Ils se mouillent dans la lutte contre l'électrocution des poissons

Loin des yeux, loin du cœur mais pas de l’estomac ! L’électropêche utilisée comme Taser des mers nuit à la pêche traditionnelle, aux écosystèmes marins et concerne tout le monde. La Fédération de Pêche du Val-d’Oise et Nature & Découvertes en sont conscients et veulent agir.

Un coin paisible gardé secret par les amateurs de pêche du Val-d’Oise (Ile-de-France) © Axelle BICHON (Bn) Un coin paisible gardé secret par les amateurs de pêche du Val-d’Oise (Ile-de-France) © Axelle BICHON (Bn)
Si le poisson rouge a été retiré des lots à gagner en fête foraine depuis 2015 et que, depuis cette même année, les poules d’élevage ont vu leurs cages s’agrandir, la vie animale a encore du chemin à faire avant de faire valoir ses droits. La pêche électrique est l’une des dernières illustrations d’une consommation qui ne serait être durable. D’ailleurs, l’Europe dit non, la France de même mais, tout comme la pêche à la baleine ou au requin, la pêche électrique bénéficie du couvert de la science.

Expérimentations locales

A priori inoffensive comparées aux opérations menées en mer, la pêche électrique en eau douce se pratique dans le cadre d’« études » expérimentales également dans certaines régions comme le Val-d’Oise. Chaque année, trois opérations sont en effet menées dans ce département d'Ile-de-France comme cela peut se voir dans les rivières d’autres régions.  « Contrairement au courant envoyé en mer, qui est beaucoup plus puissant afin de racler les fonds, celui utilisé dans le Val-d’Oise est beaucoup plus faible et nous sert uniquement à compter les poissons, explique Bernard Breton, président de la Fédération du Val-d'Oise pour la pêche et la protection du milieu aquatique qui pratique ces opérations dans le département depuis 15 ans. Nous les pesons, les mesurons et nous les remettons à l’eau, il n’y a pas de mortalité constatée. »

             « Une pratique destructrice de l’écosystème marin »

Forte de ses convictions et de la récente refonte de son site internet, la fédération départementale souhaite réagir. « Il est prévu que l’on fasse un courrier de contestation à la Commission européenne ce mois-ci, qui sera ensuite relayé au niveau national, pour mettre un terme à cette pratique en mer, destructrice de l’écosystème marin dans son ensemble. »

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Nature & Découvertes s’engage et mobilise ses clients

Même si la pêche électrique, sujet européen polémique depuis quelques temps, ne touche pas directement le Val-d’Oise, cette pratique destructrice concerne tout le monde. Nature & Découvertes l’a bien compris puisque la chaîne soutient depuis janvier l’association Bloom dans son combat. © Axelle BICHON (Bn) Même si la pêche électrique, sujet européen polémique depuis quelques temps, ne touche pas directement le Val-d’Oise, cette pratique destructrice concerne tout le monde. Nature & Découvertes l’a bien compris puisque la chaîne soutient depuis janvier l’association Bloom dans son combat. © Axelle BICHON (Bn)

Après avoir conclu un partenariat avec Bloom - l'association qui a fait interdire le chalutage profond en 2016 grâce à une pétition et a récidivé en fin d’année dernière pour faire interdire la pêche électrique – la chaîne a mis en place, dans ses magasins, des tablettes tactiles à destination des clients. Depuis le 20 février, un espace spécifique a été aménagé entre les thés et sièges massant du site éragnien situé dans la galerie commerciale Art de Vivre. « Tout comme les filets électrisés ne laissent aucune chance à la nature, cette opération est une manière de contrer massivement les lobbies européens et leurs dérogations en mobilisant le plus de monde autour de ce fléau, relève Auriane Allexeline, responsable du réseau vert du magasin Nature et Découvertes d’Eragny. Ce dispositif permet d’informer les clients sur cette pratique et leur donne la possibilité de signer directement la pétition en ligne en faisant leurs courses. »

 

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