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Billet de blog 13 nov. 2022

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Quand j’étais voyant

Adolescent, j’étais convaincu que je voyais l’avenir. Une conviction qui m’a façonné dans ma jeunesse mais aussi bien au-delà. Retour sur une obsession involontaire qui mélange spiritualités, famille, pop culture et santé mentale.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Une histoire de famille

Dans mon enfance, j’ai toujours vu un tarot sur l’étagère. Le dos des cartes était d’un bleu nuit splendide avec une étoile dorée comme gravée dessus. L’aspect mystique en était immédiatement sensible. Puis on remarquait son usure : les coins des cartes étaient jaunis, racornis, et l’étui en carton avait été rafistolé avec quantité de scotch. Le paquet servait énormément.

C’est ma mère qui tirait les cartes. D’ailleurs, ce n'était même pas un tarot. Juste un joli paquet de cartes, offert par une de ses collègues. Et elles deux tiraient : s’il y avait plus de telle ou telle enseigne, cela devait bien signifier quelque chose. Ce n’était pas bien sérieux, et elles n’y croyaient pas tant que ça.

Suffisamment quand-même pour que, à l’époque, ma mère écoute l’horoscope à la radio. Tous les jours ou presque. Et ça, elle y croyait. Je me rappelle qu’elle nous avait fait faire, à mon frère et à moi, des thèmes astraux, une interprétation astrologique pour déterminer ce que serait notre destin. Et pendant des années, mes comportements furent expliqués par « tu es balance ascendant scorpion, c’est pour ça ». 

De même, elle avait récupéré une étude étymo-numérologique de nos prénoms, censés là aussi nous indiquer en partie le chemin de notre destinée.

Ma mère croyait tout cela, à un degré plus ou moins fort. En réalité, c’était plus du folklore pour elle qu’une véritable tendance spirituelle. Mais ce peu de croyance qui l’habitait était bien loin de la rendre heureuse.

Ma mère n’est pas de ces personnes qui, dans une croyance, croient avoir découvert la Vérité et se sentent supérieurs. Pour elle, c’était plutôt un fardeau. Et pour cause : une voyante, au début des années 90, lui avait prédit qu’elle aurait deux garçons, une « verte vieillesse », subirait des vols de bijoux mais aussi tout un tas d’autres choses. Une partie des prédictions étaient vraies, ce qui a semé le doute dans son esprit. Et le reste, souvent très tragique d’ailleurs, reste en suspens depuis. Cette sensation de savoir sans savoir, c’est une épée de Damoclès permanente. Au moindre instant, la prédiction peut se réaliser. 

Sa tante aussi était allée voir une voyante dans sa jeunesse. Cette dernière avait annoncé son décès dans un accident au début de sa vingtaine. La conséquence a été une attente de plusieurs années avant d’avoir des enfants, pour ne pas qu’ils grandissent orphelins. Au cas où ce serait vrai. Là aussi, loin de libérer, ces prédictions ont plutôt eu l’effet de lourdes chaînes, une aliénation par une pseudo-connaissance.

Et je ne vous raconte pas toutes les superstitions qui pouvaient courir en plus de tout cela. Ce n’était pas vraiment un sujet, simplement un décor : un peu de pierres qui guérissent, des évocations de magnétiseurs fantastiques, ne pas être treize à table, etc. 

Et ce décorum s’est même étoffé avec le temps.

« Tu es un sorcier, Harry »

Vers l’âge de sept ans, j’ai commencé à avoir peur de la mort. Je ne comprenais pas la logique de me donner la vie quand on sait qu’il n’y a peut-être rien au bout. L’existence était absurde, et tout devait avoir un but. Alors pour me rassurer, pour que tout ça ait un sens, je me suis mis à penser qu’il y avait forcément quelque chose au bout.

Une auto-persuasion qui s’est amplifiée avec le temps. Plus j’allais mal, plus mes espoirs surnaturels se renforçaient. 

Le harcèlement a eu un rôle prépondérant dans ce processus. J’étais le gros de la classe, on m’insultait et on me frappait préférentiellement aux autres élèves de l’école. J’en souffrais beaucoup, et nous étions à l’aube des années 2000, alors la question du harcèlement n’était pas du tout à l’ordre du jour. Parfois, j’avais l’impression que le monde adulte me reprochait même de me plaindre, que j’étais capricieux, trop sensible. Alors, de mon côté, la vie s’est peu à peu mise à n’avoir plus aucun sens en elle-même : au-delà de la peur de la mort, il y avait maintenant l’absurdité de la souffrance. Celle des coups, oui, mais aussi celle du rejet, de la solitude. 

Naître pour ressentir ça ? C’était impossible. Trop douloureux, trop absurde. Ma croyance prenait racine là-dedans : tout ça ne pouvait pas n’avoir aucun sens.

La coïncidence fait qu’à ce moment-là, deux séries de films ont débuté : Matrix et Star Wars. Et la série de livres Harry Potter. Les trois œuvres aménageait une échappatoire à cette vie : il y avait d’autres parcours à explorer sur d’autres planètes, une réalité derrière la réalité ou bien un monde merveilleux qui se dérobait à nos yeux de moldus. Évidemment, de nombreuses lectures étaient réalisables de ces œuvres, mais pour moi, à l’époque, une seule valait quelque chose. Celle qui me permettait de m’enfuir.

Par exemple, le problème de Matrix pour l’enfant que j’étais, c’était l’apparence et la signification du monde éveillé : une horrible dystopie où des machines nous ont asservi. Ce n’était pas la réponse que je cherchais. Pouvait-il n’y avoir d’échappée que vers une réalité pire encore ? Non.

Alors j’ai plongé dans Star Wars et Harry Potter. Les univers étendus, les fanfictions et surtout les magazines. Je voulais croire qu’un monde existait derrière le monde, avec une lune blonde, une alternative et un espoir de mieux. À l’époque, les marchands de journaux et les kiosques étaient assaillis de publications : les officielles de ces univers, mais aussi les dérivées, à peine masquées, surtout pour Harry Potter. Une quantité astronomique de magazines est sortie à cette époque et tous singeaient les maisons de Poudlard, l’esthétique fantasy et les références des livres. Pour un contenu bien moins fictif.

Ainsi, alors que j’ai cru jusque tard au Père Noël, j’ai été introduit à l’alchimie, à la sorcellerie, à la divination et plus généralement à l’occultisme. 

Les débuts de mon ésotérisme

Ces magazines très colorés et au public particulièrement jeune ne partagent pas des éléments autour des livres ou des films Harry Potter comme le feraient des fanzines ou des forums en ligne. En réalité, ils sont une véritable porte ouverte - et sans aucun recul critique - vers des pratiques comme le spiritisme, l’alchimie ou la lithothérapie. Les articles relataient de nombreuses pratiques souvent liées également à la spiritualité contemporaine : énergies de la Terre, synchronicité, soin énergétique,…

Moi, je plonge. 

La moindre impression de déjà vu devient pour mon esprit une vision du futur. Des flashs, qui  m’arrivent souvent sans que je le veuille, souvent morbides, semblent m’indiquer des points de vigilance, des prémonitions. J’ai parfois des intuitions, je ressens des choses au contact d’objets ou de personnes qui me font m’en rapprocher ou m’en éloigner.

À l’école puis au collège, je n’en parle pas énormément. Mais chez moi, je fréquente à l’aide de mon modem 56k flambant neuf l’internet pendant des heures. Enfin au maximum 60h par mois, puisque c’est le forfait AOL que mes parents paient. 

Je commence à m’y former : lire les signes pour deviner l’avenir, faire des potions magiques, lire dans les pensées voire parler aux défunts. Je suis persuadé que mon esprit est capable d’influer sur d’autres esprits, voire sur de la matière. Internet et mes quelques magazines ne me démentent pas.

Et j’ai de vraies réussites. Parfois, je regarde intensément un camarade et ses pensées apparaissent dans mon esprit, comme dites par sa voix interne. Je testais régulièrement des méthodes de divination : cartes, feuilles d’arbre, lecture de cailloux,… Certaines paraissent fonctionner, et pour les autres, je continue à les essayer d’autres manières.

Une fois, je réussis même à terminer les phrases d’un de mes amis à partir du souvenir d’un rêve. Comme si j’avais déjà vécu cette conversation.

Au fil des mois, j’y crois de plus en plus. Cette exploration des pratiques étranges me permet d’occulter le mal-être qui m’habite. Je ne me sens à ma place nulle part, d’autant que je découvre alors mon homosexualité. Pour dissimuler ce qui aurait été une nouvelle raison de faire du mal, je balance des insultes homophobes dès que je peux. Pourtant, même si on ne me frappe plus, le harcèlement continue : tout le monde m’appelle « le gros » et on joue régulièrement au football avec mon cartable. 

L’impression de comprendre des choses que les autres ne voient pas me permet de m’extraire d’un monde atroce.

Un camion qui fait percuter

En cinquième, je prends l’option latin. Le harcèlement s’arrête, je suis avec de nouveaux camarades qui ne m’insultent pas et m’intègrent même à leur groupe. Je sors un peu de ma torpeur habituelle et le fait d’être entouré décourage une bonne partie de mes harceleurs. Je vais mieux, sans aucun doute.

C’est dans ce contexte qu’un matin, celui qui était devenu depuis peu mon meilleur ami n’est pas là. Nous sommes au collège, nos heures d’arrivée par les bus sont assez fixes, pourtant il n’est pas là. Les personnes de son bus ne l’ont pas vu.

Immédiatement, un de mes cauchemars me revient. Dans celui-ci, je suis en classe, ledit camarade n’est pas là, et l’ambiance est maussade. Notre professeure principale, très émue, nous annonce que l’élève a été renversé par un camion. Et que son pronostic vital est engagé.

Or ce matin, nous avons notre professeure principale. La météo correspond à celle du songe, et la situation est toute aussi cohérente. J’en suis certain : c’est pour aujourd’hui. 

Je suis plus que perturbé : mon humeur est très affectée et ça se voit. Je ne me vois pas, mais j’imagine que je suis très blanc et ai les yeux écarquillés. Mes amis m’interrogent sur cette émotion qui semble m’avoir pris car, pour eux, ce camarade est juste absent.

Au début, je ne souhaite pas trop expliquer. « J’ai un mauvais pressentiment ». Puis, alors qu’ils essaient de me rassurer, je leur explique tout : j’ai des prémonitions, et tout à l’heure, on nous annoncera que notre camarade a eu un accident de la route très grave.

Évidemment, tout est d’abord pris avec une grande distance, un peu à la rigolade. Mais j’y crois, alors j’ajoute des éléments, je fais étalage de ce que j’avais déjà deviné par le passé. Et l’inquiétude s’installe même chez mes camarades. Et si j’avais raison ?

Je suis suffisamment convaincu pour être convaincant. 

Arrive l’heure où nous avons cours avec la professeure principale. Je redoute le moment qui doit arriver. Qui va arriver. Trois coups à la porte. La professeure va ouvrir. Ça y est, nous y sommes.

Entre alors notre camarade, qui avait simplement oublié de mettre son réveil et avait loupé le bus. Je suis sincèrement rassuré, mais également assez honteux. Mes amis que j’avais convaincu ce matin me regardent en m’en voulant autant qu’ils s’en voulaient d’y avoir cru.

Et moi aussi je m’en voulais. J’avais été berné. Mais à quel point ? Et par qui, par quoi ?

L’obsession des croyances

À partir de ce jour, j’ai pris mes distances avec l’ésotérisme. Pire, je l’ai renié. Bon élève, je me concentrais maintenant sur les sciences, le rationnel, ce qui m’était présenté comme vrai. Ou au moins comme plausible. 

Déjà athée, me voilà devenu athéiste. Ma croyance maintenant, c’est qu’il faut brûler les croyances, dénoncer les croyants. Comme tout néo-converti ou néo-militant, je suis plus radical que les radicaux. 

J’ai treize ans et je me sens éclairé, entouré de gens stupides qui croient en des choses stupides, des dieux tout puissants ou des constellations qui disent l’avenir. Je n’occulte pas mon passé, au contraire, je le justifie : avant je croyais des idioties, mais j’ai grandi.

Pas assez visiblement puisque, à 19 ans, j’ai dû cesser de croire en la méritocratie et en la force souveraine du libre-arbitre. C’est arrivé un été, alors que je venais de valider une première année de droit. Je rentre à l’université pour la deuxième, et ma compagnie a beaucoup changé : la mixité sociale a laissé place aux enfants de cadres, de médecins et de notaires. Et l’été que j’ai passé en blanchisserie industrielle à mettre des draps dans une machine, eux l’avaient passé dans le cabinet de papa à faire des photocopies. En étant évidemment bien plus payés que moi. La réalité ne correspondant pas du tout à ma croyance, je me vois obligé de changer.

Avec cet été là, tout est parti : j’ai arrêté de croire au mérite récompensé, mais aussi au monde médiatique, surtout quand il se disait neutre et objectif. J’ai arrêté de croire le pouvoir politique également, surtout que François Hollande venait d’être élu et n’avait même pas daigné garder le suspense sur ses promesses ne serait-ce qu’une journée et allait tout trahir.

Il n’empêche que la situation n’est pas aisée pour moi et mes convictions. Alors que je pensais avoir grandi, être le plus au fait des effets des croyances, je me suis pris la main dans le sac à croire des mensonges sur la dette, le ruissellement ou le mérite. 

Me voilà introspectant mes dernières années à me penser au-dessus de tout cela, et en tirant la conclusion que je suis tout aussi influençable que n’importe qui. Malgré la voyance, malgré l’impalpable camion. J’ai l’impression d’être fragile et crédule.

Rapidement, il me faut rassurer cette crainte. L’explosion du nombre de contenus sur Youtube m'aide beaucoup : je découvre la sphère zététique et sa promotion d’une vision de l’esprit critique appliqué au paranormal notamment. La tronche en biais, Astronogeek puis Défakator, Samuel Buisseret remplissent mes abonnements sur la plateforme. Ils y dénoncent des charlatans que j’aurais pu croire sans problème dix ans plus tôt. Je regarde, je consomme, j ’apprends. Je crois même réellement que ça a un rôle de prévention pour moi.

Pourtant, je le sens en moi, ces explications via la méthode scientifique ne sont pas totalement satisfaisantes.

« J’ai des flashs dans ma tête »

En 2021, je suis allé voir Anesthésie Générale, le dernier spectacle de Jérémy Ferrari sur la santé. Il y parle de sa santé mentale notamment. Dans ce magnifique one-man-show, il dit notamment qu’il a parfois des flashs qui lui arrivent en tête, très souvent morbides, entre autres choses.

Sa description correspond exactement à ce qui m’avait fait croire que j’étais voyant presque 20 ans auparavant. Dans la voiture, j’en parle à l’ami qui m’avait invité. Et en effet, lui ne vit pas ce que je vis. Et c’est la première fois de ma vie que j’ose en parler.

Quand je vais mal, j’ai des flashs. Des images morbides qui s’imposent à moi sans que je les ai demandées, évidemment. Plusieurs fois par jour, je vois mes proches, morts ou gravement blessés. C’est graphique, particulièrement saisissant et ça arrive à peu près n’importe quand. Parfois, c’est même une image de moi qui leur fait du mal. 

C’est très difficile pour moi d’assumer que mon esprit m’envoie ces images horribles. J’imaginais que tout le monde avait ce genre de choses à gérer dans sa tête,  

Quelques jours après le spectacle, j’en parle à ma psy. Depuis mon burnout en 2020, je la vois régulièrement. Mais jamais je ne lui ai parlé de ce fardeau quotidien. Pourtant c’est un véritable handicap. Je me méfie de moi-même, de ce que ces images pourraient me faire faire. Elles gâchent les bons moments, empirent les mauvais, me rendent irascible sans raison apparente pour mes interlocuteurs.

En en parlant, c’est allé mieux. Grâce aux mots de ma psy, j’ai d’abord appris à me désensibiliser, à leur faire perdre de l’importance et de l’impact. Finalement, les flashs honteux ont cessé de me tourmenter . En réalité, tous les changements dans ma vie et dans ma santé mentale ont permis cette évolution, mais en parler a été une étape importante.

C’est ce qui manquait à l’explication « rationaliste » et zététicienne. Si j’avais cru si forten premier lieu, c’est surtout parce que je n’allais pas bien. L’esprit critique, je devais l’appliquer à moi-même, mais avec une démarche compréhensive de tous les facteurs, et pas uniquement des raccourcis de ma pensée. La solitude, la violence du harcèlement, de la grossophobie puis de l’homophobie, mais aussi l’injustice sociale subie et perçue, tout cela m’a précipité dans ces eaux troubles. 

Et maintenant ?

Ce n’est que récemment que j’ai réalisé la place prise par les croyances dans ma vie, en tant qu'adepte puis en tant que critique, sceptique ou réfractaire. Il y avait bien un fond de superstitions familiales, très éprises de l’air du temps, pourtant l’emprise sur moi a été bien plus forte. Je l’explique par l’envie de fuir un monde injuste, de trouver une place, de s’intégrer à des communautés accueillantes. 

Et c’est sûrement parce que le monde reste fondamentalement injuste, que notre place y est de toute façon précaire et que l’appartenance à une communauté n’est jamais acquise qu’aujourd’hui, je continue à m’intéresser aux croyances. Je fais de « l’auto-prévention ». J’écoute le podcast Méta de Choc qui a une approche très empathique envers les croyants quels qu’ils soient et quel qu’ait été leur niveau d’adhésion à ce qui ressemble parfois à des dérives sectaires, et globalement je me renseigne toujours préférentiellement sur ces mouvements de croyants. Pour moi, c’est primordial : je suis loin d’y être insensible, alors je dois savoir où je peux mettre les pieds.

J’essaie aussi de ne plus faire l’impasse sur l’essentiel : comment je vais, quelle fragilité je sens en moi, quelle menace externe pourrait me plonger à nouveau dans ces eaux. Et j’essaie d’aider à ce que d’autres puissent avoir une situation qui les extirpe de ce risque.

Parfois, c’est simple : le simple conseil de ne plus regarder le JT a fait baisser le niveau de stress chez pas mal de gens autour de moi. Parfois, c’est impossible. Pour des raisons financières, des addictions, des boulots aliénants, des deuils difficiles ou un mal-être plus profond encore.


Aujourd’hui, je crois surtout que personne ne devient radical dans une croyance quand les ressources sont là, que tout va assez bien. Et je sais que la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Qu’à un moment, ça n’ira plus et que le risque de plonger sera au plus haut. Alors je me renseigne sur tout ce monde spirituel, parfois religieux, parfois sectaire. Ces communautés qui voudront m’accueillir et me faire perdre une partie de moi. Contre des bras ouverts et des mots emplis de gentillesse, ils souhaiteront puiser dans mes ressources, voudront me rendre dépendants. Et, dans un état de grande vulnérabilité, il est possible que j’accepte.

Parce que la croyance est un refuge. Et que quand on a l’âme en froid, on a besoin d’un coin près du feu. Je sais que je ne peux pas choisir de ne pas vivre de moments où je touche le fond.

Par contre, je fais tout ce que je peux pour choisir auprès de qui j’irai m’asseoir à ce moment-là. Et près de quel âtre. 

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