Les dérives d'une affaire trop médiatique ...
Pendant l'incarcération de Robert Thomson et Jon Venables l'ordonnance du tribunal protégeant leur identité a été renouvelée. Néanmoins des détails (réels ou inventés) les concernant fuitent progressivement dans la presse, et sur Internet. The Observer (1) révélera que les deux meurtriers ont passé et réussi leurs GCSE et A-Levels (2) pendant leur incarcération. Le journal révélera également que les avocats de la famille Bulger auraient consulté des experts psychiatriques, afin de présenter à la commission de libération conditionnelle un rapport suggérant que Robert Thompson était en fait un psychopathe non diagnostiqué , faisant référence à son absence de remords lors de son procès et de son arrestation. Ce rapport sera finalement rejeté. Cependant son attitude passive pendant le procès le conduira à un examen plus minutieux de la part de la commission de libération conditionnelle, par rapport à celui de Jon Venables.
À leur libération les deux meurtriers auront perdu toute trace de leur accent écossais. Dans un rapport psychiatrique établi en 2000 avant sa libération, Jon Venables est décrit comme représentant un risque insignifiant pour le public. Il est perçu comme peu susceptible de récidiver, et ses chances de réussite en réadaptation seront évaluées à très élevées.
Le MEN (3) publiera des informations suggérant les noms des établissements sécurisés où les meurtriers sont hébergés, en totale violation de l'interdiction de publication renouvelée début 2001 à la libération de Robert Thomson et Jon Venables.
En décembre de la même année, le journal est condamné à une amende de 30000 £ (34000 €) pour outrage au tribunal et à 120000 £ (136000 €) à leurs dépens. Aucune publication significative ni action de vigilance ne seront menées contre Robert Thompson ou Jon Venables. Cependant Denise Bulger la mère du petit James Bulger, racontera comment en 2004 elle a reçu une information d'une source anonyme qui l'aurait aidée à localiser Robert Thompson. Mais en le voyant elle déclarera avoir été paralysée par la haine, et incapable de le confronter.
En avril 2007, des documents publiés en vertu de la loi sur la liberté d'information datant de 2000 confirmeront que le ministère de l'Intérieur aurait dépensé 130000 £ (148000 €), pour une injonction visant à empêcher un magazine étranger de révéler les nouvelles identités de Robert Thomson et Jon Venables.
En avril 2010, un jeune homme de dix neuf ans originaire de l'île de Man en mer d'Irlande, est condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir faussement prétendu dans un message facebook, que l'un de ses anciens collègues était Robert Thompson. Lors du prononcé de la sentence, le haut-huissier adjoint Alastair Montgomerie déclarera que l'adolescent a exposé cette personne à un risque important de préjudice grave, en le mettant dans une situation périlleuse en formulant ce genre de fausse allégation.
En mars 2012, un homme de vingt six ans originaire du comté du Lancashire est arrêté après avoir créé un groupe facebook intitulé ce qui est arrivé à James Bulger est vraiment hilarant. Son ordinateur sera saisi pour l'enquête.
Le 25 février 2013, le bureau du procureur général annonce qu'il engage des poursuites pour outrage au tribunal contre plusieurs personnes qui auraient publié en ligne des photographies montrant les deux meurtriers à l'âge adulte. Un porte-parole déclarera que de nombreuses fausses images circulaient en ligne, censées représenter Robert Thomson ou Jon Venables, et que par conséquent des personnes potentiellement innocentes pourraient être identifiées à tort comme l'un des deux hommes, et mises en danger. L'ordonnance et son application, contribuèrent ainsi à protéger non seulement les deux meurtriers, mais aussi les citoyens identifiés à tort comme l'un des deux hommes.
Le 26 avril 2013, deux hommes sont condamnés à neuf mois de prison avec sursis après avoir reconnu avoir commis un outrage au tribunal en publiant sur facebook et twitter, des photographies qu'ils prétendaient représenter Robert Thomson et Jon Venables. Ces publications seront vues par plus de vingt milles personnes. Selon un correspondant juridique de la BBC, l'objectif des poursuites était de sensibiliser le public au fait que les internautes étaient également passibles de la loi sur l'outrage au tribunal.
Le 27 novembre 2013, un homme de Liverpool est condamné à quatorze mois de prison avec sursis pour avoir publié sur twitter des images prétendant montrer Jon Venables.
Le 31 janvier 2019, un homme et une femme plaident coupables de huit outrages au tribunal devant la Haute Cour, après avoir admis avoir publié sur les réseaux sociaux des photos qui selon eux, identifiaient Jon Venables. Tous deux sont condamnés à des peines de prison avec sursis. En mars de la même année, l'actrice Tina Malone est condamnée à huit mois de prison avec sursis pour avoir publié l'identité présumée de Jon Venables sur facebook.
En janvier 2020 une femme de 53 ans originaire du sud du Pays de Galles est condamnée à huit mois de prison avec sursis pour avoir publié sur facebook une prétendue photographie de Jon Venables, avec le conseil partager autant que possible. Un juge déclarera que l'infraction méritait l'emprisonnement immédiat, mais la femme exprimant remords et sa culpabilité, sa peine fut suspendue.
Le 14 juillet 2016, une femme du comté de Kent est emprisonnée pendant trois ans pour avoir envoyé des messages sur twitter à la mère de James Bulger dans lesquels elle se faisait passer pour l'un de ses assassins et pour le fantôme de James Bulger. La peine sera réduite 2 à deux ans en appel.
Le 25 octobre 2016, un homme est emprisonné pendant vingt six semaines pour avoir harcelé Denise Fergus ex Bulger, Ce récidiviste avait reçu un avertissement de la police en 2008 pour avoir déjà harcelée la mère de James Bulger.
Agrandissement : Illustration 1
A suivre, la nouvelle vie de boy A (jon venables)
NOTES
1 The Observer : hebdo britannique social-démocrate, publié tous les dimanches, qui était jusqu'en 2024 détenu par le même groupe que The Guardian, (wiki)
2 GCSE & A-Levels : équivalents du brevet des collèges et baccalauréat, (wiki).
3 Manchester Evening News (MEN) : quotidien d'info publié dans le comté de Grand Manchester du lundi au samedi, (wiki)