lecture du livre de RISS m’a convaincu que le mot victime est peut-être inadéquat. Il préfère le mot innocent à celui de victime.

 

Pour Riss, le mot « victime » « est un faux ami qui ne vous aide pas mais au contraire vous met la tête sous l’eau et vous noie »[1].

« Innocent », j’étais innocent. Pas victime.

« Innocents », nous l’étions tous. Nous n’avions rien fait pour mériter d’être fusillés. »

 

Riss déclare que le mot INNOCENT délimite deux mondes impossibles à mélanger. Celui des coupables et celui des non coupables.

 

Innocent est le mot qui nous protègerait des amalgames que tentent les confrères dans les prétoires, quand ils prétendent que les assassins qu’ils défendent sont autant « victimes » des injustices de la société que ceux qu’ils ont massacré gratuitement.

 

« Victime » est un mot qui permet à l’infamie de mettre les innocents dans la même cellule que celle des coupables.

 

Innocent et rien d’autre…

 

J’hésitai…moi-même entre les deux mots victimes ou innocents ?

 

Mes clients étaient ils des victimes ou des innocents ?

 

Convaincu par Riss, j’ai donc modifié ma plaidoirie en ce Sens.

On parlera de « la parole des innocents ».

 

9

CABU

 

Les victimes, enfin « les innocents » font partie de nos vies depuis plus de 5 ans, d’autres font parties de nos vies depuis notre enfance.

 

Avant d’évoquer mes clients, j’évoquerai la mémoire de quelques innocents partis trop tôt.

 

Le 7 janvier 2015, quand j’ai entendu le nom de CABU dans la liste des victimes (innocents), j’ai ressenti une immense tristesse, un pincement au cœur, comme si je venais de perdre un membre de ma famille, un bout de mes souvenirs d’enfance, l’effacement ou la perte d’un film de vacances.

 

CABU était notre « Madeleine » de Proust.

 

Ses milliers de dessins ont traversés nos vies à chacun. A chaque époque, il en fabriquait.

 

CABU était l’historien de nos sourires, de nos rires et de nos révoltes d’enfants, d’adolescents et d’adultes.

 

A chaque dessin, on ne pouvait que sourire ou mieux comprendre le Monde dans lequel on vit.

 

Cabu a eu une très belle vie.

 

Quand on consacre sa vie à faire rire ou sourire ses contemporains, on ne mérite que le Paradis.

 

La France venait de perdre l’un de ses plus grands dessinateurs ayant consacré sa vie à la réussite d’un journal CHARLIE HEBDO.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10

 

CHARLIE HEBDO

 

Tout d’abord, je souhaite un joyeux anniversaire à CHARLIE HEBDO.

 

JOYEUX ANNIVERSAIRE CHARLIE HEBDO.

 

50 ans de dessins, de débats et de polémiques,

50 ans de lutte contre la connerie humaine,

50 ans de bêtises contre les bobos, les réac, les beaufs, les intolérants, les frustrés, les sauvages

50 ans de lutte contre le politiquement correct.

 

CHARLIE HEBDO c’était la provocation, l’art de vivre à la française, le droit au blasphème.

 

 

 

 

 

 

 

 

CHARLIE HEBDO C’était mon enfance dans laquelle j’ai grandi avec mon tendre Professeur CHORON qui avait disparu quelques années plus tôt…en 2005 (10 ans avant)

 

Le 7 janvier, on a ainsi décimé les compagnons de route du Professeur CHORON et la Relève.

 

On a tué pour la première fois de l’histoire « des éclats de rire. »

 

Heureusement que les rescapés se sont relevés et je suis fier de montrer cet exemplaire TOUT EST PARDONNE.

 

Ce journal TOUT EST PARDONNE est la preuve de la Relève et de la résurrection.

 

Ce dessin DE LUZ réalisé quelques jours après la tuerie était l’espoir donné à une nouvelle Relève d’entrer en piste pour le meilleur et pour le Rire.

 

Je ne serai jamais autant reconnaissant à RISS d’avoir pu poursuivre ce combat au nom de tous les siens mais aussi au nom de tous les nôtres.

 

Depuis 50 ans, malgré la censure, et toutes ses lâchetés, CHARLIE HEBDO est devenu un symbole !

 

LIBERTE EGALITE FRATERNITE DISAIT CHARLIE. Telle est notre devise à JAMAIS.

 

CHARLIE HEBDO a toujours pu renaitre de ses cendres et faire résurrection.

 

Dans 1000 ans, CHARLIE HEBDO sera encore là.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11

 

LES GUIGNOLS DE L’INFO

 

Mais attention, la liberté d’expression a subi d’autres coups en France, plus sournois…récemment...

 

J’en profite pour dénoncer la disparition des Guignols de l’info le 22 juin 2018, autre forme de provocation à la française qui a disparu de la télévision, sans la moindre polémique en donnant raison à ceux qui combattent la liberté d’expression (les djihadistes) et qui ne supportent pas la caricature (les politiques) et qui manquent profondément d’humour. (Quelques milliardaires patrons de chaine, les djihadistes et certains politiques)

 

Il est vrai que « tuer des marionnettes » est moins grave que tuer des hommes et des femmes.

 

 

 

Il n’empêche force est de constater que nos libertés reculent.

 

 

 

12

 

Force est de constater que notre société de droits régresse, face au terrorisme, aux pandémies, à l’intolérance.

 

Nos Libertés reculent.

 

L’intolérance progresse.

 

On ne supporte plus autrui.

 

Dessiner est devenu suspect.

 

Aller à la Messe devient dangereux.

 

Dire qu’on est juif, est source d’inquiétude pour celui qui le dit et pour celui qui l’entend.

 

Enseigner la liberté d’expression à des enfants peut entrainer la décapitation.

 

Enseigner à des enfants ou à des adultes, l’histoire de la shoah est une provocation.

 

Notre Droit est faible face à eux.

 

Un juge d’application des peines a libéré COULIBALY, KOUACHI, BENYETTOU, POLAT.

 

L’Archange de la révolution, SAINT JUST  DISAIT :

 

PAS DE LIBERTE POUR LES ENNEMIS DE LA LIBERTE

 

Les Droits de l’Homme exigent une nouvelle politique.

 

Il faut nous adapter à cette nouvelle menace.

 

L’avenir du genre humain en dépend.

 

 

 

 

 

 

 

 

13

 

SAINT JUST a également déclaré :

 

"Chez les peuples vraiment libres, les femmes sont libres et adorées."
Antoine de Saint-Just - 1767-1794 - L'esprit de la Révolution

Cette très jolie phrase de Saint JUST est une déclaration d’amour à toutes les femmes.

 

Or, les terroristes se vantent « de ne pas tuer les femmes ».

 

Tout le monde aura compris le gros mensonge, la publicité mensongère, la turpitude, l’esprit de malice de celui qui prononce une telle phrase après avoir tué ELSA KAYAT.

 

En effet une seule femme est morte dans la rédaction de CHARLIE.

 

Je dis bien une seule femme.

 

Or, les terroristes, ces voyous, ses djihadistes, ses fous d’Allah, ses sordides personnages ont osé se « vanter de ne pas tuer les femmes » juste après l’avoir assassiné avec une kalachnikov.

 

Pourquoi le proclamer alors qu’ils ont tué ELSA ?

 

Cette question est pour nous fondamentale.

 

Qui était ELSA KHAYAT ?

 

Un célèbre psychiatre…certes.

 

Une femme juive sépharade qui recevait des menaces de mort et des invectives antijuives à la suite de son article sur la SHOAH.

 

Une sépharade qui s’intéressait à un drame achkenaze. Quel courage.

 

Mais pour CHERIF KOUACHI c’était avant tout une JUIVE.

 

En réalité, ses assassins affirment ne pas tuer les femmes sauf les femmes juives.

 

 

 

 

14

 

COCO

 

CHERIF KOUACHI savait qui il assassinait.

 

Ils avaient identifié toute la rédaction.

 

Pour preuve, juste avant la tuerie, en bas de l’immeuble, les terroristes ont identifié COCO, cette sublime femme, dessinatrice qui a vécu un calvaire.

 

Son chemin de croix est dans tous nos esprits.

 

Son témoignage nous a transformé en statue de sel.

Survivre à un calvaire, est un combat héroïque.

Survivre à un calvaire c’est pire que disparaitre.

 

Je souhaite rendre ainsi hommage vibrant au courage de COCO.

 

Elle est inscrite dans le livre des Justes et des vivants.

 

15

 

L’ange Clarissa

 

A l’instant présent, je pense à tous les disparus : Fréderic, Franck, CABU, ELSA, CHARB, HONORE, Oncle  BERNARD, Mustapha, Michel, TIGNOUS, Georges et AHMED.

 

J’ai une tendresse particulière pour la princesse CLARISSA, l’ange des abimes qui s’est envolé pour rejoindre les cieux.

 

Nous le savons, cette princesse a protégé à jamais tous nos petits frères et toutes nos petites sœurs de l’école juive YAACOV, l’école juive de Montrouge.

 

J’évoquerai Philippe et François Michel sans oublier mes autres petits frères que je porte dans mon cœur : YOHAN et YOAV.

 

Ainsi, je plaiderai aussi Au nom de tous les miens.

 

 

 

 

16

 

Vous êtes la France des Lumières, vous êtes parti sans nous dire au revoir.

 

Nous sommes tous inconsolable.

 

Et pourtant nous vous devons la Vérité. On doit vous rendre Justice, cet idéal à atteindre.

 

Cette Justice est le visa pour le paradis. Nous leur devons.

 

Ce procès historique a réussi ce but en donnant la parole à vos proches.

 

Leurs témoignages nous ont bouleversés, et vous ont redonné vie le temps de leurs témoignages à vos visages, à votre regard, vos sourires, à votre joie de vivre.

 

Il y a 5 ans, nos chemins se sont croisés et nos pensées se sont mêlées à jamais.

 

Vous êtes à jamais « recevable » dans nos âmes et dans nos cœurs.

 

Depuis 5 ans, nos vies se sont télescopées.

 

Votre destin, nous le partageons avec le sens du devoir et de la dignité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17

 

Nous avons le souvenir de cette grand-mère ayant perdu son petit-fils, celui de cet orphelin à qui nous avons pu parler, ce rabbin qui nous a salué et ce père ou cet oncle qui nous ont donné de la force, au quotidien pour être encore debout ce jour sacré malgré cette douleur contagieuse et cette épreuve que constitue ce procès hors norme avec 50 jours d’audiences et surtout 5 ans d’instruction.

 

En matière de procès historique, il y a bien évidement des précédents : le procès KLAUS BARBIE de 1987 constitue l’Age d’or de l’histoire du droit ; un procès Horme norme, filmé pour l’histoire, un accusé fuyant ses responsabilités, refusant de venir à son procès et laissant son avocat faire le procès de la décolonisation alors qu’on était là pour juger l’assassin des 44 enfants juifs d’IZIEU. Oui, ses enfants âgés de 4 à 17 ans, cachés en haut de la montagne que cet ancien nazi est venu cherché.

 

Face aux 12 travaux d’hercule, nous avons résisté chaque jour pour combattre le mal, audience par audience, PV par PV, question par question.

 

 

 

 

18

Nos clients

 

Il s’agit de 2 femmes et de 3 hommes.

 

Nos clients vous connaissent peu. A vrai dire, ils ne vous connaissaient pas.

 

Ils ont survécu à cette tragédie et par humilité ils souhaitaient qu’on vous rende hommage.

 

« Vos mémoires nous obligent » m’ont-ils dit.

 

Néanmoins, la soif de justice de nous tous et de tous nos clients reste gigantesque.

 

Ils réclament eux aussi la Vérité.

 

Leur vie sociale s’est arrêté du jour au lendemain. Elle s’est brisée. C’est irréparable.

 

Avec un maximum de pudeur, j’évoquerai ainsi le destin brisé de ma cliente qui du jour au lendemain devient handicapé alors qu’elle était une femme d’affaire reconnue.

19

Ma cliente

 

J’ai dans mon dossier la lettre qui lui indique qu’elle est handicapée.

 

Hier, elle m’envoie un sms :

« Je pense que je suis trop détruite pour remonter à la surface »…

 

Je lui répondais immédiatement: "mon papa me disait quant on touche le fond de la piscine, on remonte"

 

Rassurée ou consolée par mes paroles, elle m'indiquait qu'elle écrirait un nouveau roman en janvier après 5 ans d'interruption.

 

Du jour au lendemain, elle ne voyage plus, ne conclut plus de contrats juteux et se fait évincer de son entreprise capitaliste car elle n’est plus rentable.

 

Son seul tord était d’avoir croisé ce matin là, le regard haineux de CHERIF KOUACHI qui lui a demandé :

 

CHARLIE HEBDO TES QUI ?

 

Echappant à sa mitraillette, elle se cacha terrorisée en dessous d’une table, pendant plus d’une minute 49 secondes…avec son collègue, mon autre client.

 

 

 

L’expert médical nous dit qu’elle souffre de concentration, elle ne peut plus lire de livres ou voyager.

 

Ma cliente est néanmoins courageuse. Ce procès lui a donné la force qu’elle avait perdue.

 

Elle a fait l’effort de venir ; elle a pris le métro pour la première fois en 5 ans pour venir témoigner à la barre et surtout venir pour être solidaire des familles des personnes décédées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20

Mon 2e client

 

Un mot sur mon 2e client,

 

Collègue de ma cliente, il est également meurtri depuis qu’il a croisé le chemin de CHERIF KOUACHI.

 

Face à la solitude de l’innocent ou de la victime, il a choisi d’agrandir sa famille en devenant une nouvelle fois papa, rendant heureuse toute une famille.

 

Il a témoigné à cette barre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21

Mon 3e client

 

Il s’est échappé à COULIBALY. Avec son comparse assis dans une voiture, il était à un mètre de Coulibaly quand celui-ci a commencé à tirer.

 

La vidéo surveillance le filme en train de fuir la tragédie.

 

Il reproche encore à ce jour à l’Etat Français de ne pas avoir diffusé la photo de COULIBALY.

 

Il refuse la médiatisation car il est également soucieux de la protection totale de sa vie privée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22

La parole de l’innocent libérée

 

Les innocents ont pu parler.

 

La parole de l’innocence s’est totalement libérée.

 

La censure a disparu.

 

La parole s’est libérée enfin presque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23

LE SILENCE DES ACCUSES

(II)

 

Les accusés ont choisi le silence ou la dissimulation.

 

Parfois l’invective, les menaces, les coups de gueule, les coups de pression, contre les témoins ou les avocats.

 

Ils ont effacé les preuves des contacts en détruisant leurs puces ou leurs téléphones. Ils ont nié l’évidence.

 

Certains ont même changé de religion le temps de leur interrogatoire.

 

Si on les écoute, la haine des juifs ça n’existe pas et ça n’a jamais existé.

 

Si seulement…

 

 

 

 

 

24

Aider un terroriste, c’est le sanctifier.

 

Quelle erreur de vouloir se faire passer pour un talentueux braqueur de banque pour se défendre d’être un complice de terroriste antijuif.

 

Quelle erreur d’idolâtrer l’argent ou COULIBALY.

 

Quelle erreur d’assumer de vouloir partir à DAMAS comme ALOIS BRUNNER, cet ancien nazi qui dans les années 70 a voulu échapper à la justice des KLARSFELD en fuyant le continent européen et en devenant le bras droit d’un tyran de SYRIE.

 

Quelle erreur de donner des espèces à un terroriste la veille de son acte odieux

 

Quelle erreur de parler de dette envers COULIBALY.

 

Quelle erreur d’avoir solliciter un devis pour acheter des armes de guerre ?

 

Quelle erreur de prendre des cours d’auto école dont la société s’appelle ADOLPHE ?

 

Quelle erreur d’avoir pu toucher un taser ou sa lanière.

 

Quelle erreur d’avoir pu assister au procès BEGHAL ou à un simple picnic de radicalisés.

 

Quelle erreur d’avoir pu acheter une moto ?

 

Quelle erreur d’avoir posé ses mains sur cette maudite moto ?

 

Quelle erreur de ne pas assumer son idéologie et de la dissimuler à nous tous.

 

Quelle erreur de mentir face à autant de victimes ?

 

Quelle erreur de ne pas tout dire ?

 

Quelle erreur d’avoir garer sa moto à quelques mètres d’une école juive ?

 

Quelle erreur d’avoir conservé un tract appelant à la libération de MARWAN BARGOUTI, terroriste palestinien, condamné 5 fois par la justice israélienne, à l’origine de la deuxième intifada qui s’est propagée dans nos banlieues parisiennes en 2002 et 2003.

25

L’année 2003 : l’affaire SEBASTIEN SELAM

 

 

L’année 2003 restera à jamais marqué dans nos esprits :

 

L’ombre de Sébastien SELAM  a plané sur ce procès historique.

 

En 2003, SEBASTIEN SELAM, DJ LAMC est assassiné par ce que né juif par son voisin musulman dans son parking à l’abri du regard.

 

Un expert a déclaré que ce n’était pas un acte antijuif malgré les aveux de l’assassin AMASTAIBOU.

L’assassin n’a pas fait un jour de prison à ce jour.

 

Cette erreur judiciaire a provoqué un trouble à l’ordre naturel. La nature déteste l’injustice. Ainsi, l’ombre de SEBASTIEN a plané sur ce procès historique, qui restera le procès de la haine des juifs.

 

 

 

 

26

 

L’année 2014

 

C’est en 2014 que tout s’est mis en place.

 

2014, la Justice libère COULIBALY.

 

En 2014, un évènement sidère le microcosme, ce n’est pas le mariage de PASTOR mais bel et bien cette épicerie casher que l’on brule à sarcelles par quelques excités pro palestiniens fin juillet 2014.

 

LIBERATION titre la France des antisémites.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27

 

"LA SECTE DE LA BUANDERIE"

 

C’est à ce moment précis que la secte de la buanderie se met en action.

 

Tout le monde a un rôle précis dans cette tragédie. La téléphonie est implacable,

 

Nous savions ou vous étiez à la minute près.

 

La technologie ou l’ADN vous a confondu, vous avez été minutieusement surveillé.

 

On peut rendre hommage à nos services d’enquêteurs.

 

Mais quelle erreur d’avoir menacé la policière qui enquête !

 

 

 

 

 

 

28

LA HAINE DES JUIFS

 

Ce procès historique, comme le procès de Nuremberg, aura été celui de la haine des juifs.

 

Pas une seule Audience où la haine des juifs n’a pas été évoquée.

 

Cette haine du juif est au cœur du projet terroriste des frères KOUACHI et de COULIBALY.

 

On peut parler d’union sacrée.

 

J’ai exhumé des archives de la procédure le rapport WAGNER. Dans ce rapport WAGNER, il est indiqué que CHERIF KOUACHI était un antijuif fanatique, il voulait incendier des synagogues, faire peur aux juifs.

Exemple 1

 

CHERIF KOUACHI assassinera au sein de l’équipe CHARLIE HEBDO : un JUIF achkenaze WOLINSKI et une femme JUIVE sépharade ELSA KAYAT.

Exemple 2

CHERIF KOUACHI abandonnera sa voiture devant une pâtisserie casher alors qu’il portait un lance-roquette.

Exemple 3

 

Cherif KOUACHI dira à l’imprimeur de DAMARTIN, tu es juif ? car il associe une photo de NEW YORK au sein de son imprimerie à la possible judéité de l’imprimeur.

Exemple 4

 

La haine des juifs est présente à MONTROUGE et contrairement à la chape de plomb souhaité par LE MAIRE : COULIBALY visait l’école juive c’est une vérité et tous les complices le savent.

Exemple 5

 

PRECISONS :

 

La moto était garée rue MARIE DEBOS à quelques dizaines de mètres de l’école juive. Le fait d’avoir garé sa moto ici est une signature.

 

 

 

 

 

PRECISONS :

 

L’abandon de la carte d’identité de SAID KOUACHI est également une signature, un clin d’œil morbide aux attentats du 11 septembre et expliqué par BENYETTOU dans son ouvrage paru "récemment".

 

LA FAUTE ULTIME DE L’ETAT :

 

Malheureusement l’enquête a montré ses limites puisqu’ à force de dire que la chape de plomb doit être posée, on a empêché l’enquête d’avancer et l’on a permis l’attentat de l’hyper CASHER en ne diffusant pas la photo de COULIBALY et en ne retrouvant pas la moto à temps, afin de découvrir d’autres ADN qui auraient permis de confondre quelques complices présumés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

29

Les Zigotos

 

L’Etat a commis des fautes, c’est vrai.

 

Mais les vrais fautifs ce sont ceux qui ont financé les actes de terrorisme fait des devis à des belges, vendu des armes à ces terroristes.

 

Mais on peut rendre hommage aux enquêteurs et à Madame NATHALIE POUX le juge d’instruction qui a su mener cette enquête pendant 5 ans et retrouver :

  • L’email du donneur d’ordre retrouvé dans l’ordinateur de COULIBALY évoquant les zigotos
  • le devis de POLAT,
  • l’ADN de MAKLOUF,
  • la moto de ROMMEL,
  • le tract de WILLY PREVOST,
  • et surtout mis en évidence les connexions entre tous les invités de PASTOR présent à son mariage : RAMDANI, BELHOUCINE, et le témoin COULIBALY.

 

ROMMEL a déclaré qu’il regrettait avoir posé les mains sur cette maudite moto ? Qu’aurait il dit si cette moto avait été retrouvée rue gabriel peri au sein d’un carnage dont la France ne se serait pas relevée ?

 

Le 8 janvier 2015, le Monde doit savoir, j’ose le dire, Clarissa s’est sacrifiée pour sauver des dizaines d’enfants juifs.

 

CLARISSA restera une Juste parmi les Nations car elle a été sacrifiée par la diversion provoquée par ce funeste accident de la circulation. CLARISSA restera un ange parmi les cieux.

 

Mais que faisait ce maudit terroriste, armé jusqu’aux dents, près d’une synagogue, d’un centre communautaire et d’une école juive située rue Gabriel Péri ? Que faisait POLAT la veille à MONTROUGE selon la téléphonie vers 1h26 du matin ?

 

Nous pouvons enfin prendre acte de l’email retrouvé dans les entrailles de l’ordinateur de COULIBALY :

« Préférence au 1er truc prévu, aller au plus facile ».

 

 Cet email prouve l’existence des zigotos, les complices qui ont apporté toute leur énergie à la réalisation de l’acte criminel.

 

Les zigotos lui ont fourni cette confiance ; parfois la confiance c’est pire que la téléphonie c’est une plus grande arme de destruction massive.

 

 

 

 

 

 

PERORAISON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30

 

Je terminerai par le fait que le procès s’achève avec quelques questions restées sans réponse :

 

  • le repenti de BENYETTOU est-il sincère ?
  • La liberté de BEGHAL est elle acceptable ?
  • le silence de PETER CHERIF est- il le signe d’un consentement ?

 

On connait l’adage : qui ne dit mot consent.

 

Or, CHERIF KOUACHI déclarait qu’il attendait l’autorisation pour passer à l’acte.

 

Par conséquent, nous sommes intimement convaincus qu’il a pu obtenir l’autorisation quelques jours après la condamnation de DJAMEL BEGHAL en décembre 2014 par la cour d’appel de PARIS pour passer à l’acte.

 

Personne n’a oublié l’aveu de BENYETTOU : "je sais que CHERIF KOUACHI et DOLY se sont vus récemment". Ce procès a permis à la vérité d’éclater, de se mettre en bon ordre.

LA CHAPE DE PLOMB sur les actes antijuifs a ainsi disparu à jamais.

Sans vous les complices, rien n’eut été possible !

Rien n’est le fruit du hasard, l’histoire est implacable.

 

Le Droit triomphera.

 

A quoi bon plaider ou dessiner.

Nos efforts s’effondreront en direction du néant.

L’instant où il faudra reposer la parole sera cruel car il sonnera la fin de l’illusion. Celle d’espérer échapper à la solitude profonde de toutes les victimes.

On aimerait n’avoir jamais joué à ce jeu dangereux où l’on imaginait triompher du silence.

 

Le sortilège de la plaidoirie ou du dessin se termine à l’instant où l’on recule du crayon de la feuille, la parole du micro, et il ne s’achèvera que lorsque la totalité prendra fin.

 

Je vous remercie.

 

 

MAITRE AXEL METZKER

 

[1] Riss, Une minute 49 secondes, P 75

L’email a bien été copié

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