L'Affaire ANDRE BROC

Axel Metzker devient Docteur en droit le 7 septembre 2005 avec la mention très honorable et avocat le 12 décembre 2005. Son sujet de thèse de droit est "La doctrine juridique de Professeurs de droit face à la qualification juive issue du statut des Juifs et de la thèse d'André Broc : de la théorie juridique à la pratique criminelle antijuive sous le régime de Vichy (1940-1944)".

L'affaire Broc est au cœur de la thèse de droit d'Axel Metzker, puisque l'auteur fait des révélations sur André Broc (1909-1997), auteur d'une thèse de droit : La qualification juive soutenue le 15 décembre 1942, à l'Université de droit de Paris.

L'auteur évoque le rôle d'André Broc dans la persécution des juifs de France pendant la Seconde Guerre mondiale, tant sur le plan de la doctrine que sur le plan de la pratique au sein de la Préfecture de police.

La thèse explore le fonctionnement interne de la Préfecture de police sous Vichy, et notamment la mise au point du fichier juif surnommé « Fichier Tulard ». André Broc et André Tulard travaillent ensemble au sein de la préfecture de police.

La thèse est également un panorama du milieu juridique de l'époque notamment celui des Professeurs de droit face au Statut des juifs et face à l'occupant : de la Résistance au collaborationnisme. L'auteur évoque les voyages à Berlin en 1942 du Professeur Achille Mestre (Directeur de thèse de Broc) et enfin l'épuration de nombreux professeurs de droit à la fin de la guerre (Georges Burdeau, Achille Mestre, etc.)

Selon Serge Klarsfeld, « Comment expliquer le soutien accordé par les Professeurs de droit aux thèses anti-juives[3]. L'exemple le plus frappant a été révélé dans la thèse d'Axel Metzker soutenue en 2005 à l'université de Paris 12 et intitulée « La doctrine juridique de professeurs de droit face à la qualification juive issue du statut des juifs ».

Axel Metzker a découvert qu'André Broc (ancien élève de Sciences Po Paris (1933), auteur de la thèse « La qualification juive » n'était pas seulement un fonctionnaire de la Préfecture de police comme l'avaient déjà écrit Marrus et Paxton; mais qu'au sein de la sous-direction des Affaires juives, André Broc avait la haute main sur la qualification juive. Il était le spécialiste de la définition du "juif" en 1942.

Dans les cas de 2200 personnes (Les indépendants) que la sous-direction des affaires juives ne savait pas reconnaître en tant que juifs et qui auraient dû ne pas être déportés, André Broc a procédé à une "révision de leurs cas" aboutissant pour environ 500 d'entre eux, à être qualifiés par lui de Juifs, et à prendre la direction d'Auschwitz.

André Broc, spécialiste de la qualification de juif a soutenu sa thèse le 15 décembre 1942.

Son jury de thèse était composé de trois professeurs de droit réputés : deux professeurs de droit administratif, le célèbre Achille Mestre (Directeur de thèse d'André Broc) dont nous venons de parler, et Pierre Lampue qui était spécialiste également de droit colonial; enfin un illustre professeur de droit international public, Georges Scelle.

La thèse de Broc a eu la meilleure mention et a été publiée par les PUF sous le premier titre : "La qualification juive", et une deuxième fois en 1943 sous le titre : « La qualité de juif. Une notion juridique nouvelle », tandis que Broc jusqu'à la Libération continuait à envoyer des Juifs à Auschwitz.

On lui confiera les Archives de la Préfecture de police à la fin de la guerre. Seule sanction par la Préfecture de police après la Libération : «un an de retard dans son avancement », et il a poursuivi régulièrement sa carrière jusqu'à sa retraite.

Raoul Hilberg dans son traité sur La Destruction des Juifs d'Europe a rappelé toute l'importance de "la définition du juif" pour les nazis dans le processus de la solution finale.

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